Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Elle avait belle allure, la carte de France à la télé hier soir : « toute rose » sauf l’alsace réduit au statut de village Gaulois. J’aurais dû m’en réjouir. Pourtant,
ce ne fut pas le cas.
L’UMP : C’est un échec, donc on continue comme avant !
Certes François Fillon a déclaré qu’il allait prendre sa part de responsabilité dans la défaite de l’UMP, sous-entendu, qu’il allait présenter sa démission. Néanmoins, il est évident que Nicolas Sarkozy ne l’acceptera pas.
Mais surtout, Jean-François Coppé, président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale a annoncé la couleur début de la soirée électorale sur France2 : la conséquence de cet échec électoral, c’est qu’il faut « revenir aux fondamentaux » et que les « réformes » ne vont pas s’arrêter. Sous la critique à peine voilée des errements de la méthode Sarkozy, on trouvait le cœur du message : on continue comme avant !
Ainsi, au fur et à mesure de la soirée électoral, la sémantique glissait : certes, la droite reconnaît un échec, mais un échec « local », qui ne saurait remettre ne cause la légitimité de l’échelon « national ».
Nous avons été une majorité hier a indiquer dans les urnes notre refus de la politique gouvernementale. Nous serons sans doute très nombreux à continuer à la crier dans la rue lors de la journée de grève interprofessionnelle du 23 mars.
Pourtant, dès hier soir, le gouvernement a déclaré qu’il entendait « maintenir le cap » et ne changerait pas de politique. On peut supposer que quel que soit le succès de la mobilisation syndicale demain, il restera tout aussi ferme.
Non, pas de quoi se réjouir vraiment, quand d’élections en manifestation, rien ne change, rien ne peut changer. Cela ne peut que nourrir la désespérance, l’abstention électorale, le repli sur soi dans le monde professionnel.
On nous serine « 2012 ». Et en attendant ? 2 ans d’augmentation du chômage, 2 ans de casse de la sécurité sociale, avons-nous vraiment les moyens d’attendre 2 ans ?
Le PS, victoire de George Frèchen de Ségolone Royal et de l’hégémonie
Le gauche a donc remporté une nette victoire. Pour l’illustrer, les télévisions nous montrent d’abord Ségolène Royal, puis Georges Frêche. Et les commentateurs n’avaient qu’une question en tête : laquelle de Ségolène Royal ou de Martine Aubry ressort la plus renforcée pour l’élection présidentielle, tandis que Frêche déclarait le PS mort à la manière d’un Le Pen en 2002. Bref, hier soir, derrière la victoire du PS, c’était aussi un triomphe du populisme. Ca n’a rien de rassurant pour l’avenir.
Certes, Martine Aubry prétend inventer une « gauche solidaire » nouvel avatar de la « gauche plurielle ». Elle prétend avoir appris du passé et qu’il n’y a pas de volonté de « vassalisation » des autres forces politiques, Europe Ecologie ou Front de Gauche. Il fallait pourtant voir François Hollande sur France2 rappeler que c’était bien le PS qui était arrivé en tête et qui avait conduit le rassemblement. Il fallait aussi se souvenir que ce PS « solidaire » n’avait voulu d’un rassemblement ni en Bretagne, ni en Limousin, ni en Picardie, et qu’ailleurs, les négociations furent souvent très « rugueuses » comme on dit. Alors, cette gauche « solidaire » ne me paraît pas beaucoup plus porteuses d’espoir que ne le fut en son temps la « gauche plurielle » qui se termina un certain mois d’avril 2002 qui restera dans toutes les mémoires.
Vive le Limousin
Petite et faible lueur d’espoir dans tout ça, le Limousin ! Face au diktat du PS qui refusait d’avoir un membre du NPA au conseil régional « libre de son vote », le Front de Gauche s’est maintenu. Il a a fait un très beau score : 19.1%. Le PS refusait d’avoir un élu du NPA, il en aura 2 pour prix de son arrogance. Toutes mes félicitations au Front de Gauche, au NPA et aux électeurs du Limousin !
Ce très bon succès de l’unité de la gauche anticapitaliste en Limousin doit nous interpeller. Un succès local ne vaut sans doute pas pour la France entière, mais quand même. A l’heure où certains veulent raviver l’unité de « toute la gauche », faisant fi de toute distinction entre social-démocratie et gauche anticapitaliste, le succès de ce Front de Gauche élargi au NPA doit faire réfléchir.