Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Le score surprise d'Arnaud Montebourd aux primaires socialistes, 17% alors qu'il était crédité de 5% à 10% des intentions de
vote ne doit pas être considéré comme une percée de la gauche du parti socialiste.
Certes, les instituts de sondages se sont, une fois de plus, magistralement plantés. Si ce sont les mêmes sondeurs qui évaluent actuellement le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon entrent 6% et 10%, cela peut rendre optimiste sur la popularité réelle du principal candidat de la gauche anticapitaliste.
Mais concernant le rapport des forces au sein du PS, il n'y a pas de quoi pavoiser. Au congrès de Reims de 2008, la motion D, "un monde d'avance" avec pour premier signataire Benoit Hamon et parmi les autres signataires Jean-Luc Mélenchon faisait 18.5% des voix. Score auquel on peut ajouter les 1.25% de la motion F, "socialiste, altermondialiste, écologiste" pour avoir une idée du rapport de force de la gauche du PS en 2008.
A la vue de ce score, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez quittent de manière fracassante le PS pour fonder le PG, estimant que ce rapport de force, à peine 20% pour la gauche du PS, ne permettait plus de contrecarrer la dérive droitière de ce parti.
Force est de constaté que même si la base électorale a changé entre les deux consultations, le rapport de force n'a pas évolué en faveur de la gauche du PS. Bien au contraire, une partie (à mesurer) des voix de Montebourg en 2011 proviennent de sympathisants du Front de Gauche ayant participé aux primaires socialistes. L'influence réelle de Montebourg parmi les sympathisants socialistes est donc sans doute encore inférieure.
Deplus, il faut rappeler que la gauche anticapitaliste a fait 9.0% de 37.3 millions de votants, ce qui fait bien plus que les 17.5% de 2.7 millions de votants de Montebourg aux primaires de 2011. Et encore, il s'agissait d'un score historiquement faible de la gauche anticapitaliste.
Bref, la gauche du PS ne ressort en aucun cas renforcé de ce scrutin. Et Arnaud Montebourg va rapidement se rendre compte que ses 17% des voix ne font pas de lui un véritable "troisième homme" : une fois qu'il y'aura un vainqueur entre Aubry et Hollande, les 70% d'électeurs aux primaires socialistes de ces deux candidats se rabibocheront bien vite et renverront dans les cordes les 17% de Montebourg : il y'a bien plus de proximité idéologique entre Aubry et Hollande qu'entre l'un des deux et Montebourg.