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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 11:09

            L’espérance de vie s’allonge, et il convient donc d’allonger la durée du travail, dit-on. Oui, mais si l’espérance de vie s’allonge, elle ne s’allonge pas de manière égale pour toutes les catégories socioprofessionnelles : selon l’INSEE la mortalité des cadres masculins à un âge donné est en moyenne de 40% inférieure à la moyenne nationale, tandis que celle des ouvriers masculins est en moyenne de 20% supérieure (pour plus de détail, consulter les chiffres de la mortalité par catégorie socioprofessionnelle de l’INSEE). De même, la qualité de la médecine et par là même l’espérance de vie varient fortement d’un département à l’autre : l’espérance de vie moyenne pour un homme était en 2004 de 76.8 ans, contre 72.9 ans en 1990. Pourtant, dans le Nord-Pas-de-Calais, l’espérance de vie en 2004 est seulement de 73.6 ans, soit à peine plus que l’espérance de vie moyenne d’un homme en 1990 (pour plus de détail, consulter les chiffres de l’espérance de vie par région de l’INSEE).

 

            La pénibilité du travail est donc à mes yeux une question centrale de toute réforme des retraites. Si l’espérance de vie peut varier dans de telles proportions selon la région et la catégorie socioprofessionnelle, la même équité qui veut qu’on allonge la durée de cotisation en proportion de l’augmentation de l’espérance de vie veut qu’on prenne en compte la pénibilité du travail dans cette même durée de cotisation.

 

            Sur la base d’une durée de cotisation pour tous de 40 annuités ou 160 trimestres, pourquoi ne pas proposer par exemple que tous les 7 trimestres dans un travail dit « pénible », on gagne 1 trimestre de cotisation supplémentaire, trimestre de cotisation supplémentaire à la charge de l’entreprise (ce chiffre proposé permet pour 35 ans de travail dit « pénible » de cotiser 40 ans).

            Je propose que ce soit l’entreprise qui assume l’intégralité de cette cotisation supplémentaire dans la mesure où c’est elle qui soumet son employé à des conditions de travail pénible. C’est donc à elle d’en supporter les coûts et non pas à la société dans son ensemble.

 

            Appliquer aux « régimes spéciaux » dont il est question, cela nécessiterait de faire le tri  entre les métiers « pénibles » de ces régimes, qui conserveraient un départ anticipé à la retraite et les métiers qui ne sont pas ou plus pénibles dans ces régimes, qui perdraient ce droit à un départ anticipé.

            Une telle base de négociation pourrait permettre de trouver le consensus que ne permet pas la base de négociation actuelle : 40 annuités pour tous et on négocie le reste (décote, mode de calcul de la pension etc…) qui ne reconnaît plus la pénibilité de certains emplois.

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Published by Pingouin094 - dans Régimes spéciaux
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commentaires

michel 22/10/2010 17:28



Je partage tout a fait les remarques de Damien. J'en suis même à presque culpabiliser de penser que la "pénibilité" ne me parait pas un facteur de premier plan a prendre en compte pour le départ
en retraite. Travailler est généralement pénible, peut être faudrait il s'interresser au contraire aux activités, travaux ou emplois qui ne le sont pas. Si elle est prise en compte, ce sera
forcement un facteur discriminant, qui laissera sur le coté tout un tas de personnes qui trouvent leur travail "trés pénible". Je ne suis personnellement impliqué dans aucun parti ou mouvement,
mais je profite de ce lieu que j'ai croisé pour exprimer mes sentiments sans toutefois avoir la moindre science ou connaissance dans les textes. Ma façon de penser est certainement un peu étroite
car  elle ne repose que sur mes expériences personnelles, sur l'influence de mon petit environnement et celle de mon petit téléviseur. Aussi, je ne donnerai de leçons à personne, je ferai
simplement part de ce que j'ai vécu et de ce que je pense. Par exemple, tout le monde admet que les mineurs ont un métier difficile, et l'on accepte que les mineurs de fond partent en retraite à
50ans. Cependant, pour être né et avoir vécu toute mon adolescence dans une cité minière, je me souviens qu'a 16 ans, la majorité des ados de l'époque (il y a 40 ans) trouvaient bien moins
pénible d'aller au fond de la mine plutôt que de suivre des études. Pour notre milieu, suivre des études était presque contre nature et demandait des effots considérables, tant en terme de
travail que de privations. Aujourd'hui, tout ceux qui étaient entrés dans les mines sont en retraite, qui plus est, en retraite confortable. Sont ils davantage usés? je me le demande,
mais il ne me semble pas. Tout  ceux qui ont suivis des études auront quelques difficultés à avoir leurs annuités. Je crois mon travail pénible, je crois même qu'il est le plus pénible,
comme beaucoup de monde je pense. C'est pourquoi, je ne peux pas suivre les syndicats, qui mettent les gens dans des categories dont nous sommes nombreux a être exclus. au plaisir de vous lire.



Damien 20/10/2010 14:43



Bon tout cela est interessant, mais je souleverais trois points :


Faire payer la pénibilité par les entrerprises n'est pas enviseageable en France dans la mesure où ces dernières sont dors et déjà surchargées de taxes ! Si cela peut s'appliquer aux grands
groupes, il faut savoir que près de 80% des salariés sont dans des TPE/PME donc cela est impossible à prendre en charge.
De plus, les métiers les plus pénibles sont souvent dans l'industrie, et vous n'êtes pas sans savoir que c'est un secteur qui subit une forte diminuation d'activité et qui est directement
soumis aux effets de la crises.

Qu'entend-on par "pénibilité". On a trop tendance à parler de la pénibilité physique. Et la pénibilité mentale dans tout cela ? Combien de cadre et de dirigeant de TPE/PME sont sous
tranquilisants, anxiolitiques, anti-dépresseur et j'en passe à partir de la 40taines. Par expérience, je sais que la retraite n'a pas le même "saveur" pour les personnes qui sont atteint
physiquement ou psychiquement ...



Alors qui peut juger qu'un métier est plus pénible qu'un autre et sur quels critères. Difficile d'être tous égaux face à une retraite basée sur la pénibilité ...



michel 12/10/2010 23:37



a quoi bon triturer l'esperance de vie des uns et des autres? si je tente de suivre votre raisonnement, il faudrait adapter l'age de la retraite en fonction du metier, du lieu de travail, car si
jje prolonge votre raisonnement, parmis les ingénieurs, ceux qui sont issu d'un milieu défavorisé meurent en moyenne 5,5 ans aveant les autres, comme ceux qui travaillent dans une petite
entreprise perdent eux aussi deux ans par rapport à ceux qui travaillent dans une grande entreprise. de meme, savez vous a quel age meurent en moyenne les chemiunots, les professeurs des écoles,
...etc..Non, l'espérance de vie n'est qu'un facteur comptable de la retraite et non pas un paramètre a prendre en compte pour discriminer les individus. Quand à la pénibilité, la encore, c'est un
critère tellement subjectif qu'il ne me semble pas devoir être pris en compte. Je prends mon cas pour exemple, ingénieur de 58 ans, je suis trés malade et au bout du rouleau, le travail m'a usé
bien qu'il n'ait pas été pénible au sens ou vous l'entendez.



Laurent MELY 13/10/2010 20:50



En préambule,  cet article a été écrit en 2007, dans le contexte de la réforme des régimes spéciaux, notamment celui de mon entreprise, la SNCF.


 La pénibilité de l’ensemble des métiers de la SNCF justifie-t-elle que tous les cheminots partent à la retraite 5 ans avant les autres salariés ? J’en doute fort, nombre de métiers de
la SNCF sont en tous points identiques aux métiers équivalents dans une entreprise privée.


Certains métiers de la SNCF peuvent-ils être exercés pleinement à 61 ans ? J’en doute tout autant. La pénibilité de certains métiers est réelle. A 61 ans, on n’a plus forcement l’énergie
pour être « d’astreinte », pouvoir être appelé au milieu de la nuit pour une réparation urgente et nécessitant parfois un effort physique certains.


Cette pénibilité existe-t-elle ailleurs qu’à la SNCF, dans la fonction publique, dans le secteur privé ? C’est une évidence.


 Alors que faire ?  Dans un billet plus récent, je rappelle que
l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans. Et bien sûr, cette « bonne santé » dépend partiellement des conditions sociaux-professionnelles et partiellement du hasard de chaque
vie. Statistiquement, il y’aura plus d’ouvriers que de cadres en mauvaise santé à 61 ans. Mais individuellement, que ce soit pour une maladie grave ou pour un stress professionnel au travail très
important, des cadres de moins de 60 ans usés, il y’en a, bien sûr.


C’est pourquoi je défends la limite de 60 ans pour tous.


 Cependant, je défends aussi l’idée que certains puissent partir plus tôt. Car il y’a des gens particulièrement usé bien avant 60 ans, et des métiers qu’on ne peut plus exercer lorsque sa
forme physique commence à baisser.


Maintenant, qui et comment le détermine-t-on ? Il y’a deux options, soit une individualisation du parcourt, c’est l’option privilégié par l’actuelle réforme, soit une catégorisation par
métiers pénibles.


 Je préfère la catégorisation par métier pénible. Mon âme de syndicaliste croit plus en la capacité collective à faire reconnaître un métier pénible dans un accord de branche qu’en la
capacité individuelle de chaque salarié de convaincre un médecin du travail de sa « mauvaise santé ».


 Bien sûr, d’autres pistes encore sont possibles. On pourrait envisager une très sérieuse réforme de la médecine du travail, qui permette de s’assurer que les médecins qui auront à
déterminer l’aptitude d’un salarié ne seront l’objet d’aucune pression, ni du gouvernement, ni du patronat. On en est très loin. Et quand même ce serait le cas, tous les médecins auront-ils la
même objectivité, peut-on assurer que l’un ne sera pas « plus sévère » que l’autre ? Comment un tel processus peut-il être juste ?


On pourrait aussi rêver d’une réforme permettant une meilleure mobilité professionnelle : qu’un maçon en fin de carrière puisse avoir la certitude qu’à partir de 50 ans, on lui trouvera un
poste assis, où il n’aura plus à endurer le mauvais temps ni à porter de charge lourde. On en est encore plus loin.


 Mon billet, je le rappelle, avait pour but d’explorer les pistes de négociations qui pouvaient s’ouvrir aux syndicats à l’aube d’un mouvement des cheminots sur la réforme des régimes
spéciaux.


Bien sûr, s’il fallait inventer le régime des retraites d’une société du « socialisme du XXIème siècle », j’aurais écris les choses un peu différemment.



Philippe Barbier 17/11/2007 13:20

Comment devrait être faite cette réforme profonde et équitable pour tous... en 4 mois
1 - Réunir tous les partenaires et tous les responsables concernés en même temps.
2 - analyser par une mise à plat de tous les régimes sans exception (public, privé, haute fonction publique, parlementaires, armées, etc. ) et détailler tous les acquis et toutes les ressources versées, etc.
3 - définir les caisses positives et négatives.
4 - pointer toutes les caisses et régimes en avantages et désavantages.
4 - définir une caisse de retraite unique et universelle pour tous.
5 - Présenter au peuple tout l\\\'existant par consultation sur internet et autres.
6 - basculer toutes les caisses et régimes sous cette caisse unique de retraite.
7 - établir un schéma de cotisation unique d\\\'une base de xx années de cotisation
8 - définir les vrais métiers les plus pénibles
9 - définir un minima et maxima (peut on avoir une retraite à 300€ ? à 3000€ ? à 30000€ ?
10 - mettre en place une répartition équitable pour tous et ce n\\\'est pas compliqué (à  la carte, par points)
11 - Présenter au peuple cette nouvelle formule universelle unique.
12 - analyser et redéfinir en concertation tous les réajustements au cours des années (du haut vers le bas).
Avantages : une caisse unique, répartition équilibré par un minima et maxima, transparence complète, tout le monde est au courant de tout, etc.
Inconvénients : découverte des vraies réalités de tous ( flous et transferts opaques), suppression des retraites cumulables, suppression des surretraites à 1,7 pour les îles, suppression de tous les cumuls en avantages pour la haute fonction publique (ministres, préfets, maires, président de la république compris, etc.) etc ... et j\\\'en passe...
Le plus dur restant à définir quels sont les vrais métiers les plus pénibles ???
Risques majeurs : une révolution étatique politicienne et des parlementaires, etc., gréves et manifestations des parlementaires...
Autre avantage : nous risquons d\\\'être copié !
Des idées à compléter ?
Nota : il est très dommage que pour le plus grand nombre de français, il ne savent que  par rabattage des médias que : régimes spéciaux = EDF - GDF - SNCF et RATP ... et ... les fonctionnaires (mais qu\\\'apprends-t\\\'on réellement à l\\\'école ??)

willy 18/10/2007 21:22

Ce message s'adresse à tous les devins qui ont déterminé l'espérance de vie de l'humanité. Je ne crois pas que l'on puisse déterminer l'âge de chacun par rapport à des statistiques. Il suffit de vous poser cette même question : Est-ce que demain je serai toujours en vie? Si vous avez la réponse à cette question, c'est que vous avez le pouvoir surnaturel de prédire l'avenir.
J'ai 30 ans et je suis atteint d'une maladie incurable; il me reste quelques mois de vie; Et pourtant, moi aussi, je croyai demain, je me lèverai, et embrasserai ma femme et mes enfants, et partirai au travail.
Les lois qui jouent et qui déterminent quand nous devons arrêter d'être les outils qui font marcher l'économie de notre société sont des lois qui sont une insulte à l'humanité et à toutes les personnes qui ont perdu la vie brutalement. Je pense aux victimes de guerre, de génocides, de maladies et bien d'autres encore.
Ceux-là savaient de quoi je parle. Ceux-là pourraient être VOUS. C'est pour cela qu'il faut se battre et manifester contre ses névrosés assoiffés de pouvoir et qu'il ne faut pas se faire dévorer ce qui vous est de droit, c'est à dire la VIE.