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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 17:20

http://www.pcf.fr/sites/default/files/imagecache/image/senat-palais-du-luxembourg_96.jpgLe Sénat est passé à gauche. On doit évidemment s’en réjouir. Mais… la gauche anticapitaliste en sort-elle renforcée ? Pas sûr.

 D’abord, il faut se réjouir, bien sûr.

 La droite a perdue une nouvelle élection, ce qui traduit une fois de plus qu’elle a le soutien d’une partie chaque jour plus réduite de l’opinion. Néanmoins, il faut relativiser cette assertion de par la nature de cette élection - indirecte. Certes, un plus grand nombre de grands électeurs de gauche est la conséquence directe des victoires de la gauche aux dernières élections municipales, régionales et cantonales.

Néanmoins, 95% des grands électeurs sont les représentants des conseils municipaux. Et parmi eux, un nombre important représente des petites communes rurales. Ils ne sont que rarement affiliés à un parti politique. Ces électeurs sont réputés votés traditionnellement à droite. Ils l’ont fait en nombre bien moins important qu’avant, tant pour la liste officielle de l’UMP que pour les listes de droite dissidentes.

Une nouvelle classe sociale, les élus ruraux, a donc pour partie lâché le gouvernement de droite. On ne peut que s’en réjouir, même si cette classe sociale ne représente pas, loin s’en faut, la majorité du pays.

 

Ensuite, le basculement à gauche du Sénat va vraisemblablement permettre de limiter quelques peu les dégâts que peu encore causer le gouvernement Sarkozy – Fillon d’ici aux élections présidentielles et législatives.

Même si dans la Vème république, l’Assemblée Nationale a toujours le dernier mot, un sénat de gauche pourra au moins freiner le rythme d’adoption des réformes régressives du gouvernement de droite.

Il faut néanmoins rester prudent. La majorité de gauche au sénat ne tient qu’à un fil. Et qui peut dire combien de sénateurs PS ou Radicaux de Gauche partagent les idées de « réalisme économique » d’Emmanuel Valls ou autre et pourraient se retrouver avec la droite sur certains thèmes ?

 

Un point essentiel cependant : la victoire de la gauche est pour une grande partie attribuée au mécontentement des élus locaux vis-à-vis de la réforme territoriale imposée au forceps par la droite. Le PS n’a jamais clairement indiqué jusqu’à quel point il comptait remettre en cause cette réforme. On peut avoir un bon espoir que ce vote des grands électeurs fasse pression sur le PS pour qu’il abroge totalement la réforme territoriale et notamment la partie supprimant les conseillers généraux et faisant des départements de simples extensions des régions.

 Mais…

 Mais, la victoire de la gauche au Sénat ne retire rien au statut « d’anomalie » du Sénat. Le sénat reste une assemblée élue au suffrage indirect, peu représentative de la population. Le Front de Gauche milite pour son abrogation dans le cadre d’une nouvelle constitution, cela reste toujours d’actualité.

 L’anomalie qu’est le Sénat a d’ailleurs fait de cette élection un modèle d’arrangements électoraux. Arrangements dont le Front de Gauche a d’ailleurs fait les frais. Tandis que la gauche gagnait globalement 26 sénateurs, dont 6 pour les Verts Europe-Ecologie, le PCF perdait 1 sénateur sur 16 en lice et le PG perdait 2 sénateurs sur 2 !

Le Parti Socialiste s’est une fois de plus comporté comme la formation hégémonique à gauche, choisissant de faire monter son allié Vert – Europe Ecologie. Il en a profité pour se venger de ceux qui lui ont fait défection pour fonder le Parti de Gauche. Le PS a ainsi refusé la présence du Parti de Gauche sur toutes les listes d’unions de la gauche. Cela augure – mal – de la suite.

Le PCF a quant à lui renoué avec ses vieux démons. Il a préféré une alliance électorale de circonstance avec le PS en trahissant son allié du PG pour « sauver les meubles ». Le pire est qu’il n’a même pas réussit ! Dans un contexte de forte progression de la gauche, le PCF a réussit à négocier un accord électoral qui lui a fait perdre 2 sièges pour n’en gagner qu’un ! Ce score est d’ailleurs en total désaccord avec les récents résultats électoraux des cantonales qui placent le Front de Gauche comme deuxième formation de la gauche, devant les Verts – Europe Ecologie.

 Bref, si la gauche social-démocrate a sans doute d’excellente raison de se réjouir de sa conquête du sénat ; la gauche anticapitaliste ferait mieux d’être plus circonspecte.

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Published by Laurent MELY - dans Réaction à l'actualité
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