Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Le Front de
Gauche ne sera pas « un simple coup électoral » avons-nous dit pendant la campagne des élections européennes. L’échéance est passée, le
« coup électoral » avec lui, plutôt réussit (cf. article précédent). Quelle suite allons nous lui donner ?
Dans une récente déclaration (l’Humanité) M.G Buffet incite à « poursuivre la dynamique unitaire » et déclare que le Front de Gauche « n’a pas de frontières » et « n’entend pas se cantonner à incarner la gauche de la gauche ». Elle lance également un appel aux « électeurs et militants du NPA et du PS».
Le Front de Gauche n’a-t-il « pas de frontière » ? Pour moi, il existe pourtant une frontière au sein de la gauche : le capitalisme.
En 2005, le Parti Socialiste s’est majoritairement et sans ambiguïté prononcé en faveur du Traité Constitutionnel Européen et de son fameux article trois prônant l’économie sociale de marché. Une position qu’il a conforté en inscrivant « l’économie sociale et écologique de marché » dans sa déclaration de principe (article 6) lors du congrès de Reims en 2008.
Le Parti Communiste, comme le NPA ou Lutte Ouvrière se réclament d’un autre projet de société, anticapitaliste, et inspiré du communisme au moins tel que Marx l’a décrit. Dans leur appel à former le Parti de Gauche, JL Mélenchon et M Dolez appelaient eux aussi à « tourner la page du capitalisme ».
Entre le PS d’un côté, le PCF, le PG, le NPA et LO de l’autre, il existe bien deux projets de sociétés différents et une frontière : le capitalisme.
Dès lors, l’expression politiquement correcte « gauche de la gauche » est trompeuse. A mes yeux, le Front de Gauche n’a pas vocation à rassembler ceux qui seraient vraiment à gauche par opposition à une partie du PS qui se serait rallié au centre-gauche et écouterait le chant des sirènes du Modem. Le Front de Gauche a vocation à rassembler la gauche anticapitaliste.
Oui, le Front de Gauche a une frontière. Cette frontière, c’est le capitalisme. Le Front de Gauche entend incarner la gauche anticapitaliste. Du moins, c’est pour cette idée du Front de Gauche que je me bats. Les militants et électeurs du NPA et de LO s'y reconnaîtront sans aucun doute. Certains électeurs du PS, des Verts du MRC et d’ailleurs s’y reconnaîtront peut être aussi. Beaucoup l’ont déjà fait en rejoignant JL. Mélenchon et M. Dolez au sein du Parti de Gauche ou de République et Socialisme au sein du MRC. Si d’autres électeurs et militants de quelques partis qu’ils viennent se reconnaissent dans la rupture avec le capitalisme, ils sont naturellement les bienvenus au sein du Front de Gauche.
Quant au PS en tant que parti, JL Mélenchon a déclaré en le quittant « ça suffit
comme ça ! » (déclaration
complète) et ce ne sont pas les derniers propos d’Emmanuel Walls (Le monde) préconisant d’abandonner le mot « socialisme » qui lui donneront tord.
Quelle suite à donner au Front de Gauche ? Le rassemblement de toute la gauche anticapitaliste !