Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », si on en reste à cette maxime, la liberté des cheminots de faire grève devrait s’arrêter là où commence la liberté des usagers d’utiliser les transports en commun pour se rendre au travail. A moins que la liberté des usagers de travailler ne doive s’arrêter là où commence la liberté des cheminots de faire grève ?
Et si au lieu de cette conception restrictive et individualiste de la liberté, on en adoptait une autre, plus solidaire, celle de penser que la liberté des uns peut renforcer la liberté des autres ?
Les cheminots défendent leur régime de retraite. C'est-à-dire d’abord et surtout l’idée qu’au début du XXIème siècle, dans l’un des pays les plus riche de la planète, on ne puisse pas prendre un droit acquis à quelqu’un sans – à minima – lui donner des compensations justes et légitimes en regard de ce qu’on lui retire.
En défendant leur régime de retraite, indirectement, les cheminots défendent le droit de tous à revendiquer que le mot « réforme » ne soit pas synonyme de « régression » ou de « sacrifice », mais puisse rimer avec le mot « progrès » et que le XXIème siècle offre plus de droit sociaux, une meilleure qualité de vie à ceux qui y naîtront que n’en a offert le XXème siècle à ceux qui y sont nés, comme le XXème siècle à lui-même été un progrès par rapport au XIXème siècle.
Au-delà de leurs intérêts purement catégoriels, la lutte des cheminots est importante pour tous les travailleurs, car son résultat pèsera sur les négociations qui s’ouvriront en 2008 concernant l’allongement de la durée de cotisation du régime général. Et si le 20 novembre, la jonction se fait avec le mouvement des fonctionnaires, alors peut-être, il pourra être mis un coup d’arrêt aux politiques de destruction de tous les services publiques (Fret à la SNCF, mais aussi les fermetures de poste, d’hôpitaux ; de tribunaux…).
Le passé à montré que lorsque les salariés du privé rejoignent les mouvements de grève, qu’elles deviennent générales, les grèves peuvent même aller plus loin encore et être à l’origine de réformes progressistes comme ce fut le cas en 1936 et en 1968.
C’est pourquoi, la grève des cheminots (SNCF et RATP) et des électriciens gaziers (EDF, GDF et des entreprises locales de distributions), ainsi que de tous les salariés concernés par les régimes spéciaux doit continuer jusqu’à être victorieuse.