Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 19:50

Article inspiré du programme de Marie George Buffet.

            Parmi les thèmes de cette campagne revient fréquemment, notamment à droite, l’idée que les caisses de l’état sont vides, et donc que toute proposition « coûteuse » financièrement est irréaliste.

1 – Le constat, le poids de l’endettement de l’état.

            Il est vrai que les chiffres sont là et pèsent lourd :

·      Dette de l’état, 1 117 milliards d’Euros en 2005,

·      déficit de l’état 19.95 milliards d’Euros en 2006

·      Intérêt de la dette 40.890 milliards d’Euros en 2006, soit 14.8% du budget de l’état, deuxième poste de dépense derrière l’enseignement (21.7%) et devant la défense (13.4%)

(source vie-publique.fr)

Si l’état pouvait dépenser pour d’autres projets ces 40.890 milliards d’Euros bien des choses seraient possibles, et la réduction de la dette apparaît comme une nécessité. Il faut donc que « chacun fasse un effort », « accepte des sacrifices ».

 

2 – Un effort réellement partagé

            Oui, il faut que chacun fasse un effort, c'est-à-dire que tous les éléments de la société fasse un effort, les salariés mais aussi les entreprises. Mais cet effort est-il justement réparti  ?

·      L’impôt sur le revenus représente 20.3% des recettes de l’état

·      L’impôt sur les sociétés représente 14.6% des recettes de l’état.

Oui mais, les sociétés ne sont pas soumises à la TVA, payée uniquement par les personnes physiques, donc essentiellement par les salariés.

·      La TVA représente 45.5% des recettes de l’état.

Très schématiquement, les recettes de l’état pèsent donc pour 65% sur les salariés, et pour 15% sur les entreprises. Est-il juste de demander aux salariés de faire encore un effort supplémentaire, tout en allégent encore les charges pesant sur les entreprises  ? A la vue de ces chiffres, on peut en douter.

(NB :  le reste des recettes de l’état est composé à 7.5% Taxe Intérieur sur les Produits Pétroliers, « autres, notamment les droits de succession 10.7% », autres : notamment la taxe sur les salaires et l’ISF : 1.4%, source vie-publiques.fr)

3-Les entreprises ont-elles les moyens financiers de cet effort  ?

            Les extraordinaires bénéfices du CAC 40 sont connus : En 2004, 66.2 milliards, en 2005, 84.3 milliards, en 2006 97 milliards (source le Nouvel Observateur), soit plus de deux fois le poids de la dette de l’état, et encore ne parle-t-on que des 40 premières entreprises en France, pas des autres.

            A titre de comparaison, le SMIC à 1 500 € tout de suite a été évalué à 10 milliards d’euros par Marie George Buffet, l’embauche des 2 millions de chômeurs que compte la France au salaire mensuel moyen a été évaluée par le journal l’Humanité à environs 100 milliards d’Euros.

            Si la totalité des bénéfices des 40 premières entreprises françaises et uniquement ces 40 entreprises pouvait être affectée à la lutte contre le chômage, il suffirait à embaucher la totalité des chômeurs. A peine 10% de ce bénéfice suffirait à monter le SMIC à 1500 € !

            Ce qui est vrai pour les plus grandes entreprises n’est pas faux pour les plus petites.  A titre d’exemple, d’après l’INSEE, voici les bénéfices pour les entreprises industrielles hors industrie agricole et énergie :

  

·      De 0 à 9 salariés : 2.5 milliards d’€

·      De 10 à 19 salariés : 0.6 milliards d’€

·      20 à 49 salariés : 1.5 milliards d’€

·      50 à 249 salariés : 1.8 milliards d’€

·      250 à 499 salariés : 1.3 milliards d’€

·      500 à 1999 salariés : 3.5 milliards d’€

·      Plus de 2000 salariés : 7 milliards d’€

 

On constate que, même si de nombreuses PME-PMI connaissent des difficultés économiques, globalement, l’industrie française se porte bien. La France est d’ailleurs au 6e rang mondial pour son PNB (source FMI).

Les entreprises françaises génèrent suffisamment de bénéfices pour qu’on puisse se poser la question de leur répartition afin qu’ils bénéficient à toute la population.

4- Quelle politique de taxation des entreprises  ?

             Il ne s’agit pas bien sûr de taxer plus durement et indistinctement toutes les entreprises, frappant les plus fortunées, comme les plus fragiles économiquement. Une politique économique intelligente doit permettre d’imposer plus lourdement les entreprises bénéficiaires ne réinvestissant pas leurs bénéfices pour l’emploi, mais ne frappant pas les entreprises en difficulté économique où investissant pour l’emploi. C’est ce que propose notamment le programme de Marie Georges Buffet.

5 – La peur des délocalisations  ?

            Si les entreprises sont plus taxées, elles iront dans les pays où la main d’œuvre est moins chère, taxer plus les entreprises, c’est accélérer le mouvement de délocalisation, entend-on souvent dire.

            Le salaire moyen d’un ouvrier chinois est inférieur à 85 €/mois. Le salaire moyen en France est de 1 500 €/mois. Quel que soit la politique menée en France, de la plus libérale à la plus sociale, les ouvriers chinois seront toujours infiniment moins cher que les ouvriers français. Vouloir éviter les délocalisations en baissant le coût du travail est un combat perdu d’avance !

            D’autres politiques peuvent être menées : une concurrence « libre et non faussée », est ce de mettre en concurrence des entreprises de pays aux droits sociaux et aux charges sociales radicalement différentes ou bien est-ce de mettre tout le monde sur un pied d’égalité en instaurant des droits de douanes à l’entrée de nos frontières rétablissant l’égalité entre les charges sociales payées par les entreprises françaises et le taux d’impositions dans d’autres pays  ?

            Et les salaires sont-ils la seule cause de délocalisation  ? Dans bien des industries, le coût de l’énergie (électrique notamment) pèse aussi lourd que la masse salariale dans les dépenses. Dans ces secteurs, le maintien d’EDF-GDF dans le giron publique à des tarifs réglementés et faibles ferait autant et plus pour le maintien de l’emploi que la baisse des cotisations sociales.

 

6 – Une question de choix.

            Comme je viens de les montrer, les moyens financiers pour mener des projets politiques ambitieux existent. Les utiliser n’est qu’une question de choix politique.

            Marie George Buffet a fait ce choix, et c’est pourquoi je voterais pour elle dimanche 22 avril !

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Pingouin094 - dans Billet d'humeur
commenter cet article

commentaires