Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Ainsi donc, notre nouveau président assumera le mandat que lui aurait donné le peuple. Elu a plus de 53% des voix, plus de 50% même en tenant comtpe des votes blancs et nuls, avec une participation record, la légitimé de notre nouveau président semble indéniable.
Pourtant, rappelons qu'au premier tour, seulement 31% des électeurs ont porté leur premier choix sur Nicolas Sarkozy. La majorité dont peut se prévaloir Nicolas Sarkozy inclue également nombre d'électeurs dont le premier choix était le programme de Le Pen, De Villiers, Bayrou. Il existe même des électeurs ayant vôté au premier tour pour les partis de la gauche anticapitaliste qui ont préferé vôté au second tour pour Nicolas Sarkozy plutôt que pour Ségolène Royal.
Dès lors, de quel mandat Nicolas Sarkozy peut-il se prévaloir ? Le mandat du peuple est-il seulement le programme de M. Sarkozy, ou bien faut-il y ajouter quelques chapitres de celui de M. Le Pen, ou bien de celui de M. Bayrou ?
Et que serait ce mandat si , comme c'est le cas aux législatives et comme le proposait François Bayrou, le code électoral autorisait tous les candidats faisant plus de, par exemple 12.5%, à se maintenir au second tour ? F. Bayrou ne ce serait vraissemblablement pas désisté, et si N. Sarkozy aurait vraissemblablement été élu avec une majorité relative et non absolue des électeurs.
Les élus du peuple, à l'assemblée nationale, seront eux aussi porteur d'un mandat. En vertu du code électoral actuel, il y'a fort à parier que l'UMP y sera majoritaire et appliquera le mandat du président. Mais si la proportionnelle était appliquée à l'assemblée nationale, sur la base des résultats du premier tour, on pourrait penser qu'il en irait tout autrement.
Ces deux propositions, plus de deux candidats au deuxième tour, proportionnelle intégrale à l'assemblée nationale, ne sont ni plus, ni moins démocratique que notre code électoral actuel. Pourtant, elles changeraient totalement la nature du "mandat" du président de la république et pourraient remettre en question sa légitimité.