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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 23:23

Melenchon.jpgJean-Luc Mélenchon a décidé de se déclarer candidat à Hénin-Beaumont, circonscription où Marine Le Pen veut tenter de se faire élire députée. C’est un excellent choix, pour que l’ex « candidat commun » à la présidentielle continue à porter les couleurs du Front de Gauche à un niveau national.

On peut déjà se féliciter que Jean-Luc Mélenchon ait choisit de ne pas se faire « parachuter » dans une circonscription plus facilement gagnable sur la droite. Les critiques n’auraient pas manquées de pleuvoir sur celui qui aurait fait tout cela pour un siège de député. Tel ne sera pas le cas. 

Pour Jean-Luc Mélenchon, les jeux sont très loin d’être fait à Hénin-Beaumont. Il suffit de rappeler quelques résultats électoraux récents :
Au 1er tour de la présidentielle, Marine Le Pen arrivait en tête avec 35.48% des suffrages, devant François Hollande ( 26.82 %) Nicolas Sarkozy ( 15.76 %) ; Jean-Luc Mélenchon n’y arrivait qu’à la 4ème place ( 11.98 % ).
Aux élections législatives de 2007, le PS arrivait en tête du 1er tour avec 28.24%, devant Marine Le Pen 24.47 %. Au 2d tour de 2007, le député PS a été élu avec 58.34 % des voix, devant Marine Le Pen a 41.65 %.
Le duel annoncé avant l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon était un duel PS / FN, entre un député prenant la suite d'un sortant confortablement élu aux dernières élections et un FN fortement implanté et en pleine progression.
Jean-Luc Mélenchon arrive donc en terrain loin d’être conquis. Nul ne pourra lui reprocher d’avoir choisi la facilité.

Le Front de Gauche souhaitait pour Jean-Luc Mélenchon une circonscription qui illustre trois aspects essentiels du Front de Gauche :

* Une terre ouvrière et industriel victime de la désindustrialisation,
* Une circonscription où le PS apparait à bout de souffle,
* Un lieu emblématique du combat contre le FN.

Force est de constater que l'ancien bassin minier, où le PS est aux prises à de multiples affaires et terre de prédilection de Marine Le Pen répond parfaitement à ces trois criètes. 

Jean-Luc Mélenchon a ainsi choisit d’illustrer personnellement le combat pour empêcher le Front National d’entrée à l’Assemblée Nationale en tentant de faire trébucher sa médiatique présidente.
Deux forces politiques majeures, le Front de Gauche  et le Front National, se revendiquent d’une rupture avec le « système ». Et les deux accusent le rival d’être le « chien de garde du système ».  Au lendemain du 1er tour, Marine Le Pen a ainsi repeint l’appel du Front de Gauche à battre Nicolas Sarkozy en ralliement à François Hollande, préfigurant une chasse au marocain ministériel. Il n’en est rien, « on laisse » avait dit Jean-Luc Mélenchon, parlant du programme présidentiel de François Hollande « à prendre ou à laisser » ; et je doute fort qu’il y’ait des ministres issus du Front de Gauche dans le gouvernement Hollande qui sera annoncé ce mercredi.
Mais en venant combattre directement Marine Le Pen sur une circonscription où il a fort peu de chance de gagner un siège molletonnée au Palais Bourbon sur le candidat sortant socialiste , avec pour principal objectif de faire trébucher la tentative de conquête de Marine Le Pen ; Jean-Luc Mélenchon et derrière lui le Front de Gauche viennent de prouver qu’ils privilégient le combat des idées, la lutte contre le Front National à la lutte des places.

Par ailleurs, on peut imaginer que les médias avaient prévus de suivre à la loupe la campagne de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. En venant également à Hénin-Beaumont Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche réalisent un beau coup médiatique. Nul doute que les médias auront à cœur de mettre en scène le combat « Front contre Front » privant ainsi Marine Le Pen d’une belle occasion d’occuper seule la scène médiatique.

A ce titre, il serait catastrophique que le candidat PS se retire au profit de Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci ne le demande d'ailleurs pas et le PS ne semble pas le souhaiter. Comment Jean-Luc Mélenchon pourrait incarner l'esprit de résistance du Front de Gauche à l'assemblée nationale si c'était le PS qui lui avait ouvert les portes du Palais Bourbon en ne présentant pas de candidats ?

Le choix n'est pas cependant exempt de critique. La première est que Jean-Luc Mélenchon court un véritable risque de défaite, tout autant face à Marine Le Pen que face au candidat du PS. Une défaite pourrait écorner son image. Néanmoins, elle l'écornera sans doute moins qu'une "victoire sans gloire" dans une circonscription acquise.

Si je ne devais faire qu'une critique, c'est de donner l'impression de vouloir jouer la finale des perdants de l'élection présidentielle. Le Front de Gauche a fait campagne contre la personification de la politique, qui culmine avec les élections présidentielles "rencontre d'un homme et d'un peuple".
Le duel de deux ex candidats à la présidentielles pour une circonscription va hélas exactement dans ce sens de personnification, si hostile à la VIème république chère au Front de Gauche.

Mais, il me semble que cette critique s'efface devant les nombreux avantages de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont, auquel je souscrit tout à fait. 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 10:06

http://media.melty.fr/media_aggregate-859304-ajust_614/valerie-trierweiler-francois-hollande.jpgNicolas Sarkozy « dégagé » ! Bonne nouvelle pour une majorité de Français qui ont voté contre lui plus que pour François Hollande. Mais pour tous ceux qui rêvent d’une autre politique, qui rompent avec la logique capitaliste, la question se pose : et maintenant ?

 Sur la forme, François Hollande a fait une soirée électorale sans faute.

Attendre les résultats dans son bureau du conseil général de Tulles, fêter d’abord la victoire avec ses électeurs de Corrèze avant de venir à la Bastille – hormis pour le bilan carbonne du jet privé – ça a quand même une autre gueule que le Fouquet’s. Et plutôt que d’aller passer sa dernière semaine avant la passation de pouvoir dans un Yacht privé, il s’attelle à ses dossiers à son ancien QG de campagne.

Son discours lui-même était ce qu’on peut attendre du discours d’un président social-démocrate nouvellement élu. Rassembleur, voulant résorber au plus vite les divisions apparus dans une campagne que son adversaire voulait clivante, quelques rappels aux promesses faîtes durant la campagne sous un terme lyrique.

Mais sur le fond ?

L’un des premiers actes du président-élu fut de s’entretenir avec Angela Merkel. Pour celui qui veut renégocier le traité du TSCG (Traité sur la Stabilité, la coordination et la gouvernance, instaurant notamment la « règle d’or » d’austérité budgétaire) la méthode en dit long.

Rappelons d’abord que si François Hollande souhaite renégocier le traité pour y ajouter un volet de croissance, il n’a jamais été question d’y retrancher le volet austérité. Mais surtout, pour renégocier le traité, il commence par s’entretenir en tête à tête avec la plus influente et la plus réticente. Pour se donner les moyens d’agir, on a fait mieux. Surtout quand dans le même temps, les partis pro-austérités perdent la majorité en Grèce.

On a aussi pu observer la cacophonie autour du cas de François Bayrou. Quelques hiérarques du PS ont émis l’idée de ne présenter personne contre lui aux législatives en remerciement de son soutien aux présidentielles, avant d’être désavoués par Martine Aubry. Mais on sent bien que la vieille tentation d’une alliance avec le centre demeure forte au PS, d’autant plus maintenant que le Modem a franchit le rubicond en appelant à battre Nicolas Sarkozy.


Bref, au-delà des symboles, fort bien réussit, les premiers gestes de François Hollande confirment l’impression d’avant 2d tour. Pas de grand « changement » à en attendre.

Pour une véritable alternative, il faudra des députés à l’assemblée autrement plus pugnaces et revendicatifs que le nouveau président. Ce seront les députés du Front de Gauche, qu’il faudra élire en nombre.

Et surtout, il faudra un peuple toujours aussi pugnace et revendicatif dans la rue qu’il a pu l’être lors des réformes anti-sociales du gouvernement Sarkozy  pour cette foi, arriver à infléchir le nouveau gouvernement socialiste.

Pour le peuple de gauche, ça veut dire qu’il va falloir se retrousser les manches pour être présent dans les urnes et dans les syndicats pour faire bouger les lignes. Un programme chargé, maintenant.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:09

http://i.huffpost.com/gen/577414/thumbs/s-ABSTENTION-large.jpgMilitant communiste et du Front de Gauche, j’avais publié un billet avant le 1er tour où je déclarais ne pas vouloir voter François Hollande au 2ème tour. Au vu des résultats, et notamment celui de Marine Le Pen, on me presse de revenir sur ma décision. Mais est-ce réellement le bon choix ?

 

Oui, la réélection de Nicolas Sarkozy entraînerait une nouvelle et terrible dégradation de l’état de la France. Encore plus aujourd’hui où il se lance dans une chasse effrénée aux électeurs du Front National.

Mais aujourd’hui, voter François Hollande ne serait pas un vote d’adhésion. Ce serait un vote par défaut, pour repousser le pire. Pourquoi pas ? Parcequ’à terme, toujours voter par défaut, sans adhésion, c’est ce qui entraîne l’abstention, c’est ce qui fait le lit du Front National.

En votant Hollande aujourd’hui, j’aurais l’impression de faire le marchepied à Marine Le Pen pour 2017. Choix cornellien…

Oui, l’élection de François Hollande amènerait un léger mieux aux classes moyennes, quelques avancées sociétales. Mais - et c’est tout le cœur du problème -  pour toutes celles et ceux qui aujourd’hui ont la tête sous l’eau, sont au chômage en fin de droit, touchent des pensions au minimum vieillesse, ne sont pas partis en vacances depuis des années, pour qui les fins de mois difficile, ça commence le 15 du mois… Ce n’est pas l’augmentation du SMIC de la moitié de la croissance et le « sens » à la rigueur qui vont leur faire sortir la tête de l’eau. Leur vie ne changera pas, ou si imperceptiblement avec François Hollande président.

Alors, quand ils auront vu que l’UMP c’est la dégradation de leur qualité de vie et que le PS c’est le statut quo, ils en concluront que l’UMP fait le sale travail, le PS l’entérine. Alors,  lorsque le Front National viendra leur dire « à bas le système UMPS », ils applaudiront des deux mains et remettront un bulletin Marine Le Pen dans l’urne.

Aujourd’hui, deux forces politiques majeure se déclarent « anti-système » le Front National et le Front de Gauche. Et ces deux forces politiques disent que c’est l’autre le « chien de garde utile du système ».La question est : comment persuader les actuels électeurs du Front National que c’est bien le Front de Gauche et pas le Front National qui peut porter les espoirs de changement de société qui leur permettront de voir leurs vies s’améliorer ? Comment leur faire comprendre que c’est bien le FN qui est le « chien de garde du système » ?

Le Front de Gauche a appelé à battre la droite au 2ème tour. Sans doute fallait-il le faire. Je ne dirais pas – comme le fait le FN – que PS et UMP c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ». Mais quand même.

Le FN ne choisira pas entre le PS et l’UMP. Il n’aura pas fallu une heure après les résultats pour que le Front de Gauche appelle à mettre un bulletin Hollande dans l’urne.

Depuis, le Front de Gauche appelle à des accords aux législatives là où le FN pourrait se maintenir, soit dans environs 20% des circonscriptions. Ce qui reviendrait à dire qu’il y’aurait des candidats Front de Gauche aux législatives soutenus par le PS dès le 1er tour ; et des candidats PS soutenus par le Front de Gauche dès le 1er tour.

Si l’assemblée passe à gauche, comment pourrions nous critiquer les choix politiques de députés PS que le Front de Gauche aura soutenu au 1er tour et contre qui il aura refusé de présenter des candidats. A l’inverse, comment devront voter des députés Front de Gauche, élus grâce à un accord avec le PS, lorsque PS et Front de Gauche seront en désaccord ?

Enfin, au PCF, le débat semble toujours ouvert dans les instances de directions sur une possible participation à un gouvernement socialiste quand bien même la base le refuse totalement.

Tout cela brouille le message. Comment apparaître effectivement comme un candidat de rupture avec le système capitaliste dans ces conditions ?

Alors oui, sans doute faut-il « battre la droite ». Mais attention aux mots que nous employons, à la façon de le faire.

 Le Front de Gauche ne doit pas se rallier au programme de Hollande « à prendre ou à laisser ». « On laisse » avait dit Jean-Luc Mélenchon. Il ne devra pas y’avoir de ministre du Front de Gauche dans un éventuel gouvernement Hollande. Les députés du Front de Gauche devront avoir toute leur liberté de vote contre l’austérité promise par le PS et pour tenter proposer à l’assemblée nationale tout ou partie des réformes que le Front de Gauche aura porté aux présidentielles et aux législatives.

Le Front de Gauche doit le faire, car quand Hollande aura déçu, le Front de Gauche devra être en position de dire : « non, cette social-démocratie n’était pas la vraie gauche. Elle n’était qu’une tentative  - promise à l’échec – de donner un visage humain au système capitaliste. Nous, nous portons une alternative au système capitaliste. A tous ceux qui veulent rompre avec ce « système », nous disons que le Front National n’est pas la solution. Car le système a un nom. Et ce nom n’est pas « UMPS », il est « capitaliste ». Et pour le renverser, il faut rompre avec le capitalisme ».

Mais pour ça, il faut que nous même ayons pris nos distance avec ce système capitaliste, qu’il soit de gauche ou de droite. Et pour ça, oui, on appelle à battre la droite. Quant à faire gagner la gauche social-démocrate, c’est son affaire. C’est au PS, pas au Front de Gauche de convaincre les électeurs du Front de Gauche du 1er tour de voter social-démocrate.

Nicolas Sarkozy veut faire des propositions aux électeurs du Front National pour gagner leur voix ? Que François Hollande fasse des propositions aux électeurs du Front de Gauche pour gagner la mienne ! A ce jour, veille de la clôture de la campagne, ce n’est toujours pas fait.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 09:12

http://s.tf1.fr/mmdia/i/07/7/marine-le-pen-et-jean-luc-melenchon-le-5-fevrier-2012-sur-parole-10657077tusit_2050.jpg?v=1A tous ceux qui voudraient voter Mélenchon, mais envisagent de voter Hollande par peur de Le Pen au second tour.

Les « courbes se croisent » entre Sarkozy et Hollande, tandis que Mélenchon est donné à plus de 10%, peut-être même « 3ème homme ».. Et depuis, les appels aux « vote utile » redoublent. Pourtant, non, le vote utile n’est pas de voter Hollande au 1er tour.

Le FN ne doit pas être la 2ème force politique du pays au soir du 1er tour. Mais surtout, il faut qu’il cesse de peser sur le débat, en 2012 mais aussi en 2017, en 2022… 10 ans déjà depuis le 21 avril 2002. La peur du 21 avril, ça suffit !

Voter Hollande, permettra seulement provisoirement de repousser un peu la menace du FN. Mais le vote Hollande, comme je l’explique plus bas, ne résout rien sur le fond. Et en 2017 on reparlera encore du « vote utile », avec toujours la même peur du FN qui pollue le débat.

La campagne du Front de Gauche combat efficacement et durablement le FN. Elle décrédibilise le FN, lui retire des électeurs perdus qui retrouvent le chemin de la solidarité. En mettant au premier plan de la campagne des valeurs opposés au FN, elle contribue à l’affaiblir durablement.

Jean-Luc Mélenchon en 3ème homme, les valeurs de fraternités de la gauche anticapitaliste devant celle de repli sur soi de l’extrême droite au soir du 1er tour et je serais plus fier d’être français que je ne l’étais un certain 21 avril 2002.

Contre le FN, il faut une vrai politique de gauche

Jospin a imputé son échec de 2002 à la multiplicité des candidatures de gauche et notamment au bon score de Chevènement. C’est faux. L’échec de Jospin, ce fut son incapacité à rassembler sur son nom, sur son bilan et sur son programme plus de 16% des électeurs au 1er tour.

Jospin n’avait pas un programme réellement à gauche. « Mon programme n’est pas socialiste » disait-il. Et comme en échos, Hollande dit désormais à la City : « I’m not dangerous ». Ainsi, Hollande garderait un certain nombre de mesure du gouvernement Sarkozy ( traîté sur l’UE, retraite à 60 … d’autres cf. cet article du monde ). Le pire est atteint quand certains de ses lieutenants appellent à s’allier avec le centre de F. Bayrou. Même cause, il ne faudrait pas qu’elles aient les mêmes effets.

Cette politique de centre gauche du PS accrédite la thèse du FN d’un système « UMPS ». Elle détourne tous ceux qui veulent un vrai changement dans leur vie, dans leur société de la gauche socialiste.

Le programme du Front de Gauche lui, est un véritable vote de rupture avec le système actuel. Aux électeurs tentés par le vote FN, le Front de Gauche répond : « Vous voulez changer de système ? D’accord. Mais par quoi le remplacer ? Le repli sur soi et la peur de l’immigré ? Ou bien la solidarité des salariés et la redistribution des richesses du pays accaparés par une élite ». En mettant au cœur de son projet la convocation d’une assemblée constituante, la refondation du pacte républicain autour d’une VIème république, le Front de Gauche pose les termes du débat qui permettent de faire durablement reculer le FN.

Mélenchon, 3ème homme ?

Bien que défiant envers les sondages, cet article serait incomplet s’il ne prenait pas en compte le sondage annonçant Mélenchon devant Le Pen.

Tout d’abord, pour autant qu’on puisse faire confiance aux sondages, la progression de Mélenchon, la baisse de Le Pen au point que la gauche anticapitaliste soit devant l’extrême droite accrédite ma thèse. La campagne du Front de Gauche a fait reculer le FN. Et comme Hollande reste quasi stable, on peut supposer que c’est en grande partie parce que le Front de Gauche a su capter des abstentionnistes voir des électeurs tentés par le FN qui ont retrouvé le chemin de la raison.

Mais également, cela donne une autre dimension au vote « utile » pour Mélenchon. Voter Hollande, c’est prendre une assurance pour que Le Pen termine en 3ème position et ne soit pas au 2ème tour en 2012. Voter Mélenchon, c’est prendre parti pour que Le Pen termine en 4ème position, derrière la gauche anticapitaliste. Et c’est contribuer à débarrasser définitivement notre pays de l’épouvantail du FN qui pollue le débat démocratique.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 23:04

 http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT5bc7BWWXxF2sAdxkcl3nGu5Dpr2cPdxRWfmiPnQP7nX-NlAVklALe débat sur les candidatures du Front de Gauche pour les élections présidentielles de 2012 est officiellement engagé au sein du PCF depuis le Conseil National du 8-9 Novembre. Pour ma part, je soutiens l’idée d’une candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et de candidatures majoritairement communistes aux élections législatives.

Tout d’abord, l’accord global présidentielle-législative me semble un bon accord. En donnant un rôle à chacune des deux principales forces du Front de Gauche, le respect des deux organisations est garanti et le PCF me semble être à sa place. A mes yeux, la force du PCF tient dans son ancrage local, son travail militant de terrain, ses élus locaux : ce qui fait une bonne élection législative en somme. A l’inverse, on peut penser que la forte médiatisation de Jean-Luc Mélenchon est un atout pour le Front de Gauche dans une campagne nationale telle que l’élection présidentielle.

Mais au-delà de l’aspect tactique de l’accord, le choix du candidat à l’élection présidentielle est bien évidemment un choix de conception de ce que doit être le Front de Gauche. Comme je l’ai déjà détaillé dans un ancien billet (lire ici), il y a pour moi une ligne de partage nette entre la sociale-démocratie et la gauche anticapitaliste.

Or, André Chassaigne fait partie de ceux au PCF qui ne partagent pas cette conception. Pour André Chasaigne, le rôle du PCF et du Front de Gauche est d’ancrer à gauche la sociale-démocratie et notamment le PS. André Chassaigne est ainsi favorable à une participation des communistes à un éventuel gouvernement socialiste. Personnellement, la gauche plurielle m’a laissé un mauvais souvenir dont je ne souhaite pas rééditer l’expérience ((lire ici).

Jean-Luc Mélenchon est sur une position de rupture claire avec la sociale-démocratie, il n’hésite pas à critiquer le PS, il a indiqué clairement qu’il ne souhaitait pas rejoindre un gouvernement socialiste. Il est même allé jusqu’à dire qu’il n’appellerait vraisemblablement pas à voter DSK au 2ème tour s’il venait à être le candidat socialiste. Je partage cette ligne politique.

Bien sûr, nul n’est parfait. On peut regretter l’emportement que Jean-Luc Mélenchon a eu parfois dans certains médias. On peut désapprouver certaines de ses positions à l’international (pour ma part, je suis d’accord avec lui sur son soutien à l’intervention en Lybie, je suis mal à l’aise lorsqu’il semble prendre la défense de Gbagbo, je m’interroge sur a position pro-chinoise au Tibet…). A l’inverse, je partage son grand intérêt pour les révolutions en Amérique Latine. Mais tout cela, ce sont des points relativement mineurs, dont on ne saurait en bonne conscience, faire un point de blocage. Ou alors, tout serait blocage, comme les divergences entre le PCF et le PG sur le nucléaire, par exemple. Mais même au sein du PCF, sommes-nous tous d’accord sur ce sujet ? Faut-il dissoudre le PCF ou le Front de Gauche sur ce seul point ?

Alors oui, pour une raison de fond, de conception de ce que devrait être pour moi le Front de Gauche et le PCF, je soutiens la candidature de Jean-Luc Mélenchon et ce, au-delà des différends qui pourraient jouer en faveur de l’un ou de l’autre des candidats à la candidature au sein du Front de Gauche

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Published by Laurent MELY - dans Elections présidentielle
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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 22:04

            Au soir du 22 avril, de nombreux commentateurs et hommes politiques pronostiquaient la mort du parti communiste. Le 10 juin, les sondeurs donnaient entre 6 et 15 députés au parti communiste et ne croyaient plus guère à la possibilité d’un groupe communiste.

 

             Il y’aura pourtant 18 communistes à l’assemblée nationale, dont 2 issus des partis communistes des DOM-TOM, indépendants du PCF, 19 même si on compte le dissident Maxime Gremetz. Et selon toute probabilité, d’autres députés « divers gauche » rejoindront le groupe communiste et républicain, comme ils l’ont déjà fait lors de la législature précédente. Il y’aura donc un groupe communiste à l’assemblée nationale, qui pourra faire entendre sa voix et inscrire des propositions de lois à l’ordre du jour. Même non élus à l’assemblée nationale, de nombreux élus locaux ont pu voir confirmer, au travers de leurs scores, leur implantation et leur popularité locale Accessoirement, les finances du parti ne s’en porteront pas plus mal. La mort du Parti Communiste, ce sera pour une autre fois.

 

             Dans les jours qui viennent, de nombreuses voix vont s’élever pour demander plus de proportionnelles à l’Assemblée Nationale. Un parti politique comme le Modem, voir même le FN, bien que j’en combatte les idées, rassemble suffisamment de suffrages pour qu’il soit anormal qu’il n’ait pas les possibilités ouvertes par un groupe parlementaire.

            Pour autant, si au niveau national le Parti Communiste a fait un mauvais score, la plupart des députés communistes sortant se sont fait reconduire dans leurs fonctions, souvent avec une large majorité, y compris lorsque des candidats du PS leurs étaient opposés.

Les électeurs ont renouvelé à la majorité absolue dans 19 circonscriptions leur confiance dans la politique menée à l’assemblée nationale par les députés communistes et ont renouvelé leur adhésion aux valeurs que ces députés prônent et mettent en œuvres dans leurs mandats locaux. Cette réalité, la capacité à susciter l’adhésion d’une majorité absolue d’électeurs dans une commune, une circonscription, doit également être représenté à l’Assemblée Nationale, et il est légitime que le parti communiste y aie un groupe.

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 11:01

Pour le PCF, la campagne des législatives a officiellement commencé hier dans la deuxième circonscription du Val de Marne, (Créteil, Choisy le Roi, Orly). L'assemblée générale de circonscription a rassemblé une cinquantaine de participants dont Nadine Luc et Jean Jacques Porcheron, candidats aux législatives, mais aussi Daniel Davisse, maire de Choisy le Roi et Hélène Luc, sénatrice.

Un débat vif et enthousiaste a animé la salle durant les deux heures de la réunion. Au delà des aspects logistiques de l'organisation de la campagne, chacun a voulu revenir sur les grands thèmes que cette campagne doit aborder :

 Dans la circonscription, la gauche est nettement majoritaire. Plus de 60% des voix pour Ségolène Royal à Orly, 57% à Choisy le Roi, un peu plus de 50% à Créteil au second tour. Et ce malgré un net retard au premier tour si on compte les voix de F. Bayrou à droite.  A titre de comparaison, en 1995 lors de l'élection de Jacques Chirac, la gauche était minoritaire dans la circonscription. En 2002, le PCF n'avait obtenu que 8% des voix à l'élection présidentielle et prêt de 20% aux législatives un mois après. Alors oui, la gauche peut confirmer sa victoire dans la circonscription et le PCF a toute légitimité pour y présenter une candidature qui marquera la campagne locale de sa présence et des thèmes qu'il abordera.

 Au delà, si l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République est un coup dur pour tous les électeurs de gauche, rien n'est définitivement joué. Plus la gauche sera présente et forte à l'Assemblée Nationale, plus elle pourra s'opposer efficacement aux projets du futur président. A ce titre, la présence d'un grouppe communiste sera une arme utile : un groupe à l'assemblée nationale, c'est notamment la possibilité de déposer des propositions de lois.
 Mais surtout, l'élection législative est un tout autre scrutin que l'élection présidentielle et rien n'y est joué. Il faut se battre, dans l'idée non pas de "limiter la casse", mais avec l'espoir de gagner la partie et d'installer une majorité de gauche à l'assemblée nationale qui puisse non seulement faire barrage à Nicolas Sarkozy mais même imposer sa propre politique et ses propres réformes durant les cinq années de la législature.

 Mais une élection législative, c'est aussi une élection locale. L'engagement d'un député pour sa circonscription est primordial et, à ce titre, les luttes actuelles du PCF au niveau local ont été rappelé : maintien des bureaux de postes menacés de fermeture duratn l'été, maintien des CPAM également menacées de fermeture, sauvegarde des hopitaux de Créteil menacés par la réduction de postes. Et encore et toujours la plateforme aéroportuaire d'Orly et ses nombreuses nuisances.

 Alors hier soir, les communistes se sont séparés pleins d'ardeurs pour la nouvelle bataille à mener, en direction des marchés où dès aujourd'hui, la campagne de proximité commence. Mais la toile sera aussi un lieu de cette campagne locale, avec l'ouverture d'un blog : http://nadine-luc.jj-porcheron.over-blog.fr/

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 10:46

Ici ou là, certains parlent d'un "troisième tour" social et dans la rue. Bien que militant communiste et anticapitaliste, je ne soutiens pas ce point de vue. N. Sarkozy a été élu à une majorité absolue des voix et sa légitimité ne peut être remise en doute.

 Il sera donc le prochain locataire de l'Elysée, et ce jusqu'en 2012. Néanmoins, hormis un certain "domaine réservé", en France, c'est le Premier Ministre qui conduit l'action du gouvernement. Ce sera donc au Premier Ministre de mettre en oeuvre son programme politique. Le 18 mai, Nicolas Sarkozy nommera selon toute vraissemblance François Fillon pour appliquer le programme électoral de Nicolas Sarkozy.

 Mais si le bail de Nicolas Sarkozy a l'Elysée ne saurait être remis en question d'ici à 2012, celui de François Fillon à Matignon pourrait bien connaître quant à lui une fin prématurée le 17 juin 2007, et l'action du gouvernement qu'il devait mener avec lui.

 Les institutions de la Vème république, telles que nous les a légués J. Chirac nous offre en effet non pas un troisième tour de l'élection présidentielle, mais un second scrutin national dont l'enjeu est loin de n'être qu"un "contre pouvoir" à celui du président. L'Assemblée Nationale promulgue les lois et peut contraindre le gouvernement à la démission. Le premier ministre en France doit avoir l'appuis de l'Assemblée Nationale pour gouverner et mener sa politique.

Il est donc faux de dire que la politique qui sera mise en oeuvre durant les 5 prochaînes années a été décidée le 06 mai. La logique des institutions veut que cette politique soit décidée le 17 juin au soir, et qu'elle soit celle du parti ayant la majorité à l'Assemblée Nationale. 

 Les élections législatives ne sont pas le "troisième tour" de l'élection présidentielle. Bien au contraire, c'est l'élection présidentielle qui n'était "qu'un tour de chauffe". La vrai bataille commence maintenant. Celui qui rassemblera la majorité des électeurs dans un mois, celui là pourra vraiment décider de la politque à mener durant les cinq prochaînes années !

Alors, le 10 et le 17 juin, tous aux urnes pour mener une majorité de gauche, franchement de gauche et qui transforme la vie des gens !

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 20:33

            Ce ne sont bien sûrs que des gestes purement symboliques, néanmoins je rejoins ceux qui sont troublés par certains des premiers et symboliques gestes du nouveau chef de l’état.

 

             En chemin pour la place de la Concorde où l’attendait ses partisans pour fêter sa victoire, Nicolas Sarkozy s’est arrêté au Fouquet’s. D’après l’édition du Canard Enchaîné de ce jour, il semblerait que ce soit pour y fêter son élection en compagnie d’intimes, appartenant tous au monde de la haute finance, comme Martin Bouygues (TF1, Bouygues Telecom, Bouygues Travaux Publics, Astom etc///), Vincent Bolloré (Havas, Institut de sondage CSA, Direct TV, journaux gratuits), Alain Minc (président du conseil de surveillance du Monde)

            Nicolas Sarkozy a préféré fêter sa victoire en premier lieu avec les grands capitaines de l’industrie française dans l’un des plus chics restaurants parisien et en second lieu seulement avec le peuple, place de la Concorde.

 

             On se souvient encore de Nicolas Sarkozy en visite dans une usine tandis que Ségolène Royal et François Bayrou débattait dans un grand hôtel parisien. « Mon hôtel, c’est ici » déclarait l’alors candidat. L’hôtel du nouveau président de la république, c’est la suite présidentielle du Fouquet’s, à 8 500 € la nuit, offerte il est vrai par le patron dudit hôtel….

 

             Puis Nicolas Sarkozy s’est envolé en Falcon privé (25 000 € de l’heure selon le canard enchaîné) pour l’île de Malte, ou il a embarqué à bord d’un yatch privé (180 000 € la semaine, toujours selon le Canard Enchaîné), l’addition étant à chaque fois payé par l’homme d’affaire Vincent Bolloré. Certes, cela n’a pas coûté un centime à la République, néanmoins, pour celui qui parlait d’humilité et de réduire le train de vie de l’état, ces gestes sont symboliques.

 

             Elu depuis moins d’une semaine, Nicolas Sarkozy a donc bénéficié de plus de 100 000 € d’avantages en nature offert par les grands capitaines de l’industrie. Mais de tels cadeaux peuvent-ils être gratuits  ? Ne demanderont-ils pas un jour un certain renvoi d’ascenseur  ? Accepter de tels cadeaux est-il déontologiquement acceptable pour le président de la république, garant de l’impartialité de l’état  ?

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 23:32

Ainsi donc, notre nouveau président assumera le mandat que lui aurait donné le peuple. Elu a plus de 53% des voix, plus de 50% même en tenant comtpe des votes blancs et nuls, avec une participation record, la légitimé de notre nouveau président semble indéniable.

Pourtant, rappelons qu'au premier tour, seulement 31% des électeurs ont porté leur premier choix sur Nicolas Sarkozy. La majorité dont peut se prévaloir Nicolas Sarkozy inclue également nombre d'électeurs dont le premier choix était le programme de Le Pen, De Villiers, Bayrou. Il existe même des électeurs ayant vôté au premier tour pour les partis de la gauche anticapitaliste qui ont préferé vôté au second tour pour Nicolas Sarkozy plutôt que pour Ségolène Royal.

Dès lors, de quel mandat Nicolas Sarkozy peut-il se prévaloir ? Le mandat du peuple est-il seulement le programme de M. Sarkozy, ou bien faut-il y ajouter quelques chapitres de celui de M. Le Pen, ou bien de celui de M. Bayrou ?

 Et que serait ce mandat si , comme c'est le cas aux législatives et comme le proposait François Bayrou, le code électoral autorisait tous les candidats faisant plus de, par exemple 12.5%, à se maintenir au second tour ? F. Bayrou ne ce serait vraissemblablement pas désisté, et si N. Sarkozy aurait vraissemblablement été élu avec une majorité relative et non absolue des électeurs.

 Les élus du peuple, à l'assemblée nationale, seront eux aussi porteur d'un mandat. En vertu du code électoral actuel, il y'a fort à parier que l'UMP y sera majoritaire et appliquera le mandat du président. Mais si la proportionnelle était appliquée à l'assemblée nationale, sur la base des résultats du premier tour, on pourrait penser qu'il en irait tout autrement.

Ces deux propositions, plus de deux candidats au deuxième tour, proportionnelle intégrale à l'assemblée nationale, ne sont ni plus, ni moins démocratique que notre code électoral actuel. Pourtant, elles changeraient totalement la nature du "mandat" du président de la république et pourraient remettre en question sa légitimité.

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