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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:50

Le processus de paix.

Les bases d’une paix juste et durable au Proche-Orient ont maintes fois été énoncées :

·       Deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côtes à côtes,

·       Frontières des deux états sur la base des frontières dites « de 1967 »,

·       Droit au retour des réfugiés palestiniens dans le futur état de Palestine.

Sur ces bases, il serait possible à Israël de voir ses relations se normaliser avec les pays voisins et à sa population de vivre en sécurité, il serait possible à un état palestinien de se construire et à son peuple d’être libre.

Ces bases ont été maintes fois discutées lors de maints processus de paix entre Israël et l’OLP et fin 2007 encore lors de la conférence d’Annapolis. Pourtant, tous les processus de paix sont restés lettres mortes.

Ces processus de paix ont échoué, car Israël pose en préalable à toute négociation l’arrêt des violences. Ce qui est impossible pour deux raisons :

·       La première est que l’arrêt des violences est le but final du de paix, du point de vue d’Israël. Arrêter la violence avant les négociations, c’est accorder, sans négociation, tout ce que veut Israël avant même l’ouverture de négociation. Du point de vue palestinien, ce serait tout accorder sans aucune garantie de contrepartie. Ce n’est pas ainsi qu’on négocie.

·       La deuxième est que le principal auteur des violences, le Hamas, est tenu à l’écart de toutes négociations, et ne se sent donc pas tenu de cesser ces violences au nom de négociation dont il est tenu à l’écart.

Dès lors, pour qu’un processus de paix puisse s’installer, inclure le Hamas dans les négociations parait indispensable.

·       La participation du Hamas est légitime, puisqu’il est représentatif d’une large partie du peuple palestinien. Même si on peut le déplorer, eu égard à son orientation islamiste, le Hamas a remporté les dernières élections dans les territoires palestiniens. Depuis, il a conservé l’appui d’une part importante de la population et une légitimité comme mouvement de résistance, notamment en combattant Israël lors de la« Guerre de Gaza » en décembre et janvier.

·       La participation du Hamas est indispensable, puisqu’il est une des parties du conflit. Négocier une paix sans une des parties en conflit est plus qu’illusoire, c’est tout simplement stupide.

Négocier avec le Hamas

Israël, et la communauté internationale s’est jusqu’à aujourd’hui aligné sur ce point de vue, s’est toujours opposé à des négociations directes avec le Hamas, au motif que celui-ci ne reconnaît pas Israël et proclame dans sa charte la volonté de détruire Israël.

Ce point de vue est à mes yeux aujourd’hui dépassé. En effet, tant Jimmy Carter, ancien président des USA à l’automne dernier que Jean-François Poncet vice-président UMP de la commission des affaires étrangères du Sénat il y’a quelques jours se sont entretenu avec Khaled Mechaal, dirigeant en exil du Hamas. A tous deux, le chef du Hamas a déclaré que son mouvement était prêt à reconnaître Israël, à rendre caduc l’article de sa charte en proclamant la destruction, dans le cadre d’un accord de paix global sur les bases énoncées plus haut.

C’est pourquoi, il faut aujourd’hui dialoguer avec le Hamas, sans préalable. D’abord parce que tous les occidentaux qui l’ont fait ont rencontré une organisation prête à négocier la paix. Ensuite, parce que c’est un acteur incontournable.

Discuter avec le Hamas, cela implique de lever le préalable de la reconnaissance par le Hamas de l’état d’Israël : le Hamas ne reconnaît pas officiellement Israël, mais dans les faits n’a pas les moyens de l’empêcher d’exister. Israël reconnaît formellement le droit à exister d’un Etat palestinien, mais dans les faits, l’empêche d’exister en poursuivant la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, le blocus à Gaza. Cette asymétrie rend l’idée de demander tout geste unilatéral du Hamas illusoire.

On ne peut demander au Hamas de reconnaître en préalable l’état d’Israël, sans demander symétriquement à Israël de lever tous les obstacles à la création d’un état palestinien. Bref, demander tous ces préalables, revient à demander à ce que chacun s’accorde sur les résultats de la négociation, en préalable au commencement des négociations. C’est là encore plus qu’illusoire, c’est stupide. A moins que ce ne soit volontaire, pour que les vrais négociations n’aient jamais lieux.

Si le Hamas accepte de négocier, d’avoir Israël pour interlocuteur, c’est par définition qu’il reconnaît son interlocuteur et qu’il est prêt à la paix avec lui, à certaines conditions. Israël et la communauté internationale doivent savoir s’en contenter.

Les déclarations de Khaled Mechaal indiquant que son mouvement est prêt à des négociations directes avec Israël sont une main tendue à Israël, un premier pas vers la reconnaissance. Une main tendue qu’Israël doit savoir prendre, sous peine d’être seule responsable de la poursuite de ce conflit.

Terrorisme et crimes de guerre

J’ai pris soins, dans tout cet article d’éviter de prononcer le mot « terrorisme », et c’est volontaire.

Oui, le Hamas est un mouvement terroriste. Mais le Fatah le fut aussi en son temps. Yasser Arafat fut un terroriste, qui a su poser les armes et mériter un Prix Nobel de la Paix. Le Hamas peut prendre le même chemin, il semble y être prêt en tout cas.

Par ailleurs, si on doit parler du terrorisme du Hamas, il faut parler également des crimes de guerre de Tsahal, de ceux commis lors de la « Guerre de Gaza » et de ceux commis pendant 60 ans d’occupation. Et alors, aucune des parties ne méritent qu’on s’adresse à elle. Que faut-il faire alors ? Ne parler avec personne et laisser la guerre continuer encore soixante années ? Bien sûr que nous. Il faut œuvrer pour que les terroristes du Hamas s’asseyent à la même table que les criminels de guerre de Tsahal pour parler de paix. Enoncer comme ça, ça parait illusoire, ça sera difficile.

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commentaires

samia lamine 31/07/2010 02:43



Je ne partage pas ton avis sur l'emploi du mot terrorisme. HAMAS ET FATH AUPARAVANT SONT DES MOUVEMENTS DE RESISTANCE ET DE LIBERATION NATIONALE. Que dire du terrorisme d'état organisé des
siniste occuppant la Palestine? Que dire du déséquilibre au niveau des moyens militaires?


La flotille Liberté a agi pacifiquement n'empêche qu'elle était attaqué! De qui est le terroriste? les enfants de la pierre ou le tsahal?



Laurent MELY 13/10/2010 20:52



Oui, le Hamas et le Fatah sont, ou ont été, des mouvements de libération nationale. Mais la  fin justifie-t-elle tous les moyens ?


 Si oui, alors Israël est légitime à imposer un blocus à Gaza, à tirer des bombes au phosphore sur des hôpitaux.


Si non, alors les attentats à l’explosif dans des boîtes de nuit à Tel Aviv par des kamikazes ne le sont pas plus. Et cela, le Hamas l’a fait et l’a revendiqué en son temps, c’est ce qui lui a
valu d’être considéré comme un mouvement terroriste, a juste titre me semble-t-il.


 Mais surtout, à mes yeux, il n’y a qu’une différence technique entre un crime de guerre et un acte de terrorisme : l’un est réalisé par une armée régulière, l’autre par des
civils. En tant que guérilla, le Hamas se situe à la frontière des deux. Mais l’intention reste la même, on joue sur les mots.


 Donc oui, hier par les attentats à l’explosif auquel il a désormais renoncé, aujourd’hui par les tirs de roquettes Quassam auquel il n’a pas renoncé, le Hamas reste un mouvement
« terroriste » ou « coupable de crime de guerre », ne jouons pas sur les mots.


 Sur ce plan là, il est au même niveau que Tsahal. La seule différence, c’est le nombre des morts de part et d’autres, comptage macabre qui ne change pas l’intention, ni la qualification.


 Donc, il ne me paraît pas choquant de demander aux « criminels de guerre » de Tsahal  de dialoguer avec les « terroristes du Hamas ». On ne peut pas
retirer la qualification à l’un sans la retirer à l’autre.


Mais j’aurais pu tout aussi bien écrire « criminel de guerre du Hamas » et « criminel de guerre de Tsahal », cela revient au même.


 Et cela ne change pas le fond de mon article : le Hamas doit être un interlocuteur dans les négociations de paix.