Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
L’ensemble des partis de gauche, l’ensemble des syndicats, y
compris les plus «’réformistes » telle la CFDT sont vent debout contre le changement de l’âge légal du départ à la retraite. Reculer l’âge légal de départ à la retraite serait effectivement
une réforme injuste pour tous ceux qui ont eu une « carrière longue », entamée à 18 ans ou plus tôt encore.
Mais focaliser le débat sur cette seule question, comme la CFDT avait tenté d’axer le débat sur la prise en compte de la pénibilité lors de la réforme des retraites de 2003, cela évacue un autre débat : l’allongement de la durée de cotisation. Maintenir l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, tout en augmentant la durée de cotisation serait une mesure amenant tout autant d’inégalité et d’injustice entre les salariés qu’une augmentation de l’âge légal de départ à la retraite.
Avec une durée de cotisation à 41.5 ans (proposition du gouvernement au 16/06/10), seule une infime minorité de salarié pourront prétendre à une retraite à taux plein à 60 ans (il faudrait alors avoir commencé à travailler juste après css 18 ans et avoir cotisé sans interruption jusqu’à 60 ans). Pour l’immense majorité des salariés, le choix sera donc de partir à 60 ans avec décote, ou de faire fi de « l’age légal » et de continuer à travailler au-delà de 60 ans (NB : ceci est d’ailleurs déjà le cas puisque l’âge moyen de départ à la retraite en France est de 61.5 ans [1]). Du moins à condition de le pouvoir, puisqu’un senior sur deux n’est plus en activité après 55 ans, notamment tous ceux qui partent en pré-retraite suite à un plan social dans leur entreprise [2]
A qui donc profitera la possibilité « maintenue » de partir en retraite à 60 ans ? A priori, plus aux cadres qu’aux ouvriers.
Le salaire mensuel net moyen d’un cadre en 2007 est de 4 000 €/mois, celui d’un employé ou d’un ouvrier autour de 1 400 €/mois [3]. Est-il nécessaire d’argumenter longtemps pour expliquer lequel des deux pourra le plus se permettre « d’absorber » une baisse de revenue lié à une décote au moment du départ à la retraite ?
S’il ne fallait qu’un exemple, le cadre en fin de carrière sera vraisemblablement propriétaire de son logement. Il n’aura plus de loyer ni d’emprunt à rembourser, ce qui compensera la décote retraie. Un employé ou un ouvrier qui serait locataire n’aurait pas cette possibilité.
La bataille sur l’âge légal de la retraite est donc un « arbre qui cache la forêt » du cœur du sujet : l’allongement de la durée de cotisation. Car « de facto », l’allongement de la durée de cotisation conditionne l’âge de départ réel à la retraite.
Pourtant, l’unité syndical ou politique [4] se fait actuellement « à minima » sur la question de l’âge légal, et non sur la question de l’allongement de la durée de cotisation. Cet union « à minima » ne peut déboucher que sur une éventuelle « victoire » à minima : maintient ou faible recul de l’âge légal, assorti d’une forte augmentation de la durée de cotisation qui rendrait ineffectif dans les faits le départ à 60 ans.
[1] Retraite en France - Wikipedia
[2] Le départ à la retraite à 61.5 ans en moyenne et 50% des salariés sans activité au-delà de 55 ans n’est pas contradictoire : Un salarié de 59 ans en pré-retraite est considéré comme sans activité, mais n’est pas considéré à la retraite.
[3] Salaire mensuel net moyen par catégorie sociaux professionnelles - Insee
[4] L’appel commun signé par les syndicats et organisations politiques :Appel de Copernic, Faire entendre les exigences citoyennes,
La CFDT a accepté dans son dernier congrès le principe d’une augmentation de la durée de cotisation. (Le congrès de la CFDT vote pour un allongement de la durée de cotisation – Nouvel Obs) Le PS n’aborde pas la question de la durée de cotisation dans ses propositions (Retraite : la position du PS)
A l’inverse, la CGT ou Solidaires pour les syndicat, le PCF, le PG ou le NPA pour les partis politiques s’engagent sur une retraite à 60 ans à taux pleins.