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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:47

http://www.patrickbraouezec.net/.a/6a00d8341c5fa753ef0120a974c0c4970b-320wiPatrick Braouezec a annoncé jeudi 25 mars dans le journal Le Monde qu’il s’apprêtait à quitter le PCF, estimant désormais impossible de le transformer de l’intérieur.

 

Je le rejoins sur nombre de ces désaccords avec la direction nationale du PCF :

Patrick Braouezec s’était fortement opposé à la candidature de Pierre Laurent comme tête de liste du Front de Gauche en Ile de France. Je crois aussi que c’était une erreur,

Erreur parc eque la diversité du Front de Gauche pouvait difficilement s’incarner dans le « dauphin » de MG Buffet sans montrer une volonté du PCF de domination de ce Front de Gauche

Erreur surtout parce que Pierre Laurent incarne une ligne politique « d’une seule gauche » allant du NPA au PS, quand je pense qu’il faut faire la distinction entre la gauche « anticapitaliste » et la gauche « social-démocrate ».

Mais plus fondamentalement, Braouezec constate l’échec de ses tentatives de transformer le PCF « de l’intérieur ». Le précédent congrès se voulait ouvrir un grand chantier de transformation du Parti. A trois mois du prochain congrès, ce grand chantier n’a pas encore commencé. Autant dire qu’il n’aura pas lieu. A trois mois du prochain congrès, les débats n’ont pas commencé dans le parti. Autant dire qu’ils seront bâclés et ne permettront pas de sérieuses réflexions sur notre parti.

Tout ceci semble donner raison à Patrick Braouezec.

 

Mais pourtant, je pense qu’il a tord de quitter le PCF. Contrairement à lui et malgré ce que je viens de dire – je crois qu’il est encore possible de transformer le PCF. Certes, un effort « de l’intérieur » n’y suffira pas. Mais depuis un an, le PCF est au cœur d’un phénomène nouveau : le Front de Gauche. Et ce Front de Gauche transforme le PCF tout autant que le PCF le façonne.

La transformation désirée par les « refondateurs » du PCF n’aura sans doute pas formellement lieu au congrès de juin, ils ont raisons de ne pas y croire. Mais si le PCF fait le choix à ce congrès de juin de s’inscrire durablement dans le Front de Gauche, alors cette transformation aura néanmoins commencé. Le PCF aura pénétré dans un engrenage qui ne saurait que le transformer à terme. S’il ne fallait prendre qu’un exemple, ce serait celle des listes communes PCF – PG – NPA en Limousin, en Languedoc-Roussillon et en Pays de la Loire. L’impensable union du PCF et du NPA a eu lieu dans trois régions françaises. C’est trop peu, mais merci au Front de Gauche, c’est déjà inespéré. Et au-delà du symbole, dans l’une de ces trois régions, le Front de Gauche y fait un score remarquable, prêt de 20%. Cela ne peut pas ne pas marquer l’avenir.

 

Quitter le PCF à l’heure où le Front de Gauche se créée est donc à mon avis une erreur politique majeure. Au contraire, la vision des « refondateurs » est indispensable pour structurer ce Front de Gauche, lui donner le souffle et l’avenir dont il a besoin.

Nous avons besoin d’un Front de Gauche qui rassemble la gauche anti-capitaliste sans lorgner sur la social-démocratie. Nous avons besoin au sein de ce Front de Gauche d’un PCF qui ne cherche pas à être hégémonique sur la gauche radicale comme le PS peut chercher à l’être sur la gauche social-démocrate. Laisser Pierre Laurent seul à la manœuvre n’est pas la meilleure manière de créer ce Front de Gauche là. La bataille pour créer le Front de Gauche, elle va d’abord se mener au sein du PCF et c’est là qu’il faut être.

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Published by Laurent MELY - dans Réaction à l'actualité
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commentaires

Brath-z 08/04/2010 13:23



Laurent > Entendons-nous bien, je ne veux pas dire qu'il faut s'éloigner le NPA (et autres mouvements gauchistes) ni refuser qu'il y ai des rapprochements, au moins tactiques, si possible au
sein du Front de Gauche, avec eux. Je suis à 100% d'accord avec toi quand tu dis "la question est plus la constitution d'un rassemblement suffisament nombreux pour être majoritaire que la
convergeance idéologique de quelques intellectuels".


Je faisais juste remarquer que les divergences PCF/NPA me semblaient bien plus profond qu'une simple différence de tactique à adopter, que leurs fonds idéologiques sont éloignés sur bien des
points, comme du reste c'est le cas entre les différents mouvements du Front de Gauche. Et cela me conforte, au contraire, dans l'idée que le Front de Gauche transcende les mouvements qui y
prennent part (ce pourquoi je suis d'accord avec Jean-Luc Mélenchon pour permettre d'y adhérer sans passer par le biais de l'un ou l'autre mouvement constituant) et modifie la donne au sein de
toute la gauche sociale (mon surnom personnel de "l'autre gauche"), y compris chez les mouvements qui n'en sont pas (encore) partie prenante.


 


Pour revenir à Patrick Braouzek, j'ai habité Saint Denis lorsqu'il en était le maire, et j'avais trouvé que c'était un bon maire. J'ignorais même avant son livre Politique à tous les
étages qu'il fut un "transformateur" au sein du PCF. Son départ peut se justifier, mais reste à savoir l'attitude qui sera la sienne vis-à-vis du Front de Gauche. Si c'est pour jouer le rôle
de trait d'union avec la "gauche de bonne conscience" (l'un de mes méchants surnoms de la gauche sociale-démocrate) et tirer à boulet rouge sur le Front de Gauche, comme récemment Robert Hue, non
merci !


 


 


 



RASPOUTINE 05/04/2010 09:07



Ce responsable et élu politique veut quitter l'arène politique par un coup d'éclat.Il se sera simplement singularisé au sein du parti dans l'expression d'une voie de construction politique
purement idéaliste et politicienne.


Cela j'ai pu l'observer et m'en étonner lors de la réunion des comités antilibéraux en 2007.


Il est à l'âge de la retraite, qu'il s'en aille.Il ne fait ,en s'exprimant, que le constat d'un échec personnel puisqu'il n'a été en rien dans la stratégie balbutiante d'un FRONT de GAUCHE qui
doit impérativement se transformer pour s'élargir et avoir une assise populaire qui existe, on l'a constaté dans trois régions. 



Brath-z 01/04/2010 13:25



Je suis d'accord, encore une fois, sur l'alliance de raison à faire avec la gauche sociale-démocrate pour battre la droite (quoique, si la gauche sociale-démocrate s'aligne sur les positions
blairistes ou assimilées, cela reste à voir ; il y aurait probablement plus d'idéaux communs avec les gaullistes authentiques qu'avec eux... fort heureusement, le PS n'en est pas encore là, et
j'ose espérer que grâce au Front de Gauche il n'y sera jamais).


 


Mais concernant les divergences entre PCF et NPA, elles me semblent bien plus profondes que de simples questions de tactiques ou de personnes (l'affrontement doctrinal salinisme/trotskysme étant
à mon avis une idiotie : il suffit de lire la Révolution Permanente ou Leur Morale et la notre pour s'appercevoir qu'il n'y a guère de divergence de fond entre les deux...).
Pour avoir fréquenté un temps le NPA (et avoir eu même l'occasion à deux ou trois reprises de discuter avec Alain Krivine... par contre, Besancenot est tout à fait inaccessible, probablement trop
occupé), j'en ai tiré la certitude que leur fond idéologique était loin, très loin, de la République (pas seulement la forme républicaine : la notion de "bien commun" les a fait doucement sourire
quand j'en ai parlé). Et ne parlons pas de la Nation, notion qu'ils associent (enfin, ceux des membres et sympathisants avec lesquels j'ai eu l'occasion de discuter) à l'extrême-droite et au
totalitarisme.


Par contre, il y a bien un fond commun concernant le projet économique et social. Encore que...


 


Une chose qui m'a surpris quand j'ai parlé avec Alain Krivine était sa position extrêmement modérée. Il m'a même dit qu'il n'était pas pour une rupture claire et franche avec le capitalisme et le
productivisme ! Bon, après cela, j'ai lu un discours de Besancenot qui a explicité le contenu doctrinal du NPA en la matière, mais tout de même !


Une autre chose qui est, je pense, fondamentalement ambiguë au sein du NPA (et là je fais référence à une discussion, toujours avec Krivine, du temps de la LCR, réputée plus "sectaire" que
l'actuel NPA et qui se définissait positivement à l'aide notamment du mot "communiste") est qu'il oscille entre l'assumation et le rejet de l'étiquette (et donc du positionnement) "communiste".
Je cite de mémoire Krivine lors d'une discussion : "Bien sur, un gars comme moi, "communiste", ça veut dire quelque chose... ça veut pas dire "stalinisme" ou "URSS", il y a un message derrière,
mais pour les jeunes, y compris ici à la LCR, ça veut plus rien dire. Il faudrait changer de nom, je pense, et ne plus mettre ce mot-là, parce qu'avec l'histoire qu'il y a eu en Russie, en Chine,
ça n'a plus aucun sens. Si tu veux, comme projet, pour nous définir, il faudrait qu'on se concentre sur l'altermondialisme." Sans être un expert de l'extrême-gauche, il me semble que ce grand
écart entre le communisme, révolutionnaire ou non, et certaines "alternatives" sympathiques mais avant tout "effervescentes" (pour citer J.-P. Chevènement) et profondément irréalistes a longtemps
été (et reste) une tentation des "gauchistes".


 


Mais bon, des divergences de vue du même ordre existent aussi entre le PCF et le PG, et il ne faut pas avoir l'attitude de certains (surtout à LO et dans les mouvements "anarchistes" - je mets
des guillemets parce que souvent, pour eux, l'anarchisme se réduit à un A cerclé en rouge sur T-shirt noir et à quelques slogans à l'emporte-pièce, notamment le superbe morceau de bravoure
d'Alternative Libertaire qui proclame partout et avec force "suppression des frontières ! liberté de circuler !"... le programme d'Alain Madelin ! -, d'après mon expérience personnelle) qui
rejettent les "impurs" idéologiques.



Laurent MELY 01/04/2010 16:30



A mon sens, il y'a la position idéologique de tel ou tel intellectuel de tel ou tel parti, et là je ne me risquerais pas à un pronostique sur ce que pense réellement Krivine ou Besancenot.


Mais il y'a aussi la perception qu'en ont les simples adhérents, les sympathisants et plus globalement, les électeurs. Et là, je doute que les 3%-5% d'électeurs du NPA soient sur les positions
que tu décris.


Leur positionnement politique est sans doute bien plus proche de celui des adhérents / sympathisants / électeurs du Front de Gauche.


Et la question est plus la constitution d'un rassemblement suffisament nombreux pour être majoritaire que la convergeance idéologique de quelques intellectuels.



GQ 01/04/2010 11:53



débat sur :


http://reveilcommuniste.over-blog.fr/



Brath-z 29/03/2010 18:46


D'accord avec vous sur l' "impensable union du PCF et du NPA". En voyant dans ces trois régions le PCF partir côte à côte avec le NPA, j'ai repensé à mon grand-père communiste qui dégoisait à tout
va sur les "gauchistes" et autres "hitléro-trotskistes". C'est là quelque chose d'étonnant que de voir en effet le PCF s'allier avec l'un de ses ennemis historiques à gauche.
Mais, déjà, l'alliance quasi systématique avec le PS entre 2004 et 2008 était un rapprochement politique du PCF avec un autre ennemi historique : la gauche "social-démocrate" (on aurait parlé en
d'autres temps de gauche "sociale-traîtresse" ou de gauche "bourgeoise"). Donc ce nouvel accrochage, au moins ponctuel, peut-être perenne (on peut le souhaiter) démontre une fois encore la sortie
du dogme du PCF. Concernant son fonctionnement interne, j'avoue ne pas m'y connaître plus que ça.

Mais il me semble à moi aussi que l'avenir du PCF se fera par l'entremise du Front de Gauche. Je me base simplement sur mon exemple personnel : fils d'une écologiste briarde et d'un anarchiste
espagnol, ayant la Nation au coeur, je ne pensais jamais voter pour une liste ayant en tête un membre du PCF. C'est pourtant ce que j'ai fait en votant pour la liste Front de Gauche en
Île-de-France, et je voterais Front de Gauche quand bien même la "gauche effervescente" du NPA s'y trouverait !

Actuellement, le Front de Gauche modifie les partis qui y sont durablement inscrits (PCF, PG, principalement), mais également les partis de la "gauche sociale" qui ne s'y trouvent pas, qu'ils aient
ou non un pied dedans.
Un regret cependant : à part Jean-Luc Mélenchon et certains représentants de Socialisme&République, je n'ai pas entendu de figure (majeure ou non) du Front de Gauche parler de l'importance pour
la gauche sociale de se réapproprier son héritage, notamment l'idée du projet national.
Peut-être que le jour où le Front de Gauche s'élargira aux mouvements qui travaillent dans ce sens (je pense, évidemment, au MRC, mais je sais qu'il y existe une frange minoritaire très attachée au
système capitaliste de production et d'échange), cette orientation y sera présente.

http://elucubrations.de.brath-z.over-blog.com/


Laurent MELY 29/03/2010 21:31


Je me suis peut-être mal exprimé. Pour moi, la rivalité entre le PCF et le NPA est plutôt de l'ordre de la querelle de chapelle que de la vraie divergeance idéologique. Ces deux organisations
défendent pratiquement le même idéal, seul la méthode diverge. Et sur la méthode, quand l'idéal est commun, on devrait pouvoir s'entendre à condition de savoir faire abstraction du passé.
 Par contre, entre le projet communiste et le projet social-démocrate, il y'a une vraie incompatibilité.
 Autant, j'applaudit et considère comme un des plus grands espoirs que porte le Front de Gauche les trois régions où le NPA l'a rejoint, autant je déplore fortement que dans plusieurs régions,
le PCF ait fait le choix du PS dès le 1er tour.

 Ensuite, si je fais la différence entre la gauche anticapitaliste que je souhaite voir rassembler et unie aux élections et la gauche social-démocrate, je fais aussi la différence entre la
gauche social-démocrate et la droite.
S'allier avec la gauche social-démocrate pour battre la droite, oui. Mais c'est une alliance de raison, pas une alliance de coeur