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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 09:27

Article publié initialiement sur le blog des élus communistes et partenaires de Choisy-le-Roi.

 J’étais les 28 et 29 mars à la 2ème conférence internationale pour le droit au retour des réfugiés palestiniens. Cette conférence était organisée par l’AJPF (Association de Jumelage entre des camps de réfugiés Palestiniens et des villes Françaises) avec le soutien de l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes et Républicains).

La conférence a réuni plus d’une centaine de participants, dont des délégués de camps palestiniens dans et en dehors de la Palestine, des élus de villes jumelées avec des camps palestiniens et des membres d’ONG.

 

Je ressors de cette conférence encore plus convaincu de la nécessité de jumeler Choisy-le-Roi  avec un camp de réfugiés palestiniens. En effet, si je ne devais garder qu’une idée de ces deux jours de débat, ce serait celle-ci : si les dirigeants occidentaux avaient agi conformément à leur déclaration d’intention, le conflit israélo-palestinien serait depuis longtemps résolu :

·       Puissance mandataire, les britanniques n’ont pas respecté leur devoir de garantir la sécurité en Palestine jusqu’au moment de la proclamation des états d’Israël et de Palestine. Ils n’ont pas organisé la partition du pays, créant ainsi les conditions de la guerre civile. Guerre civile qui a éclatée sous le regard passif et parfois complice des soldats britanniques, si bien qu’au jour de leur départ, le conflit était tant engagé qu’Israël était en position de force pour proclamer son indépendance, tandis que le territoire dévolu aux palestiniens était ravagé par la guerre.

·       Israël a été intégré à l’ONU à condition de garantir le respect des frontières de 1947 et le droit au retour des réfugiés. Israël n’a jamais respecté cet engagement et est toujours membre de l’ONU.

·       L’Union Européenne  a signé un accord bilatéral avec Israël, à condition qu’Israël respecte les droits de l’Homme et s’engage activement dans un processus de paix. Malgré les crimes de guerre durant la guerre de Gaza, malgré le gel effectif de tout accord de paix, l’accord bilatéral UE-Israël n’est pas suspendu. Seul son extension est gelée.

 Il s’agit de quelques exemples parmi des dizaines.

 

Alors oui, il faut qu’autant que possible des villes de France se jumellent avec des villes palestiniennes. Ne serait-ce que pour montrer aux palestiniens que si les dirigeants occidentaux ne respectent ni leurs engagements ni la signature qu’ils mettent au bas des traités, il n’en va pas de même des peuples occidentaux. Pour reprendre les mots de Fernand Thuil, co-président de l’AJPF « c’est l’honneur de la France ».

Le droit au retour

 Lors de ces deux jours de débat, il fut dit bien des choses sur le droit au retour. Je tente ici une rapide synthèse des éléments les plus marquants à mes yeux :

L’exil, brèves notions historiques

Les premières implantations juives en Palestine commencent dès le XIXème siècle.

 

Au cours de la première guerre mondiale, dans la « Déclaration de Balfour », le gouvernement britannique s’engage auprès des juifs britanniques à favoriser la création d’un « Foyer Juif » en Palestine qu’il entend conquérir sur l’Empire Ottoman.

 

La charte instituant la Palestine Mandataire sous contrôle britannique donne spécifiquement à l’Agence Juive le droit de se substituer à certains services britanniques, tandis que la population d’origine est qualifiée simplement « d’autre peuple ».

 

De la fin de la 1ère guerre mondiale au début de la 2ème guerre mondiale, aidés par les droits spécifiques accordés à l’Agence Juive, les juifs immigrent en masse et acquièrent des terres. En 1948, il y a en Palestine 600 000 juifs dont 77% n’y sont pas nés et 1 400 000 palestiniens. Les juifs possèdent 6% des terres, dont 12% sont des terres cultivables.

 

Selon le plan de partage de l’ONU, 56% des terres reviennent à l’état d’Israël, 43% à l’état Palestinien, et 1% (Jérusalem) est placé sous contrôle international.

 

A l’issue de la guerre civile et de la première guerre israélo-arabe en 1949, Israël a conquis militairement et annexé 22% supplémentaire de la Palestine mandataire, et en contrôle désormais 77%. La Cisjordanie est occupée par la Jordanie et Gaza placée sous protection de l’Egypte. 60% des Palestiniens sont obligés de fuir leur maison, tandis que 511 villages palestiniens seront entièrement rasés. La première vague de réfugiés (450 000) fuira durant la guerre civile, avant même la proclamation de l’état d’Israël, alors que l’Empire britannique est encore officiellement en charge d’assurer la sécurité.

 

A l’issue de la guerre de 1967, Israël occupe Jérusalem et les 22% restant de la Palestine, ce qui entraîne une nouvelle vague de réfugiés. 500 000 palestiniens prennent à leur tour le chemin de l’exil.

 

Il y a aujourd’hui 4.2 millions de réfugiés palestiniens, dont 1.7 millions en Cisjordanie et à Gaza et seulement 1 million de Palestiniens qui ne sont pas des réfugiés.

Le droit, en terme juridique.

 D’un point de vue juridique, le droit au retour est d’abord fondé sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Dans son article 13, elle dispose que « toute personne a le droit (…) de revenir dans son pays ». Pour les palestiniens, ce droit est existentiel, non négociable. Il est individuel et s’applique à tous, ceux qui sont nés avant l’exil comme ceux qui sont nés en exil. Il s’agit d’un droit à revenir dans les territoires Palestiniens, mais aussi dans leur village d’origine désormais en Israël.

 

Le droit au retour spécifique des palestiniens a été affirmé par l’ONU notamment dans la résolution n°194 du 11 décembre 1948, soit au lendemain de la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. Cette résolution déclare : « il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent, de rentrer dans leur foyer le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leur foyer et pour tout bien perdu ou endommagé (…) » Ce droit au retour a été réaffirmé dans plus de 100 résolutions de l’ONU et qualifié à maintes reprises d’inaliénable.

 

Israël a indirectement reconnu le droit au retour des réfugiés palestiniens, notamment en l’acceptant comme condition de son adhésion à l’ONU et en signant la IVème convention de Genève, laquelle interdit les déplacements forcés de population. Pourtant, Israël n’a jamais respecté sa signature. Tous les gouvernements israéliens depuis lors refusent de reconnaître ce droit au retour.

Le droit au retour, en dehors de la Palestine,

L’un des drames du conflit israélo-palestinien, c’est le « deux poids, deux mesures » dont sont victimes les palestiniens.

 

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, les juifs déportés bénéficièrent du « droit au retour ». Ils purent réintégrer leur maison accaparée par d’autres.  Même les locataires purent ainsi réintégrer les logements qu’ils occupaient avant la déportation. Les locataires actuels furent expulsés. Et aujourd’hui encore, sans prescription, les biens juifs spoliés sont rendus à leur propriétaire. Même quelqu’un ayant acheté un bien de bonne foi devra le rendre sans contrepartie s’il s’avère, 60 ans après les faits, qu’il s’agit d’un bien volé lors de la 2ème guerre mondiale.

 

En 1991, sur mandat de l’ONU, l’OTAN utilisa la force pour garantir le droit au retour des réfugiés kosovars. Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire général des Nations Unis dénonça à l’époque ce « deux poids, deux mesures » entre les kosovars et les palestiniens.

 

Au Kosovo ou en Bosnie, des mécanismes garantissant le droit au retour ont été mis en place, et peuvent servir de modèle pour un droit au retour des réfugiés palestiniens.

Le Jumelage

 Plusieurs maires sont intervenus pour échanger sur leur jumelage avec des camps palestiniens. Je cite ici quelques idées fortes :

 

Pour tous, le jumelage est d’abord un acte politique. Il s’agit bien sûr d’affirmer le soutien des populations des villes concernées aux palestiniens. Mais de manière toute aussi importante, il s’agit également d’affirmer le soutien d’élus et de partis politiques : La plupart des dirigeants occidentaux n’ont pas joué leur rôle dans le conflit israélo-palestinien. Aussi, il est important que les palestiniens sachent que ces dirigeants ne sont soutenus ni par toutes leurs populations ni par toute la classe politique de leur pays.

 

La ville de Stains a également réussi à entraîner ses autres villes jumelées d’Allemagne et d’Italie dans des coopérations avec la Palestine.

 

Le jumelage, c’est principalement une aide matérielle. Je retiendrais à cet égard les actions de la ville de Bagnolet qui a aidé à la modernisation du réseau électrique du camp de Chatila avec l’aide du CCAS d’EDF et fourni un bus avec l’aide de la CGT – RATP. La gestion des déchets semble être une difficulté majeure des camps de réfugiés, où certaines villes jumelées s’investissent fortement, Limay et Pierrefite par exemple.

 

Le jumelage, c’est également des échanges. Le plus facile, c’est la correspondance scolaire, si possible via internet. On pense aussi à la venue en France d’enfants palestiniens pour les vacances ou à l’occasion d’un tournoi de foot. Ce peut être aussi l’envoi d’une délégation française dans les camps avec des élus bien sûr, mais aussi avec la population afin de tisser et créer des liens personnels d’amitiés.  Plus simplement, la ville de Stains organise des conférences téléphoniques publiques.

 

Le jumelage a aussi une forte dimension culturelle. Moins il y aura de culture en Palestine, plus il sera aisé au gouvernement israélien de nier l’existence des palestiniens en tant que peuple, et donc leur droit à un Etat. La défense et la promotion de la culture palestinienne sont ainsi au cœur des enjeux du conflit israélo-palestinien. Théâtres et conservatoires peuvent être des points d’appuis pour former des artistes palestiniens ou pour les accueillir en France à l’occasion de tournée ou exposition.

 

Le jumelage se doit d’être aussi à double-sens. C’est ainsi que des adolescents et jeunes adultes palestiniens viennent chaque année à Limay, non pas en vacances, mais en qualité d’animateurs du centre de vacance, pour encadrer les enfants français.

 

Le jumelage, enfin, enrichit les habitants des villes françaises et notamment la jeunesse. Les débats sur le conflit israélo-palestinien permettent ainsi de ré-intéresser une partie de la population à l’action politique.

 

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commentaires

samia lamine 31/07/2010 02:37



A thanina. Ne t'inquiète pas sur les droits! La palestine n'est pas perdu et les palestiniens y reviendrons tot ou tard. On peut perdre une partie de la guerre mais pas toute la guerre.
Le temps agira et la conscience des peuples finira par l'emporter sur la barbarie.



thanina 08/04/2009 09:09

Voila un cours magistral : la cause du peuple palestinien est plus que juste , l'occident est résponsable , en partie , avec les états arabes de la situation en Palestine . Malheureusement le grand coupable est fortement protégé , israel est intouchable jouant encore sur ces sentiments de culpabilités des occidentaux , des sentiments bien entretenus , par les lobbys pro-israelien et sioniste .merci