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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 21:33

Si le régime Syrien est réellement responsable d’un bombardement au gaz sarin ayant fait plusieurs centaines de morts, une réaction « de force » serait légitime, nécessaire et même indispensable ; s’il elle a lieu dans le cadre de l’ONU. Dans tout autre cas, les conséquences en seraient catastrophiques. L’enjeu dépasse en effet largement le sort de la Syrie et même l’équilibre régional. L’enjeu serait plutôt quelle paix mondiale au XXIème siècle et quelle organisation pour la promouvoir ?

http://img.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L296xH219/Observateur_ONU-3-aae29.jpg

L’ONU, en tant qu’organisation garante du droit internationale est aujourd’hui décrédibilisée, vacillante.

  • Elle a échouée à résoudre les différents entre états par la diplomatie et la paix dès lors que l’intérêt d’un des membres du Conseil de Sécurité est en jeu, par exemple dans le conflit Israélo-palestinien.
  • Elle a échouée à protéger les populations contre les exactions de leur propres gouvernements ; en Syrie bien sûr, mais également au Darfour par exemple.
  • Les interventions internationales sans son mandat se multiplie, Kosovo, Irak et d’une certaine manière la Lybie ou le Mali où elle n’a servie que de faire valoir.
  • Si aujourd’hui, l’ONU échoue à faire respecter des principes aussi fondamentaux que le droit de la guerre, l’interdiction d’user d’une armes bannies par les traités internationaux depuis presque cent ans, il est à se demander à quoi l’ONU peut encore servir.

 

En ce sens, si la preuve est apporté que le régime syrien a bien volontairement utilisé des gaz de combat dans un quartier populaire de sa propre capitale, l’ONU ne pourrait rester sans réagir, sous peine de perdre le peu de crédibilité qui lui reste.

Ce serait envoyé un signal à tous les régimes autoritaires de la planète, qu’ils peuvent user sans restriction de tous les moyens de répressions à leur disposition contre leurs populations sans crainte de représailles dès lors qu’ils ont un parrain complaisant, Chine ou Russie en tête.

Encore faut-il que la preuve en soit apportée. Elle ne peut l’être par les services secrets de l’une ou l’autre des parties. Le précédent Irakien est dans toutes les têtes, décrédibilisant pour toujours la CIA et par contrecoup la DGSE. Peut-on apporter plus de crédits aux preuves du FSB (l’ex KGB, le renseignement Russe) impliquant les rebelles ? Ils sont tout autant adeptes des coups-tordus et des manipulations, ils sont tout autant juges et partis.

La preuve ne peut en être apportée que par la mission des experts de l’ONU, seuls garants d’une certaine impartialité ; du moins peut-on l’espérer.

De plus, une intervention unilatérale des USA et de leurs alliés, sans mandat de l’ONU serait tout aussi catastrophique. Que les USA s’érigent seuls en « gendarmes du monde » pour « punir » ceux qui violent le droit international est tout simplement inacceptable.

D’une part, parce qu’ils n’en ont pas la légitimité. Du soutien à Saddam Hussein lorsqu’il gazait l’armée iranienne il y’a à peine 25 ans au coup-monté pour justifier la guerre d’Irak il y’a 10 ans, les USA sont loin d’être des modèles en la matière.

Ensuite, parce que nul n’ignore que les USA suivent d’abords leurs intérêts. Les coups d’états et la répression dans le sang ne les effraient pas s’ils servent leurs objectifs, on l’a vu au Honduras en 2008, en Egypte ces dernières semaines. Combien de dictateurs furent soutenus par les USA dans l’histoire ? Bien trop.

Egalement parce que, notamment par leur soutien à Israël, les USA sont perçus par beaucoup comme les ennemis du monde musulman. Tout ce qu’ils feront dans ce secteur du monde sera toujours vu comme une atteinte à cette religion.

Enfin et surtout parce qu’une nation, fut-elle la plus puissante militairement, ne peut et ne doit jamais s’arroger la possibilité de dire le droit international. Le droit international n’est légitime que s’il est la voix de la majorité des nations, et non pas la volonté d’une superpuissance.

http://img.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L291xH169/Chassaigne2-2-8287c.jpgLe « Non » anglais à l’intervention militaire doit également servir à faire évoluer les consciences. Aujourd’hui, la majorité de la population française exprime des doutes quant à une intervention armée française, surtout si elle devait être sans mandat de l’ONU ni preuve impartiale de la responsabilité du régime.

La constitution de la Vème République, issue du Gaullisme doit s’adapter et évoluer. Le président de la République ne peut pas entraîner la France dans une aventure militaire étrangère, aux conséquences imprévisibles sans l’aval ni de l’ONU, ni de la représentation nationale.

A l’issu du débat, l’Assemblée Nationale doit voter !

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