Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
L’espérance de vie s’allonge, et il convient donc d’allonger la durée du travail, dit-on. Oui, mais si l’espérance de vie s’allonge, elle ne s’allonge pas de manière égale pour toutes les catégories socioprofessionnelles : selon l’INSEE la mortalité des cadres masculins à un âge donné est en moyenne de 40% inférieure à la moyenne nationale, tandis que celle des ouvriers masculins est en moyenne de 20% supérieure (pour plus de détail, consulter les chiffres de la mortalité par catégorie socioprofessionnelle de l’INSEE). De même, la qualité de la médecine et par là même l’espérance de vie varient fortement d’un département à l’autre : l’espérance de vie moyenne pour un homme était en 2004 de 76.8 ans, contre 72.9 ans en 1990. Pourtant, dans le Nord-Pas-de-Calais, l’espérance de vie en 2004 est seulement de 73.6 ans, soit à peine plus que l’espérance de vie moyenne d’un homme en 1990 (pour plus de détail, consulter les chiffres de l’espérance de vie par région de l’INSEE).
La pénibilité du travail est donc à mes yeux une question centrale de toute réforme des retraites. Si l’espérance de vie peut varier dans de telles proportions selon la région et la catégorie socioprofessionnelle, la même équité qui veut qu’on allonge la durée de cotisation en proportion de l’augmentation de l’espérance de vie veut qu’on prenne en compte la pénibilité du travail dans cette même durée de cotisation.
Sur la base d’une durée de cotisation pour tous de 40 annuités ou 160 trimestres, pourquoi ne pas proposer par exemple que tous les 7 trimestres dans un travail dit « pénible », on gagne 1 trimestre de cotisation supplémentaire, trimestre de cotisation supplémentaire à la charge de l’entreprise (ce chiffre proposé permet pour 35 ans de travail dit « pénible » de cotiser 40 ans).
Je propose que ce soit l’entreprise qui assume l’intégralité de cette cotisation supplémentaire dans la mesure où c’est elle qui soumet son employé à des conditions de travail pénible. C’est donc à elle d’en supporter les coûts et non pas à la société dans son ensemble.
Appliquer aux « régimes spéciaux » dont il est question, cela nécessiterait de faire le tri entre les métiers « pénibles » de ces régimes, qui conserveraient un départ anticipé à la retraite et les métiers qui ne sont pas ou plus pénibles dans ces régimes, qui perdraient ce droit à un départ anticipé.
Une telle base de négociation pourrait permettre de trouver le consensus que ne permet pas la base de négociation actuelle : 40 annuités pour tous et on négocie le reste (décote, mode de calcul de la pension etc…) qui ne reconnaît plus la pénibilité de certains emplois.