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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 09:45

http://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/monde/gaza-bombardement-pillier-de-defense/5207542-1-fre-FR/Gaza-bombardement-pillier-de-defense.jpgUne force de la propagande militaire israélienne est de faire croire que depuis le retrait unilatéral d’Israël de la bande de Gaza, ce territoire serait une entité autonome ; entité contrôlée d’une main de fer par le Hamas depuis sa prise de pouvoir du territoire en 2007. Il n’en est rien.

La bande de Gaza est une portion assiégée des terres d’un peuple en majeure partie sous occupation militaire. Ainsi, 60% du territoire palestinien (Gaza + Cisjordanie) est sous administration militaire Israélienne (Zone C), 82% du territoire est sous la juridiction de la police militaire israélienne (Zone C + Zone B). Si on s’en tient à Gaza, la totalité de l’espace aérien et la majeure partie de l’espace maritime sont sous contrôle militaire israélien. Quant à l’espace terrestre, l’armée Israélienne y a établit un « no man’s land » de plusieurs centaines de mètres de profondeur en territoire palestinien (et non israélien) où toute construction est rasée, tout arbre abattu, où il est interdit aux civils d’approcher ou de cultiver leurs champs.

Dans ces conditions, on voit bien que l’exercice de la violence par Israël dans la bande de Gaza est permanent et que vouloir établir une chronologie et une responsabilité de quand et par qui ont commencé les violences ayant mené à l’opération « Piller de Défense » est illusoire. Ainsi, si le gouvernement Israélien impute à l’attaque par le Jihad Islamique d’une patrouille militaire, il oublie de mentionner que son armée avait abattu un civil palestinien la veille.

Par ailleurs, le Hamas n’exerce pas un contrôle absolu sur la bande de Gaza. Certes, il y exerce le pouvoir civil, mais il existe d’autres mouvements armés tel que le Jihad Islamique ou le FPLP sur lequel le Hamas n’a pas d’autorité militaire. Ces mouvements sont même plutôt rivaux ou concurrents du Hamas pour apparaître le plus en pointe dans la lutte contre l’occupant.

Dans ce contexte, l’opération militaire «  pilier de défense » a clairement fait le jeu des extrémistes à Gaza, qu’ils soient du Hamas ou du Jihad Islamique.

Avant l’opération « Pilier de Défense », existait un relativement « bas » niveau de violence.

 (à l’échelle du conflit Israélo – Palestinien). Le Hamas, en exerçant le pouvoir de fait à Gaza se retrouve également responsable de l’application de la trêve, ou du moins du respect du bas niveau d’intensité de la violence vis-à-vis de Gaza. Ceci amène le Hamas à devoir imposer la trêve aux autres groupes armés, en courant le risque de se voir considérer comme le « supplétif d’Israël » aux yeux des organisations rivales.

A cet égard, il est intéressant de rappeler que le garant des accords de cessez-le-feu avec Israël, qui avait également négocié la libération du soldat Shalit s’appelait Ahmed Al Jabari. Il était également engagé dans des négociations secrètes avec Israël pour une trêve plus pérenne.

L’attaque sur une patrouille israélienne le 6 novembre, prétexte à la guerre selon Israël, a été le fait du Jihad Islamique, de même que le tunnel piégé le 10 novembre. Le Jihad Islamique a ainsi voulu marquer des points dans l’opinion palestinienne en montrant qu’il était un meilleur garant de la lutte armée contre l’occupant que le Hamas. Pendant les premiers jours de l’opération « Pilier de Défense », et jusqu’au 14 novembre, le Jihad Islamique et le FPLP sont en pointes des tirs de roquettes sur Israël, le Hamas restant en retrait.

http://en.rian.ru/images/17747/04/177470421.jpgLa réponse d’Israël fut d’assassiner … Ahmed Al Jabari, chef militaire du Hamas dont le rôle était justement de faire appliquer la trêve au Hamas et aux autres groupes armées. Le chef militaire du Hamas donnant l’ordre à ses soldats de rester l’arme au pied supprimé, les artilleurs du Hamas entrent dans la danse avec deux conséquences.

Le Hamas fait la démonstration de sa force de frappe en lançant pour la première fois des roquettes longues portées (de fabrication iranienne) sur Tel-Aviv et Jerusalem,

Le Hamas renoue avec la pratique des attentats terroristes en faisant exploser un bus en plein Tel-Aviv, pratique à laquelle il avait officieusement renoncé depuis 2005.

La trêve signée le 21 novembre parachève la victoire idéologique des plus extrémistes, au Hamas comme au Jihad Islamique.

D’une part, le Hamas ayant joué un rôle de premier plan dans les opérations militaires palestiniennes voit son blason redoré comme principale composante armée de la résistance palestinienne et efface les accusations de « supplétif d’Israël » dont il était l’objet de la part des autres groupes armés.

D’autre part, l’ensemble des factions reposant sur la lutte armée peuvent se prévaloir d’un succès : l’ouverture de négociation quant à un allègement du blocus sur Gaza.

De plus, Tsahal a du reconnaître qu’une opération militaire terrestre ne pouvait aboutir à un succès, sauf à réoccuper durablement Gaza et avec des pertes militaires importantes. Ce qui, de fait, est une reconnaissance de la capacité militaire croissante des groupes armés palestiniens.

Enfin, alors que l’OLP et le Fatah auraient du occuper le devant de la scène médiatique avec le prochain vote à l’ONU de la reconnaissance d’un état palestinien, ils ont été totalement absent, incapable de peser sur le cours des événements, juste contraint de faire un nouveau geste de rapprochement avec le Hamas en Cisjordanie…

http://actualite.portail.free.fr/monde/15-11-2012/trois-israeliens-tues-par-une-roquette-tiree-depuis-gaza/1790742_3_e1e8_tir-d-une-roquette-depuis-gaza-le-15-novembre_7593531fe2c58a89d7e49b3af7d321db.jpgAu final de cette séquence, a été démontré une nouvelle fois que la stratégie non-violente menée par l’ OLP est un échec total, avec l’absence totale de négociation, la poursuite de la colonisation ... Elle a démontrée également que l’option armée pouvait apporter des victoires certes mineures (allègement du blocus) et que Tsahal n’était pas en capacité militaire de renverser le Hamas sans craindre un enlisement comparable à celui de l’opération « raison de la colère » au Liban, unanimement considéré comme un échec militaire.

Bref, si le but du gouvernement Israélien en lançant « Pilier de Défense » était d’apporter la sécurité à laquelle peuvent légitimement aspirer les habitants du sud d’Israël, c’est un échec complet.

Si le but était de montrer l’affaiblissement de l’OLP et de Mahmoud Abbas pour prouver qu’il n’y a « pas de partenaire pour la paix », c’est au contraire très finement joué.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 13:38

http://img.over-blog.com/600x390/2/27/21/01/image_a25/Abbas-ONU.jpgParmi les multiples raisons de soutenir la création d’un état palestinien, une des plus importantes à mes yeux est d’en finir avec la maxime sioniste : « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

La rhétorique israélienne de justification de l’occupation de la « Judée et Samarie » s’appuie en effet sur un prétendu « vide juridique » où Cisjordanie et Gaza seraient des "terra nullius", des terres sans état comme aux temps anciens de la colonisation des amériques par les européens. Dans une telle terre sans état, le droit international ne s’appliquerait pas, puisque ce droit définit les relations entre états et qu’il n’y a pas - selon eux -d’état palestinien. Et parmi le droit international, ne s’appliquerait notamment pas le droit de la guerre puisqu’une guerre est entre deux états[1].

Ainsi, en ne reconnaissant pas d’état palestinien occupé, Israël s’autorise à ne pas respecter la IVème convention de Genève (dont il est pourtant signataire) relative à la protection des civils en temps de guerre. Hors, cette IVème convention de Genève impose des lois tout à fait d’actualité pour le conflit israélo-palestinien :

  • L’interdiction de tout transfert de population, de toute colonie de peuplement de la puissance occupante vers la puissance occupée. D’un seul coup, l’ensemble des colonies deviendraient juridiquement illégale, sans aucune contestation possible.
  • L’interdiction de toute sanction collective sur la population civile en réponse à des actes de résistance de la nation occupée. On parle là de blocus, privation d’alimentation en énergie, en eau, de bouclage des territoires et autres dont l’occupant israélien est coutumier.

Reconnaître l’état palestinien à l’ONU n’empêchera pas Israël de violer la convention de Genève. Mais au moins, Israël ne pourra plus nier être hors-la-loi internationale. Cela ne gênera sans doute pas outre-mesure les plus extrémistes. Mais pour les plus modérés de ses soutiens, cela va poser un sérieux problème de justification quant à la moralité irréprochable d’Israël.

De plus, reconnu comme état, la Palestine pourra adhérer aux conventions internationales, et notamment le Tribunal Pénal International. Avec pour possibilité de le saisir pour dénoncer les crimes de l’occupation israélienne.

Oui, la reconnaissance d’un état palestinien ne changera rien sur le terrain de manière immédiate. Mais sur le moyen terme, la délégitimation en terme juridique de la politique israélienne de colonisation et d’occupation risque d’affaiblir sérieusement la position israélienne et surtout de lui retirer certains de ses soutiens parmi les plus modérés. Lesquels ne pourront plus soutenir que la politique israélienne est juridiquement légale.

Les USA ont usé de la même réthorique. La guerre contre le terrorisme n’est pas une véritable guerre et les terroristes arrêtés ne sont pas des prisonniers de guerre. Ils ne sont donc pas soumis aux conventions de Genève et Guantanomo est ainsi une zone hors de toute loi.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 20:37

Qu’est-ce que la campagne BDS ?

 

http://bdsmovement.net/files/bdscall.jpgLa campagne BDS pour Boycott – Désinvestissement – Sanction est une campagne initiée par la société civile palestinienne en 2005. En France, elle a commencé à être popularisée après la guerre de Gaza à l’hiver 2008 – 2009.

 

La campagne BDS a pour but d’exercer des pressions sur l’état israélien pour que cet état :

  • mette fin à l’occupation des territoires palestiniens et démantèle le mur de séparation avec la Cisjordanie ;
  • garantisse l’égalité effective de droit et de traitement pour les citoyens arabo-israelien ;
  • permette le droit au retour des réfugiés palestiniens.

 

La campagne BDS appelle :

  • Au boycott : Il s’agit d’une part d’un appel aux citoyens afin qu’ils boycottent les produits israéliens dans leur vie quotidienne. Mais il s’agit d’autre part d’un appel à boycotter les institutions israéliennes. Ainsi, par exemple, un mouvement universitaire appelle au boycott des universités israéliennes dispensant des cours dans les colonies.
  • Au désinvestissement : Il s’agit d’inciter les entreprises à ne pas investir dans les colonies. Un cas emblématique est le tramway de Jérusalem, réalisé par Alstom et qui reliera les colonies israliennes dans la partie orientale (et palestinienne) de la ville à la ville occidentale (et israelienne).
  • Aux sanctions internationales : Il s’agit de demander aux états d’exercer des sanctions, notamment économique, contre l’état d’Israël. On pense notamment à l’accord commercial bilatéral Union Européenne – Israël ; dont le rehaussement a été gelé suite à la guerre de Gaza, mais qui reste néanmoins en vigueur dans sa forme actuelle.

 

Pourquoi soutenir la campagne BDS ?

 

La campagne BDS a pour but de faire pression sur l’état d’Israël, en vue de l’amener à accepter des concessions pour un accord de paix.

 

L’état israélien est en effet le premier responsable de l’enlisement du conflit :

L’état d’Israël occupe militairement la Cisjordanie et y installe des colonies de peuplement, à l’encontre du droit international. Cette occupation, cette colonisation sont les premières violences, d’où découlent toutes les autres, y compris le terrorisme. Faire cesser cette première violence est le point incontournable pour parvenir à la paix ; la promulgation d’un nouveau moratoire sur la colonisation est la première étape sur le chemin de la paix.

 

Mais, l’actualité récente l’a montré, les demandes amicales en ce sens, que ce soient des proches alliés d’Israël comme les USA et l’UE ou de la communauté internationale via l’ONU n’ont aucun impact sur le gouvernement israélien.

 

En Israël, les forces politiques soutenant la colonisation sont aujourd’hui très fortement majoritaires. Pour une grande part, elles sont mues par des idéaux nationalistes ou religieux qui ne laissent aucune place à la discussion, au compromis.

 

Aussi, seule des pressions extérieures réelles et fortes pourront contraindre le gouvernement israélien, qui ne cessera jamais la colonisation de par sa propre volonté.

 

Des pressions réelles et fortes, cela veut dire un coût politique et économique tel que le gouvernement israélien soit obligé de céder. Tel est le sens de la campagne BDS. Cela veut aussi dire de placer i

 

L’histoire ancienne a montré qu’une campagne de boycott international peut jouer un rôle déterminant pour contraindre un gouvernement national, comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud. C’est une campagne de même ampleur qu’il faut mener pour la Palestine aujourd’hui.

 

Boycott des produits des colonies, boycott des institutions israéliennes ?

 

Que faut-il boycotter ? Les seuls produits des colonies ? Tous les produits en provenance d’Israël ? Faut-il également boycotter les institutions israéliennes ou bien les manifestations culturelles, sportives, universitaires… ?

 

Rappelons d’abord qu’Israël est une démocratie. Le gouvernement israélien actuel est issu du vote des citoyens israéliens, il poursuit une politique soutenue par la majorité de la population israélienne. Cela veut dire que la politique de colonisation n’est pas la volonté de seuls colons extrémistes, elle est bien la volonté du peuple israélien, au sens de la politique choisie démocratiquement par une majorité d’électeurs israéliens.

Si la poursuite de la colonisation est la volonté du peuple israélien, alors des sanctions, un boycott contre l’ensemble d’Israël et non seulement contre les colonies sont légitimes.

 

Mais dans une telle action, à la légitimité, il faut ajouter l’efficacité. C'est-à-dire qu’il faut se demander quel moyen mettre en œuvre, pour quel but rechercher.

 

Faire pression sur le gouvernement israélien, politiquement et économiquement.

 

Pour être efficace, le boycott des produits israéliens doit avoir un impact macro-économique significatif. Cela veut dire qu’il ne doit pas impacter qu’un pan relativement mineur de l’économie israélienne : l’économie des colonies. Il doit toucher l’ensemble de l’économie israélienne et donc être un boycott global.

 

Mais l’arme économique ne suffit pas. Il y faut aussi une arme politique, l’isolement diplomatique d’Israël. Cela signifie boycotter les institutions étatiques israéliens. Et puisque l’état israélien dans son ensemble poursuit la politique de colonisation, le boycott doit concerner l’ensemble des institutions et représentations étatiques israéliennes.

 

A ce titre, les équipes nationales ou locales israéliennes dans les différents sports sont une représentation de l’état israélien. Leur boycott est à mes yeux légitimes. Je ferais une mention spéciale pour le foot, étant donné l’impact particulier de ce sport au niveau mondial. Israël est ainsi membre de l’UEFA, fédération européenne de foot, tandis que tous ses voisins, Egypte, Jordanie, Syrie, Liban et surtout Palestine sont membre de l’AFC (Confédération Asiatique du Football). Etre au sein de l’UEFA et non de l’AFC comme le voudrait la géographie est un moyen pour Israël de contourner l’hostilité de ses voisins arabes, et ce avec l’aval des instances du football européens. Le boycott du foot israélien par les clubs européens serait à mon sens légitime.

 

Mais faut-il également boycotter les manifestations culturelles, universitaires ou autres, indépendantes de l’état ? A mon sens, cela ne devrait concerner que celles qui sont liés aux colonies.

Parlant de manifestations indépendantes de l’état israélien, on parle alors de citoyens individuels, capable de faire des choix individuels. Le boycott ne peut alors pas être celui du choix collectif de la nation israélienne, mais bien celui du choix individuel de chacun.

Ainsi, il est légitime à mes yeux de boycotter une université faisant le choix de développer des antennes dans les colonies. Mais faut-il boycotter un universitaire israélien qui refuse d’aller enseigner dans ces antennes ? Bien sûr que non.

Bien au contraire, c’est en amenant individuellement les citoyens israéliens à se positionner sur la question que certains seront amené à se désolidariser de leur gouvernement et que pourra baisser le soutien populaire à la politique de colonisation du gouvernement israélien.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 17:15

Palestine.jpgLes guerres (Irak, Afghanistan…), les peuples opprimés (Tibet, Sri-Lanka, Sahara Occidental, Darfour, etc …) ne manquent hélas pas. Pourquoi alors la Palestine ?

 

Le conflit Israelo-Palestinien est aujourd’hui un symbole. Pour certains, il est le symbole du mépris occidental pour le monde arabo-musulman. Pour nous, elle est d’abord le symbole de l’Impérialisme, le symbole du renoncement des pays occidentaux aux valeurs des Droits de l’Homme dès lors que des intérêts économiques sont en jeu.

 

 La Palestine est symbolique de ce que le capitalisme a de plus odieux : porter la guerre au nom des intérêts économiques.

 

Nous voulons contribuer à notre modeste niveau au processus de paix israelo-palestinien, c'est-à-dire, faut il le rappeler, au respect du droit international :

 

  • Un état palestinien et un état israëlien sur la base des frontières de 1967,
  • Jérusalem pour capital de ces deux Etats,
  • Droit au retour des réfugiés,
  • Reconnaissance d’Israël par les voisins

 

Mais nous estimons que le Gouvernement Israélien est aujourd’hui le principal obstacle au processus de Paix : il est aujourd’hui la puissance occupante, il est aujourd’hui le pays colonisateur. L’occupation et la colonisation sont la première agression d’où découlent toutes les autres, y compris le terrorisme.

 

Faire cesser cette première agression, l’occupation et la colonisation, est le préalable indispensable pour que vienne la Paix.

 

Contribuer au processus de Paix, c’est donc redonner leur légitimité aux Palestiniens, c’est faire pression pacifiquement sur l’Etat d’Israël pour qu’il respecte le droit international. C’est le sens premier que nous voulons donner à un jumelage de notre ville avec un camp de réfugiés palestiniens : un soutien politique aux droits des palestiniens à avoir un Etat, à disposer d’eux-mêmes.

 

C’est aussi pour cela que nous souhaitons la libération rapide de Marwan Barghouti ainsi que celle de Salah Hamouri, jeune franco-palestinien également emprisonné en Israël.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 23:00

MilitantFreeGaza.pngRéaction « à chaud » au lendemain de l’arraisonnement par la marine israélienne de la Flotille de la Liberté,  alors que la censure militaire israélienne est toujours en place et ne permet pas de connaître tous les détails des tragiques évènements de la nuit du 30 au 31 mai, le lecteur me pardonnera.

 

L’armée israélienne, suivi par certains de ces aficionados comme l’UMP ou le gouvernement Italien considère la « Flotille de la Liberté » comme une provocation, renvoyant indirectement la responsabilité des morts sur les militants de Free Gaza.

Elle accuse par ailleurs la flotille d’avoir attaqué l’armée israélienne avec des haches, des barres de fer, ou des cocktails molotov, rendant donc les militants pacifistes responsables du déclenchement des violences…

Décryptage !

 

Une provocation ?

Rappelons tout d’abord que le blocus de Gaza est un crime de guerre, au sens de la IVème convention de Genève. Le blocus de Gaza est en effet une punition collective sur une population civile de part la puissance occupante, le privant d’un approvisionnement en nourriture, médicament, énergie. Le blocus de Gaza est une oppression et la résistance pacifique, la désobéissance civile sont donc des actes légitimes.

 

La tentative de forcer le blocus de Gaza par des navires désarmés, chargés d’aide humanitaire, n’était pas une provocation mais bien un acte de résistance pacifique et de désobéissance civile ; ou alors il aurait fallu considérer comme de la provocation la marche du sel initiée par Gandhi.

 

La première agression ?

« La flottille de la liberté » était une flotte de navires civils, chargé d’aide humanitaire. La première agression, c’est d’abord d’avoir arraisonné ces navires. Attaquer un convoi humanitaire d’une ONG est un crime de guerre, au Darfour comme en Palestine. En droit international, en droit de la mer, arraisonner des navires dans les eaux internationales est un acte de piraterie.

Il y’avait donc agression israélienne, et même légalement parlant « acte de piraterie » à partir du moment où le premier soldat israélien a posé le pied sur un navire battant pavillon turc dans les eaux internationales. La résistance des militants de Free Gaza est donc un acte de légitime défense.

 

L’usage disproportionné de la force.

 

Abordage.pngAu JT de France 2, Daniel Saada, porte parole du ministère des affaires étrangères israélien a dit que « si Israël avait eu un usage disproportionné de la force, ce n’est pas 9 morts qu’il y’aurait eu, mais beaucoup plus ». Ainsi donc, si en France dans une manifestation qui dégénère, les CRS sont attaqués à coup de barre de fer, ouvrir le feu à balle réelle et tuer 9 manifestants ne serait pas un « usage disproportionné de la force » ? Soyons sérieux.

 

Décortiquons donc les explications israéliennes (toutes les déclarations sont tirées des nombreux articles du journal « Le Monde » du 31/05/10 sur le sujet):

 

Le communiqué de l’armée israélienne déclare d’abord que les soldats avaient été informés qu’il s’agissait d’une opération de police. S’il s’agissait d’une opération de police, c’était des policiers, formés aux techniques anti-émeutes qu’il faillait envoyer, pas des commandos d’élite formés à la guerre. Envoyé des soldats faire une opération de police est le moyen le plus sûr d’avoir une bavure (si on peut encore parler de bavure pour ces évènements)

 

Le communiqué de l’armée israélienne dit ensuite : « les soldats ont employé des moyens anti-émeute et ont ouvert le feu » Dans tout pays démocratique, des moyens anti-émeute, ce sont des forces de police spécialement entrainé (comme les CRS) en tenue anti-émeute (bouclier, protection corporelle) armée de matraque et de gaz lacrymogène, à la rigueur de taser ou flashball. Dans certains pays au pouvoir autoritaire, on utilise plutôt des balles en caoutchoucs. Mais des forces spéciales de l’armée, armées de fusil d’assaut, ça n’est jamais « un moyen anti-émeute » !

 

L’armée israélienne dit également « Durant l'opération, des soldats israéliens ont été confrontés à de dures violences physiques. Certains des passagers ont utilisé des armes blanches et des armes de poing et on a tenté aussi d'arracher l'arme d'un des soldats. ». En matière de légitime défense, il existe une règle, celle d’un usage proportionné de la force. On ne répond pas à des armes blanches par des tirs d’arme de guerre. Peut-on croire raisonnablement que 6 navires civils dont les équipages étaient « armés » de couteaux de cuisine et de barre de fer aient tenté d’être violent contre trois frégates anti-missile de l’armée israélienne, avec à leurs bords, des commandos de marines, des hélicoptères de combats ? Soyons un instant sérieux…

 

Abordage au mépris du droit humanitaire et droit maritime international, usage disproportionné de la force contre des civils, l’agression israélienne n’est en rien justifiable. Il s’agit d’un crime de plus. Un crime de plus dont se sont cru permis les dirigeants israéliens face à la passivité internationale et notamment des pays occidentaux comme la France. Le dernier exemple en date est ainsi l’entrée d’Israël à l’OCDE ! Il est temps que cela cesse, il est temps d’appliquer de véritables sanctions internationales contre Israël.

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:44

Adepte de la méthode Coué, l’Union Européenne veut voir « un pas dans la bonne direction » (cf. article France 24) dans le discours prononcé par Benjamin Netannyahou le 14 juin à l’université de Bar-Ilan ; discours où il a exposé sa vision d’une paix au Proche-Orient.

 

Pourtant, la lecture attentive du discours (texte intégral, en anglais) montre clairement que la nouvelle orientation du gouvernement israélien ne constitue en aucun cas un progrès. Au contraire, il fait preuve dans son discours d’une vision extrêmement partiale de l’histoire et formule de nombreuses exigences inacceptables pour le peuple palestinien.

(remarque : le lecteur me pardonnera si les citations sont en anglais. Pour plus de précision, je préfère me référer à la version officielle et donc en anglais du discours).

Une vision partiale de l’histoire :

our connection to the land of Israel, and the Palestinian population living within it” En une phrase, le cœur du conflit idéologique est dévoilé, sans fard ni artifice. Dans la vision du gouvernement israélien, le peuple juif a un lien « historique » avec la terre d’Israël, sur laquelle vit une population palestinienne qui n’a –elle- aucun lien avec cette terre.

En une seule phrase, l’existence même d’une histoire et d’une culture palestinienne est niée, comme est nié le droit du peuple palestinien à revendiquer cette terre comme sienne. Peut-on construire la paix sur ces bases ?

 

Partant de ce constat, l’histoire est revisitée dans le sens le plus favorable à Israël :

The attacks against us began in the 1920s, escalated into a comprehensive attack in 1948 with the declaration of Israel’s independence” Le premier ministre israélien passe opportunément sous silence les violences des milices juives de l’Irgoun qui perpétuèrent des assassinats et des attentats terroristes dès 1936, contribuant ainsi fortement à inscrire la Palestine Mandataire dans un climat de guerre civile plus de 10 ans avant l’expiration du mandat britannique (cf. Wikipedia, Irgoun)

All this occurred during the fifty years before a single Israeli soldier ever set foot in Judea and Samaria.” L’OLP reconnaît aujourd’hui pour frontière la “ligne verte” de 1967. Ce qui ne change pas pour autant la réalité historique : les soldats israéliens ont conquis militairement entre 1947 et 1949 la moitié du territoire dévolu à l’Etat Palestinien par la plan de partage de 1947 (cf. carte historie Palestine – Israël).

 

Revisiter et réécrire l’histoire de la fondation de l’état israélien permet ensuite à Benjamin Netannyahou de tordre la réalité historique plus récente, en sa faveur :

the simple truth is that the root of the conflict was, and remains, the refusal to recognize the right of the Jewish people to a state of their own, in their historic homeland.“ et plus loin “The Palestinian leadership must arise and say: “Enough of this conflict. We recognize the right of the Jewish people to a state of their own in this land, and we are prepared to live beside you in true peace.”   Et pourtant, l’OLP reconnaît le plan de partage de la Palestine et donc Israël depuis plus de vingt ans (discours de Yasser Arafat devant les Nations Unis le 15/12/88) ! Benjamin Netannyahou ignore-t-il que le Hamas est lui aussi prêt à reconnaître Israël dans le cadre d’un accord de paix global, comme il l’a déclaré à l’ancien président des USA Jimmy Carter en avril 2008  (CNN, 17/04/2008)?

 

The signing of peace treaties have brought about an end to their  (les états arabes) claims against Israel, an end to the conflict. But to our regret, this is not the case with the Palestinians” Les nombreux traités de paix n’ont jamais été intégralement appliqués par Israël. Ainsi, la « Feuille de Route » prévoyait entre autre le gel de la colonisation (y compris l’expansion naturelle des colonies), ce qui n’a bien sûr jamais été le cas. Dès lors, comment s’étonner que les différentes signatures de traités non appliqués n’aient pas amené la paix ?

 

We evacuated every last inch of the Gaza strip, we uprooted tens of settlements and evicted thousands of Israelis from their homes, and in response, we received a hail of missiles on our cities, towns and children.” Benjamin Netannyahou omet soigneusement de dire que si les colons furent évacuer de Gaza, l’armée israélienne en a gardé le contrôle total des frontières terrestres, aériennes et maritimes, maintenant ainsi une autre forme de violence et d’oppression. Cette violence s’est même renforcée avec le blocus total imposé après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza. La violence des roquettes du Hamas- pour condamnable qu’elle soit- est la réponse à une autre violence tout aussi condamnable.

 

La vision du conflit israélo-palestinien de Benjamin Netannyahou est donc extrêmement partielle et partiale. Elle donne une idée fausse des origines du conflit et des prédispositions de chacun à le résoudre, ce qui ne peut qu’aboutir à des propositions qui ne sont pas acceptable pour les Palestiniens.

Un ensemble de propositions inacceptable.

Benjamin Netannyahou prononce les mots « palestinian state ». C’est bien le moins qu’il pouvait dire, mais surtout, cela n’a rien de nouveau. Israël tire sa légitimité du plan de partage de l’ONU (résolution n°181 du 29 novembre 1947). En adhérant à l’ONU en 1949, Israël s’est engagé a respecté le droit international, et notamment toutes les déclarations rappelant le droit à un état palestinien. Cet engagement a été renouvelé à maintes reprises et notamment lors de l’acceptation de la « Feuille de Route » en date du 30 avril 2003. Ce qui est nouveau, ce sont les sévères restrictions faites à cette reconnaissance :

 

« "Israel needs defensible borders, and Jerusalem must remain the united capital of Israel ». Voilà en quels termes le gouvernement israélien pose la question territoriale. Il n’y a aucun mot sur les frontières de « 1967 » pourtant reconnue par la communauté internationale (résolution n°242 des nations unies, du 22 novembre 1967), mais seulement la réaffirmation des prétentions israéliennes sur Jérusalem-Est et des frontières « défendables », ce qui laissent augurer d’autres revendications sur des terres palestiniennes, notamment dans la Vallée du Jourdain.

 

we have no intention of building new settlements or of expropriating additional land for existing settlements. But there is a need to enable the residents to live normal lives, to allow mothers and fathers to raise their children like families elsewhere”. Plus encore, Benjamin Netannyahou ne s’engage absolument pas à évacuer une quelconque colonie israélienne pour régler la question territoriale. Bien au contraire, s’il promet de ne pas en construire de nouvelles, il déclare que les colonies actuelles pourront continuer à grossir « naturellement » durant la phase de négociation. Ceci est en contradiction totale avec les engagements précédents d’Israël et notamment la « Feuille de Route » en date du 30 avril 2003. Et on peut se demander quelles seront les exigences israéliennes dans le futur plan de paix pour permettre aux colons de vivre des « vies normales » dans leurs colonies au cœur d’un hypothétique état palestinien.

 

The Palestinian refugee problem must be solved, and it can be solved, as we ourselves proved in a similar situation. Tiny Israel successfully absorbed hundreds of thousands of Jewish refugees who left their homes and belongings in Arab countries.   Therefore, justice and logic demand that the Palestinian refugee problem be solved outside Israel’s borders“La vision partiale de l’histoire sert la logique actuelle. Le premier ministre israélien évite soigneusement de parler des millions de déportés juifs qui au lendemain de la deuxième guerre mondiale sont revenus dans leurs foyers et dans leurs pays d’origine, c'est-à-dire en Europe et non pas en Israël.

D’autre part, l’OLP ne s’oppose pas, bien au contraire, au retour en Palestine des réfugiés juifs qui fuirent les combats de 1947 (réfugiés qui n’étaient pas « des centaines de milliers », mais des dizaines de milliers tout au plus).

Enfin, absorber des « centaines de milliers » de réfugiés dans 78% de la Palestine Mandataire (état d’Israël dans les frontières de 1967) dont on a chassé plus d’un millions de palestiniens ne se compare pas à absorber plusieurs millions de réfugiés dans 22% de la Palestine Mandataire (Cisjordanie et Gaza). La bande de Gaza est déjà le territoire ayant la plus forte densité de population au monde.

De plus, contrairement aux propos de Benjamin Netannyahou, la justice demande (résolution n°194 des Nations Unis en date du 11 décembre 1948) le retour des réfugiés dans leurs foyers d’origine, y compris en Israël. Ce fut le cas pour les déportés juifs de 1945 ; en 1999 l’OTAN a garantie par les armes le retour des réfugiés Kosovars et Serbes au lendemain de la guerre du Kosovo. Les réfugiés palestiniens seraient-ils les seuls à se voir interdire ce droit ? (Cf. article de ce blog sur le droit au retour des réfugiés).

 

Enfin, Benjamin Netannyahou demande que « the Palestinians recognize Israel as the State of the Jewish people”. Si l’OLP reconnaît le droit à l’existence d’Israël (discours de Yasser Arafat devant les Nations Unis le 15 décembre 1988), peut-elle reconnaître Israël comme « l’état du peuple juif » alors qu’un million de palestiniens vivent en Israël et disposent de la citoyenneté israélienne ?

 

Benjamin Netannyahou prononce les mots « état palestinien », mais sur les trois points essentiels de tout processus de paix : frontière de 1967, Jérusalem-Est pour capital, droit au retour des réfugiés, il oppose une fin de non recevoir. Pire encore, le premier ministre israélien nie la légitimité du peuple palestinien sur sa terre.

Enfin, au milieu de son discours, le premier ministre israélien ditSo far I have spoken about the need for Palestinians to recognize our rights.  In a moment, I will speak openly about our need to recognize their rights. Il n’y a pas un mot en ce sens dans la suite. Peut-être dans un futur discours ? Aucune date n’est programmée en tout cas.

 

Dans ces conditions, il ne peut pas s’agir d’une véritable offre de paix, et on comprend que les palestiniens l’aient rejeté (Cf. France-Palestine).

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 09:27

Article publié initialiement sur le blog des élus communistes et partenaires de Choisy-le-Roi.

 J’étais les 28 et 29 mars à la 2ème conférence internationale pour le droit au retour des réfugiés palestiniens. Cette conférence était organisée par l’AJPF (Association de Jumelage entre des camps de réfugiés Palestiniens et des villes Françaises) avec le soutien de l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes et Républicains).

La conférence a réuni plus d’une centaine de participants, dont des délégués de camps palestiniens dans et en dehors de la Palestine, des élus de villes jumelées avec des camps palestiniens et des membres d’ONG.

 

Je ressors de cette conférence encore plus convaincu de la nécessité de jumeler Choisy-le-Roi  avec un camp de réfugiés palestiniens. En effet, si je ne devais garder qu’une idée de ces deux jours de débat, ce serait celle-ci : si les dirigeants occidentaux avaient agi conformément à leur déclaration d’intention, le conflit israélo-palestinien serait depuis longtemps résolu :

·       Puissance mandataire, les britanniques n’ont pas respecté leur devoir de garantir la sécurité en Palestine jusqu’au moment de la proclamation des états d’Israël et de Palestine. Ils n’ont pas organisé la partition du pays, créant ainsi les conditions de la guerre civile. Guerre civile qui a éclatée sous le regard passif et parfois complice des soldats britanniques, si bien qu’au jour de leur départ, le conflit était tant engagé qu’Israël était en position de force pour proclamer son indépendance, tandis que le territoire dévolu aux palestiniens était ravagé par la guerre.

·       Israël a été intégré à l’ONU à condition de garantir le respect des frontières de 1947 et le droit au retour des réfugiés. Israël n’a jamais respecté cet engagement et est toujours membre de l’ONU.

·       L’Union Européenne  a signé un accord bilatéral avec Israël, à condition qu’Israël respecte les droits de l’Homme et s’engage activement dans un processus de paix. Malgré les crimes de guerre durant la guerre de Gaza, malgré le gel effectif de tout accord de paix, l’accord bilatéral UE-Israël n’est pas suspendu. Seul son extension est gelée.

 Il s’agit de quelques exemples parmi des dizaines.

 

Alors oui, il faut qu’autant que possible des villes de France se jumellent avec des villes palestiniennes. Ne serait-ce que pour montrer aux palestiniens que si les dirigeants occidentaux ne respectent ni leurs engagements ni la signature qu’ils mettent au bas des traités, il n’en va pas de même des peuples occidentaux. Pour reprendre les mots de Fernand Thuil, co-président de l’AJPF « c’est l’honneur de la France ».

Le droit au retour

 Lors de ces deux jours de débat, il fut dit bien des choses sur le droit au retour. Je tente ici une rapide synthèse des éléments les plus marquants à mes yeux :

L’exil, brèves notions historiques

Les premières implantations juives en Palestine commencent dès le XIXème siècle.

 

Au cours de la première guerre mondiale, dans la « Déclaration de Balfour », le gouvernement britannique s’engage auprès des juifs britanniques à favoriser la création d’un « Foyer Juif » en Palestine qu’il entend conquérir sur l’Empire Ottoman.

 

La charte instituant la Palestine Mandataire sous contrôle britannique donne spécifiquement à l’Agence Juive le droit de se substituer à certains services britanniques, tandis que la population d’origine est qualifiée simplement « d’autre peuple ».

 

De la fin de la 1ère guerre mondiale au début de la 2ème guerre mondiale, aidés par les droits spécifiques accordés à l’Agence Juive, les juifs immigrent en masse et acquièrent des terres. En 1948, il y a en Palestine 600 000 juifs dont 77% n’y sont pas nés et 1 400 000 palestiniens. Les juifs possèdent 6% des terres, dont 12% sont des terres cultivables.

 

Selon le plan de partage de l’ONU, 56% des terres reviennent à l’état d’Israël, 43% à l’état Palestinien, et 1% (Jérusalem) est placé sous contrôle international.

 

A l’issue de la guerre civile et de la première guerre israélo-arabe en 1949, Israël a conquis militairement et annexé 22% supplémentaire de la Palestine mandataire, et en contrôle désormais 77%. La Cisjordanie est occupée par la Jordanie et Gaza placée sous protection de l’Egypte. 60% des Palestiniens sont obligés de fuir leur maison, tandis que 511 villages palestiniens seront entièrement rasés. La première vague de réfugiés (450 000) fuira durant la guerre civile, avant même la proclamation de l’état d’Israël, alors que l’Empire britannique est encore officiellement en charge d’assurer la sécurité.

 

A l’issue de la guerre de 1967, Israël occupe Jérusalem et les 22% restant de la Palestine, ce qui entraîne une nouvelle vague de réfugiés. 500 000 palestiniens prennent à leur tour le chemin de l’exil.

 

Il y a aujourd’hui 4.2 millions de réfugiés palestiniens, dont 1.7 millions en Cisjordanie et à Gaza et seulement 1 million de Palestiniens qui ne sont pas des réfugiés.

Le droit, en terme juridique.

 D’un point de vue juridique, le droit au retour est d’abord fondé sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Dans son article 13, elle dispose que « toute personne a le droit (…) de revenir dans son pays ». Pour les palestiniens, ce droit est existentiel, non négociable. Il est individuel et s’applique à tous, ceux qui sont nés avant l’exil comme ceux qui sont nés en exil. Il s’agit d’un droit à revenir dans les territoires Palestiniens, mais aussi dans leur village d’origine désormais en Israël.

 

Le droit au retour spécifique des palestiniens a été affirmé par l’ONU notamment dans la résolution n°194 du 11 décembre 1948, soit au lendemain de la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. Cette résolution déclare : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leur foyer le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leur foyer et pour tout bien perdu ou endommagé (…) » Ce droit au retour a été réaffirmé dans plus de 100 résolutions de l’ONU et qualifié à maintes reprises d’inaliénable.

 

Israël a indirectement reconnu le droit au retour des réfugiés palestiniens, notamment en l’acceptant comme condition de son adhésion à l’ONU et en signant la IVème convention de Genève, laquelle interdit les déplacements forcés de population. Pourtant, Israël n’a jamais respecté sa signature. Tous les gouvernements israéliens depuis lors refusent de reconnaître ce droit au retour.

Le droit au retour, en dehors de la Palestine,

L’un des drames du conflit israélo-palestinien, c’est le « deux poids, deux mesures » dont sont victimes les palestiniens.

 

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les juifs déportés bénéficièrent du « droit au retour ». Ils purent réintégrer leur maison accaparée par d’autres.  Même les locataires purent ainsi réintégrer les logements qu’ils occupaient avant la déportation. Les locataires actuels furent expulsés. Et aujourd’hui encore, sans prescription, les biens juifs spoliés sont rendus à leur propriétaire. Même quelqu’un ayant acheté un bien de bonne foi devra le rendre sans contrepartie s’il s’avère, 60 ans après les faits, qu’il s’agit d’un bien volé lors de la 2ème guerre mondiale.

 

En 1991, sur mandat de l’ONU, l’OTAN utilisa la force pour garantir le droit au retour des réfugiés kosovars. Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire général des Nations Unis dénonça à l’époque ce « deux poids, deux mesures » entre les kosovars et les palestiniens.

 

Au Kosovo ou en Bosnie, des mécanismes garantissant le droit au retour ont été mis en place, et peuvent servir de modèle pour un droit au retour des réfugiés palestiniens.

Le Jumelage

 Plusieurs maires sont intervenus pour échanger sur leur jumelage avec des camps palestiniens. Je cite ici quelques idées fortes :

 

Pour tous, le jumelage est d’abord un acte politique. Il s’agit bien sûr d’affirmer le soutien des populations des villes concernées aux palestiniens. Mais de manière toute aussi importante, il s’agit également d’affirmer le soutien d’élus et de partis politiques : La plupart des dirigeants occidentaux n’ont pas joué leur rôle dans le conflit israélo-palestinien. Aussi, il est important que les palestiniens sachent que ces dirigeants ne sont soutenus ni par toutes leurs populations ni par toute la classe politique de leur pays.

 

La ville de Stains a également réussi à entraîner ses autres villes jumelées d’Allemagne et d’Italie dans des coopérations avec la Palestine.

 

Le jumelage, c’est principalement une aide matérielle. Je retiendrais à cet égard les actions de la ville de Bagnolet qui a aidé à la modernisation du réseau électrique du camp de Chatila avec l’aide du CCAS d’EDF et fourni un bus avec l’aide de la CGT – RATP. La gestion des déchets semble être une difficulté majeure des camps de réfugiés, où certaines villes jumelées s’investissent fortement, Limay et Pierrefite par exemple.

 

Le jumelage, c’est également des échanges. Le plus facile, c’est la correspondance scolaire, si possible via internet. On pense aussi à la venue en France d’enfants palestiniens pour les vacances ou à l’occasion d’un tournoi de foot. Ce peut être aussi l’envoi d’une délégation française dans les camps avec des élus bien sûr, mais aussi avec la population afin de tisser et créer des liens personnels d’amitiés.  Plus simplement, la ville de Stains organise des conférences téléphoniques publiques.

 

Le jumelage a aussi une forte dimension culturelle. Moins il y aura de culture en Palestine, plus il sera aisé au gouvernement israélien de nier l’existence des palestiniens en tant que peuple, et donc leur droit à un Etat. La défense et la promotion de la culture palestinienne sont ainsi au cœur des enjeux du conflit israélo-palestinien. Théâtres et conservatoires peuvent être des points d’appuis pour former des artistes palestiniens ou pour les accueillir en France à l’occasion de tournée ou exposition.

 

Le jumelage se doit d’être aussi à double-sens. C’est ainsi que des adolescents et jeunes adultes palestiniens viennent chaque année à Limay, non pas en vacances, mais en qualité d’animateurs du centre de vacance, pour encadrer les enfants français.

 

Le jumelage, enfin, enrichit les habitants des villes françaises et notamment la jeunesse. Les débats sur le conflit israélo-palestinien permettent ainsi de ré-intéresser une partie de la population à l’action politique.

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:50

Le processus de paix.

Les bases d’une paix juste et durable au Proche-Orient ont maintes fois été énoncées :

·       Deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côtes à côtes,

·       Frontières des deux états sur la base des frontières dites « de 1967 »,

·       Droit au retour des réfugiés palestiniens dans le futur état de Palestine.

Sur ces bases, il serait possible à Israël de voir ses relations se normaliser avec les pays voisins et à sa population de vivre en sécurité, il serait possible à un état palestinien de se construire et à son peuple d’être libre.

Ces bases ont été maintes fois discutées lors de maints processus de paix entre Israël et l’OLP et fin 2007 encore lors de la conférence d’Annapolis. Pourtant, tous les processus de paix sont restés lettres mortes.

Ces processus de paix ont échoué, car Israël pose en préalable à toute négociation l’arrêt des violences. Ce qui est impossible pour deux raisons :

·       La première est que l’arrêt des violences est le but final du de paix, du point de vue d’Israël. Arrêter la violence avant les négociations, c’est accorder, sans négociation, tout ce que veut Israël avant même l’ouverture de négociation. Du point de vue palestinien, ce serait tout accorder sans aucune garantie de contrepartie. Ce n’est pas ainsi qu’on négocie.

·       La deuxième est que le principal auteur des violences, le Hamas, est tenu à l’écart de toutes négociations, et ne se sent donc pas tenu de cesser ces violences au nom de négociation dont il est tenu à l’écart.

Dès lors, pour qu’un processus de paix puisse s’installer, inclure le Hamas dans les négociations parait indispensable.

·       La participation du Hamas est légitime, puisqu’il est représentatif d’une large partie du peuple palestinien. Même si on peut le déplorer, eu égard à son orientation islamiste, le Hamas a remporté les dernières élections dans les territoires palestiniens. Depuis, il a conservé l’appui d’une part importante de la population et une légitimité comme mouvement de résistance, notamment en combattant Israël lors de la« Guerre de Gaza » en décembre et janvier.

·       La participation du Hamas est indispensable, puisqu’il est une des parties du conflit. Négocier une paix sans une des parties en conflit est plus qu’illusoire, c’est tout simplement stupide.

Négocier avec le Hamas

Israël, et la communauté internationale s’est jusqu’à aujourd’hui aligné sur ce point de vue, s’est toujours opposé à des négociations directes avec le Hamas, au motif que celui-ci ne reconnaît pas Israël et proclame dans sa charte la volonté de détruire Israël.

Ce point de vue est à mes yeux aujourd’hui dépassé. En effet, tant Jimmy Carter, ancien président des USA à l’automne dernier que Jean-François Poncet vice-président UMP de la commission des affaires étrangères du Sénat il y’a quelques jours se sont entretenu avec Khaled Mechaal, dirigeant en exil du Hamas. A tous deux, le chef du Hamas a déclaré que son mouvement était prêt à reconnaître Israël, à rendre caduc l’article de sa charte en proclamant la destruction, dans le cadre d’un accord de paix global sur les bases énoncées plus haut.

C’est pourquoi, il faut aujourd’hui dialoguer avec le Hamas, sans préalable. D’abord parce que tous les occidentaux qui l’ont fait ont rencontré une organisation prête à négocier la paix. Ensuite, parce que c’est un acteur incontournable.

Discuter avec le Hamas, cela implique de lever le préalable de la reconnaissance par le Hamas de l’état d’Israël : le Hamas ne reconnaît pas officiellement Israël, mais dans les faits n’a pas les moyens de l’empêcher d’exister. Israël reconnaît formellement le droit à exister d’un Etat palestinien, mais dans les faits, l’empêche d’exister en poursuivant la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, le blocus à Gaza. Cette asymétrie rend l’idée de demander tout geste unilatéral du Hamas illusoire.

On ne peut demander au Hamas de reconnaître en préalable l’état d’Israël, sans demander symétriquement à Israël de lever tous les obstacles à la création d’un état palestinien. Bref, demander tous ces préalables, revient à demander à ce que chacun s’accorde sur les résultats de la négociation, en préalable au commencement des négociations. C’est là encore plus qu’illusoire, c’est stupide. A moins que ce ne soit volontaire, pour que les vrais négociations n’aient jamais lieux.

Si le Hamas accepte de négocier, d’avoir Israël pour interlocuteur, c’est par définition qu’il reconnaît son interlocuteur et qu’il est prêt à la paix avec lui, à certaines conditions. Israël et la communauté internationale doivent savoir s’en contenter.

Les déclarations de Khaled Mechaal indiquant que son mouvement est prêt à des négociations directes avec Israël sont une main tendue à Israël, un premier pas vers la reconnaissance. Une main tendue qu’Israël doit savoir prendre, sous peine d’être seule responsable de la poursuite de ce conflit.

Terrorisme et crimes de guerre

J’ai pris soins, dans tout cet article d’éviter de prononcer le mot « terrorisme », et c’est volontaire.

Oui, le Hamas est un mouvement terroriste. Mais le Fatah le fut aussi en son temps. Yasser Arafat fut un terroriste, qui a su poser les armes et mériter un Prix Nobel de la Paix. Le Hamas peut prendre le même chemin, il semble y être prêt en tout cas.

Par ailleurs, si on doit parler du terrorisme du Hamas, il faut parler également des crimes de guerre de Tsahal, de ceux commis lors de la « Guerre de Gaza » et de ceux commis pendant 60 ans d’occupation. Et alors, aucune des parties ne méritent qu’on s’adresse à elle. Que faut-il faire alors ? Ne parler avec personne et laisser la guerre continuer encore soixante années ? Bien sûr que nous. Il faut œuvrer pour que les terroristes du Hamas s’asseyent à la même table que les criminels de guerre de Tsahal pour parler de paix. Enoncer comme ça, ça parait illusoire, ça sera difficile.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 12:00

Israël tire sa légitimité de l’ONU. C’est une résolution de l’ONU qui a permis la fondation de l’état d’israël. Les pays arabes qui refusèrent la création de l’état d’Israël étaient illégitimes à le faire car ils s’opposaient à une décision de l’ONU.

Pourtant, aujourd’hui Israël ne reconnaît pas la légitimité de l’ONU a légiférer dans le conflit Israelo-Palestinien et n’en applique pas les résolutions (retrait sur les frontières de 1967 notamment). Pourtant, si les frontières d’Israël ne sont pas celles décidées par l’ONU, elles n’ont aucune légitimité.

Si les frontières d’Israël n’ont aucune légitimité, elles n’ont d’autres exitences que la « légitimité » du « droit du plus fort ». Et si c’est le « droit du plus fort » qui s’exerce, alors quiconque s’estime plus fort qu’Israël est en droit, et même à la « devoir » de remettre en cause les frontières d’Israël et son droit à exister.

Ne pas reconnaître la légitimité des frontières d’Israël définie par l’ONU, déclarer qu’Israël n’est légitimite à exister que par sa seule force, c’est implicitement reconnaître la légitimité de nier par la force l’existence d’Israël.

Israël doit reconnaître les frontières que lui a définie l’ONU, celles de 1967. Israël n’a pas d’autre légitimité et droit à exister que dans ces frontières.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 12:00

En tirant de manière massive des roquettes, armes très imprécises, dans des zones peuplées de civils, le Hamas a pour but délibéré d’atteindre des populations civiles dans les terroriser. C’est du terrorisme.

Néanmoins, Israël est signataire des Conventions de Genèves, dont la première fut signée à la fin du XIXème siècle et la IVème au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Tirant les leçons des deux guerres mondiales, ces conventions définissent les « lois de la guerre ». Elles ont encore toute leur légitimité aujourd’hui. Ne pas les respecter, c’est se mettre hors du droit international, à l’égal de ceux qu’on appelle « terroriste ».

Attaque contre les populations civiles

Selon le droit international, les fonctionnaires et les forces de polices lorsqu’elles ne prennent pas activement part aux combats, sont également des populations civiles. En bombardant des ministères, des administrations, des commissariats de polices, Tsahal a donc également pour but délibéré d’atteindre des populations civiles. C’est un crime de guerre. Les généraux Israéliens ne cachent pas leur volonté, en agissant ainsi d’inspirer la crainte à la population civile, c’est donc du terrorisme d’état, un « terrorisme d’état ».

Entre une roquette du Hamas tirée en direction de Sderot et un missile de Tsahal tirée sur un bâtiment de l’administration palestinienne, même sous le contrôle du Hamas, il n’y a en droit international, aucune différence.

Si les dirrigeants Israéliens voient une différence et estiment que le droit peut s’appliquer dans un cas et pas dans l’autre, alors ils donnent implicitement également ce droit aux palestiniens. Si les tirs de roquettes du Hamas constituent des actes de terrorismes, alors les tirs de missiles d’Israël sur des bâtiments civils, même ornés du drapeau du Hamas, constituent aussi des actes de terrorismes. Si certains prétendent que les tirs de missiles de Tsahal sont légitimes, ils reconnaissent de fait la légitimité des tirs de roquettes du Hamas.

Protection des civils en temps de guerre

Israël exerce un contrôle sur l’espace aérien, sur les frontières et sur l’état civil (distribution de passeport) à Gaza. Il y est donc en droit international, une puissance occupante. Les conventions de Genèves imposent à la puissance occupante de protéger les civils du territoire occupé.

En maintenant fermée les frontières de Gaza, Israël empêche les civils palestiniens de fuir les combats. Il les met délibérément en danger. Il ne répond pas à son obligation de puissance occupante de protéger les civils palestiniens. C’est un crime de guerre.

Punitions collective

Le droit international interdit les punitions collectives contre les populations civiles, en réponse aux actes de résistances. Ce droit est notamment la réponse au comportement des troupes d’occupations allemandes face à la résistance française lors de la deuxième guerre mondiale.

En fermant les frontières de Gaza en réponse aux attaques du Hamas, Israël bloque l’approvisionnement en médicament, en nourriture, en électricité, en pétrole, et indirectement en eau potable, les stations de captage ne pouvant plus fonctionner faute d’énergie. Il s’agit d’une punition collective contre la population palestinienne, c’est un crime de guerre.

La colonisation

La colonisation des territoires occupés par la population de la puissance occupante constitue un crime de guerre. L’ensemble des colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie constitue un crime de guerre.

Traitement des prisonniers

Les combattants palestiniens fait prisonnier sont soumis à la torture et à des traitements inhumains et dégradants. Comme à Abou Grahib ou à Guantanamo pour les Etats-Unis, c’est un crime de guerre et une violation des droits de l’homme.

Droits de l’enfant

Israël maintient emprisonnant des mineurs palestiniens (notamment ceux ayant jeté des pierres sur des soldats ou des colons). Ces mineurs sont alors maintenu dans des prisons pour adulte, sans protection spécifique dû à leur âge.

Ce faisant, Israël viole la convention des droits de l’enfant, convention dont Israël est signataire.

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