Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 07:44

.

http://storage.canalblog.com/97/25/181887/61470843.pngL’annonce de la dégradation de la note souveraine de la France par l’agence Standards’& Poors a soulevé une vague de protestation à gauche et notamment de la part du Front de Gauche. Celui-ci est ainsi allé manifester sous les fenêtres de l’agence au lendemain de la décision de l’agence.

 

Ces réactions d’hostilité envers les agences de notations ont engendré de vives critiques de la part de la droite, reprenant la maxime « casser le thermomètre ne fera pas baisser la température », entendez les agences de notation ne seraient qu’une évaluation objective de la situation. Rien n’est plus faux.

 

Si on veut poursuivre l’analogie médicale du thermomètre, il faudrait ajouter que le thermomètre ‘agence de notation’ a la fâcheuse tendance de transmettre de sévère maladies nosocomiales. « Prendre la température la fait monter », pourrait-t-on dire.

Si une agence dégrade ou menace de dégrader la note d’un pays, les taux d’intérêts de la dette souveraine de celui-ci s’envolent. Son déficit et sa dette augmentent. Malgré tous ses plans d’austérités successif, le PIB de la Grèce est ainsi passé de 125% à 160% du PIB en 2 ans ; notamment à cause de ses taux d’intérêts élevés. Cette augmentation de la dette peut alors justifier une nouvelle dégradation, comme c’est le cas pour l’Italie. On entre alors dans un cercle vicieux dont il peut être difficile de sortir.

Et dans le secteur médical, que fait-on quand un service hospitalier est infesté de maladies nosocomiales ? On le ferme pour le désinfecter ! Idem pour les agences de notation. La fermeture d’urgence des agences de notation, le temps de refonder un système sain paraît une mesure de salubrité publique !

 

Au-delà de l’analogie médicale, on peut légitimement s’interroger sur la fiabilité du « thermomètre ». Rappelons juste quelques hauts faits d’armes de ces agences :

En 2001, la société Enron fait faillite ; ce sera, l’une des faillites les plus retentissantes de l’histoire économique moderne.  Cette société était pourtant classée A par les agences de notation dans l’année qui précédait. Les agences n’ont rien vu.

La même histoire se réédite en 2008, en pire. La plupart de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les « obligations pourries » issus des subprime américaine étaient là encore classées A au moment où éclate la crise du même nom. La société Lehman Brother dont la faillite en a été le déclencheur était même classée AAA ! Là encore, les agences n’ont rien vue. Tant de cécité force le respect.

Dernier exemple, la dégradation de la note des USA par Standards’& Poors. Le trésor américain a protesté en rappelant que l’agence avait fait une erreur de 1 000 milliards de $ -excusé du peu - dans l’évaluation de la dette américaine. D’ailleurs, les autres agences n’ont pas imité Standards & Poors. Mais le mal est fait.

 

Enfin, et surtout, on doit légitimement s’interroger sur la prétendue ‘neutralité’ des agences de notations. A cet égard, le timing des deux dernières annonces concernant la France est particulièrement intéressant.

L’agence Standards & Poors a annoncé « mettre sous surveillance négative » la note de la France début décembre. Soit quelques jours AVANT le sommet européen du 9 décembre qui devait prendre d’importantes décisions économiques. En faisant cette annonce avant le sommet, l’agence s’est mise en position d’influencer le sommet. A l’inverse, si elle avait émis son son annonce après le sommet, elle aurait été en mesure de juger les décisions qui y auraient été prise sans influence. On voit le choix – politique – qui a été fait.

Le même scénario se répète en janvier. La dégradation de la note de la France a été annoncée AVANT un sommet social, PENDANT le débat sur la TVA sociale. Là encore, on peut dire que l’agence s’est mise en position d’influencer le débat politique français.

D’autant qu’il faut rappeler  que la mise sous surveillance négative indique une possible dégradation de la note dans l’année qui suit. Dans le cas de la France, la dégradation a eu lieu moins de 2 mois après ; aussi est-on en droit de se demander si l’agence a réellement pris le temps de réévaluer la situation économique de la France entre la mise sous surveillance et la dégradation effective de la note.

 

Bref, les agences de notations ne sont pas un thermomètre objectif. Au contraire, elles jouent de leur pouvoir pour influencer les politiques gouvernementales et empirent le mal qu’elles sont censées évaluer ;

 

Il est urgent de refonder le système, comme le propose le Front de Gauche. La dette souveraine d’un état ne doit pas être un objet de spéculation. Pour cela, sans rentrer dans les détails, le Front de Gauche propose plusieurs pistes :

  • Prêt à taux très faible de la BCE aux Etats (0.01% par exemple, suggère Michel Rocard) en refondant les traités. [Ou à défaut, on peut contourner les traités : la BCE peut prêter à 0.01% à un pôle publique de crédit que le Front de Gauche se propose de créer. Celui-ci prêtera à son tour à l’état à un taux très faible. Même à 0.02%, ça lui fera encore une marge confortable, vu les milliards d’euros en jeu].
  • Emprunt « forcé » par la loi. La loi imposerait que les banques et les gros épargnants (au-delà d’un certain plafond à définir) soit obligé de placer une partie de leurs économies en obligation d’état à taux fixe et faible [Et donc indépendant de la spéculation boursière]
  • Audit sur la dette pour récuser la « dette illégitime »

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires