Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Promesse de campagne du président de la république, la réforme des régimes spéciaux de retraite semble au premier abord une mesure d’équité entre salariés. Pour prendre l’exemple de la SNCF, la retraite à 55 ans ne peut plus aujourd’hui se justifier par la seule pénibilité du travail, la plupart des agents SNCF ayant un emploi de bureau.
Néanmoins, la réalité du régime spécial de retraite de la SNCF ne peut se résumer simplement par une formule lapidaire « retraite à 55 ans ». Une comparaison détaillée entre le régime de retraite du privé et le régime spécial SNCF peut amener à relativiser grandement les « avantages » des régimes spéciaux.
D’après une étude de la DARES menée en 2005 dans le secteur privé, le taux d’emplois des plus de 55 ans y est de 58%, le taux de chômage y est de 7%. Sur ces 528 000 chômeurs de plus de 55 ans, 409 000 sont dispensés de recherche d’emplois. On peut donc dire qu’un peu plus d’un tiers des salariés du privé connaît une certaine forme de retraite à 55 ans (préretraites et chômeurs dispensés de recherche d’emplois compris).
Donc, si on considère la retraite à 55 ans des régimes spéciaux comme une forme de préretraite imposée par l’entreprise à ses salariés, cette situation n’a, en soi, rien d’exceptionnel puisqu’elle concerne également plus d’un tiers des salariés du privé.
En terme de niveau de pension, la comparaison entre le régime privé et par exemple la SNCF est difficile à établir, les modes de calculs étant très différents. Précisons néanmoins qu’un agent SNCF touche une pension directement proportionnelle à sa durée de cotisation et qu’un départ à la retraite à 55 ans ne signifie en aucun cas une retraite à taux plein. Le meilleur point de comparaison entre les deux régimes est le taux de remplacement : rapport entre la pension servi au salarié et son dernier revenu d’activité, net de prélèvements sociaux.
Le tableau suivant est fourni par la direction des ressources humaines de la SNCF :
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Salaire net mensuel
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Secteur privé
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Fonction publique civile d'Etat (hors militaires)
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SNCF
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De 1 143 à 1 524 euros
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91%
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66.5%
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De 1 524 à 1 906 euros
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84%
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80%
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De 1 906 à 2 287 euros
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76%
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77%
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68.1%
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De 2 287 à 3 049 euros
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72%
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79%
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69.6%
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3 049 euros et plus
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59%
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69%
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Ensemble
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84%
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77%
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67.5%
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Contrairement à une idée reçue, les pensions de la SNCF ne sont pas plus élevées, bien au contraire, que celles du secteur privé.
On s’aperçoit donc qu’au-delà des effets d’annonce, la situation d’un agent SNCF à la retraite à 55 ans n’a rien de considérablement avantageux par rapport à un salarié du privé. Cet avantage a également un « coût » : à niveau de qualification égal, le salaire d’un agent SNCF est en moyenne inférieure de 20% à celui d’un salarié du privé.
D’autres articles sont à venir pour prolonger cette analyse de la réforme des régimes spéciaux.