Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Réaction « à chaud » au
lendemain de l’arraisonnement par la marine israélienne de la Flotille de la Liberté, alors que la censure militaire israélienne est toujours en place et ne permet pas de connaître tous les
détails des tragiques évènements de la nuit du 30 au 31 mai, le lecteur me pardonnera.
L’armée israélienne, suivi par certains de ces aficionados comme l’UMP ou le gouvernement Italien considère la « Flotille de la Liberté » comme une provocation, renvoyant indirectement la responsabilité des morts sur les militants de Free Gaza.
Elle accuse par ailleurs la flotille d’avoir attaqué l’armée israélienne avec des haches, des barres de fer, ou des cocktails molotov, rendant donc les militants pacifistes responsables du déclenchement des violences…
Décryptage !
Une provocation ?
Rappelons tout d’abord que le blocus de Gaza est un crime de guerre, au sens de la IVème convention de Genève. Le blocus de Gaza est en effet une punition collective sur une population civile de part la puissance occupante, le privant d’un approvisionnement en nourriture, médicament, énergie. Le blocus de Gaza est une oppression et la résistance pacifique, la désobéissance civile sont donc des actes légitimes.
La tentative de forcer le blocus de Gaza par des navires désarmés, chargés d’aide humanitaire, n’était pas une provocation mais bien un acte de résistance pacifique et de désobéissance civile ; ou alors il aurait fallu considérer comme de la provocation la marche du sel initiée par Gandhi.
La première agression ?
« La flottille de la liberté » était une flotte de navires civils, chargé d’aide humanitaire. La première agression, c’est d’abord d’avoir arraisonné ces navires. Attaquer un convoi humanitaire d’une ONG est un crime de guerre, au Darfour comme en Palestine. En droit international, en droit de la mer, arraisonner des navires dans les eaux internationales est un acte de piraterie.
Il y’avait donc agression israélienne, et même légalement parlant « acte de piraterie » à partir du moment où le premier soldat israélien a posé le pied sur un navire battant pavillon turc dans les eaux internationales. La résistance des militants de Free Gaza est donc un acte de légitime défense.
L’usage disproportionné de la force.
Au JT de France 2, Daniel Saada, porte parole du ministère des
affaires étrangères israélien a dit que « si Israël avait eu un usage disproportionné de la force, ce n’est pas 9 morts qu’il y’aurait eu, mais beaucoup plus ». Ainsi donc, si en France
dans une manifestation qui dégénère, les CRS sont attaqués à coup de barre de fer, ouvrir le feu à balle réelle et tuer 9 manifestants ne serait pas un « usage disproportionné de la
force » ? Soyons sérieux.
Décortiquons donc les explications israéliennes (toutes les déclarations sont tirées des nombreux articles du journal « Le Monde » du 31/05/10 sur le sujet):
Le communiqué de l’armée israélienne déclare d’abord que les soldats avaient été informés qu’il s’agissait d’une opération de police. S’il s’agissait d’une opération de police, c’était des policiers, formés aux techniques anti-émeutes qu’il faillait envoyer, pas des commandos d’élite formés à la guerre. Envoyé des soldats faire une opération de police est le moyen le plus sûr d’avoir une bavure (si on peut encore parler de bavure pour ces évènements)
Le communiqué de l’armée israélienne dit ensuite : « les soldats ont employé des moyens anti-émeute et ont ouvert le feu » Dans tout pays démocratique, des moyens anti-émeute, ce sont des forces de police spécialement entrainé (comme les CRS) en tenue anti-émeute (bouclier, protection corporelle) armée de matraque et de gaz lacrymogène, à la rigueur de taser ou flashball. Dans certains pays au pouvoir autoritaire, on utilise plutôt des balles en caoutchoucs. Mais des forces spéciales de l’armée, armées de fusil d’assaut, ça n’est jamais « un moyen anti-émeute » !
L’armée israélienne dit également « Durant l'opération, des soldats israéliens ont été confrontés à de dures violences physiques. Certains des passagers ont utilisé des armes blanches et des armes de poing et on a tenté aussi d'arracher l'arme d'un des soldats. ». En matière de légitime défense, il existe une règle, celle d’un usage proportionné de la force. On ne répond pas à des armes blanches par des tirs d’arme de guerre. Peut-on croire raisonnablement que 6 navires civils dont les équipages étaient « armés » de couteaux de cuisine et de barre de fer aient tenté d’être violent contre trois frégates anti-missile de l’armée israélienne, avec à leurs bords, des commandos de marines, des hélicoptères de combats ? Soyons un instant sérieux…
Abordage au mépris du droit humanitaire et droit maritime international, usage disproportionné de la force contre des civils, l’agression israélienne n’est en rien justifiable. Il s’agit d’un crime de plus. Un crime de plus dont se sont cru permis les dirigeants israéliens face à la passivité internationale et notamment des pays occidentaux comme la France. Le dernier exemple en date est ainsi l’entrée d’Israël à l’OCDE ! Il est temps que cela cesse, il est temps d’appliquer de véritables sanctions internationales contre Israël.