Militant PCF, Conseiller municipal de Choisy le Roi, Val de Marne
Lettre ouverte à Mme Parisot, Présidente du Medef
Mme la Présidente du Medef,
Dans votre discours de présentation du livre blanc du Medef pour la présidentielle 2007 intitulé "Besoin d'Air", le 25 janvier 2007, vous prenez la liberté de citer Jean Jaurès, dirigeant historique du socialisme français dont nul ne peut envisager sérieusement que vous partagez les valeurs et les idées.
Pour s'en convaincre, il suffit de se demander comment décliner à la société actuelle la citation de Jaurès que vous avez prononcé dans votre discours pour constater que l'idéal du chef d'entreprise que loue Jaurès n'est en rien comparable aux idées développées dans votre livre blanc.
« Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en prenant pour soi les dangers » citez-vous. Et bien, je vous prends au mot, Mme Parisot ! Si les chefs d’entreprise « procuraient la sécurité » aux salariés en réhabilitant le CDI et en ne rechignant pas à payer les cotisations patronales qui financent la sécurité sociale, l’assurance chômage et les retraites, alors je pourrais avoir du respect pour les chefs d’entreprises.
Si les chefs d’entreprises « prenaient pour eux le danger » en renonçant aux parachutes dorés et autres stocks options qui leurs apportent la sécurité après avoir ruiné leurs entreprises alors je pourrais avoir du respect pour les chefs d’entreprises.
« Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux » dit encore Jaurès dans le discours que vous lui empruntez. Vous réclamez le respect pour les chefs d’entreprises, alors accomplissez vous-même des actes difficiles propres à réduire le chômage, plutôt que de demander heures supplémentaires aux salariés et réductions de charges à l'état.
Vous citez Jaurès Madame, mais vous n’appliquez pas un mot des paroles que vous lui empruntez et nul ne peut croire que son idéal puisse rejoindre de quelques manières que ce soit le vôtre.