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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 14:27

Montebourg.pngLe score surprise d'Arnaud Montebourd aux primaires socialistes, 17% alors qu'il était crédité de 5% à 10% des intentions de vote ne doit pas être considéré comme une percée de la gauche du parti socialiste.

Certes, les instituts de sondages se sont, une fois de plus, magistralement plantés. Si ce sont les mêmes sondeurs qui évaluent actuellement le candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon entrent 6% et 10%, cela peut rendre optimiste sur la popularité réelle du principal candidat de la gauche anticapitaliste.

Mais concernant le rapport des forces au sein du PS, il n'y a pas de quoi pavoiser. Au congrès de Reims de 2008, la motion D, "un monde d'avance" avec pour premier signataire Benoit Hamon et parmi les autres signataires Jean-Luc Mélenchon faisait 18.5% des voix. Score auquel on peut ajouter les 1.25% de la motion F, "socialiste, altermondialiste, écologiste" pour avoir une idée du rapport de force de la gauche du PS en 2008.

A la vue de ce score, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez quittent de manière fracassante le PS pour fonder le PG, estimant que ce rapport de force, à peine 20% pour la gauche du PS, ne permettait plus de contrecarrer la dérive droitière de ce parti.

Force est de constaté que même si la base électorale a changé entre les deux consultations, le rapport de force n'a pas évolué en faveur de la gauche du PS. Bien au contraire, une partie (à mesurer) des voix de Montebourg en 2011 proviennent de sympathisants du Front de Gauche ayant participé aux primaires socialistes. L'influence réelle de Montebourg parmi les sympathisants socialistes est donc sans doute encore inférieure.

Deplus, il faut rappeler que la gauche anticapitaliste a fait 9.0% de 37.3 millions de votants, ce qui fait bien plus que les 17.5% de 2.7 millions de votants de Montebourg aux primaires de 2011. Et encore, il s'agissait d'un score historiquement faible de la gauche anticapitaliste.

Bref, la gauche du PS ne ressort en aucun cas renforcé de ce scrutin. Et Arnaud Montebourg va rapidement se rendre compte que ses 17% des voix ne font pas de lui un véritable "troisième homme" : une fois qu'il y'aura un vainqueur entre Aubry et Hollande, les 70% d'électeurs aux primaires socialistes de ces deux candidats se rabibocheront bien vite et renverront dans les cordes les 17% de Montebourg : il y'a bien plus de proximité idéologique entre Aubry et Hollande qu'entre l'un des deux et Montebourg. 

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Published by Laurent MELY - dans Réaction à l'actualité
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commentaires

Laurent L. 12/10/2011 17:51



Je ne partage pas entièrement ton point de vue. Je pense qu'il faut être plus prudent en lisant les résultats du vote, notamment à cause du mode de scrutin.


N'oublions pas que Hollande était donné vainqueur au premier tour dans les sondages. Toujours selon les sondages, son seul concurrent était Martine Aubry. Le positionnement de Martine, ainsi que
le ralliement de Benoit Hamon derrière elle en faisaient la candidate idéale - en fait la seule - d'un barrage à la droite du PS. Le choix de Martine Aubry représentait donc un choix "de raison"
pour un électeur de gauche (j'appelle ça le meta-voting). Je suis sûr que certains ont fait ce choix.


Enfin, il est difficile de classer les positions de chacun sur un axe strict gauche/droite. Comment, par exemple, répartir les électeurs de Ségolène Royal. Certaines de ses propositions, je pense
notamment à la remise à plat du système fiscal français, ne peuvent laisser les électeurs "de gauche" indifférents.


Au final, même s'il est impossible de savoir dans quelle mesures les points ci-dessus ont joué, j'ai le sentiment que ce vote a fait pencher la balance plus à gauche que lors du vote des
militants ayant vu le départ de Mélenchon (sachant que pour ce dernier, la scission de la motion de gauche au départ de Montebourg a probablement aussi altéré le résultat).


Je terminerai sur une note pessimiste tout de même. Au vu des sondages et du traumatisme d'une partie de l'électorat de gauche après 17 ans d'une présidence UMP j'anticipe un gros phénomène de
meta-voting. Hollande étant présenté comme le meilleur candidat face à Sarkozy par les sondages une partie des voix risque de partir vers lui pour de mauvaises raisons.



Laurent MELY 12/10/2011 20:26



Pour ce qui est de faire pencher la balance à gauche, on verra comment Aubry et Hollande prennent en compte la lettre de Montebourg. Mais aujourd'hui, le PS a rarement eu un candidat aussi proche
du centre que François Hollande.


Martine Aubry apparait aujourd'hui "de gauche", mais seulement par contraste avec un Hollande qui est aujourd'hui de centre gauche. Rappelons quand même que DSK soutient Martine Aubry, ce qui
n'est pas franchement un gage d'être "de gauche".


Même Montebourg dit aujourd'hui qu'Aubry et Hollande, c'est Blanc Bonnet et BOnnet Blanc.



grincheuse 11/10/2011 20:03



Oui, effectivement, si on retire les militants du FDG qui ont participé a cette primaire en faveur de Montebourg, son impact sera moins puissant, c'est une évidence. Sauf que cette montée traduit
une publicité pour NOS PROPRES IDEES défendues par le pg et le FDG. Il ne faut pas cracher là dessus, c'est quand même important. En tant que militants, on est toujours "entre nous",
persuadés de notre emprise, mais n'oublions pas que la France n'est pas de gauche. Elle se situe centre droit, centre gauche avec quelques explosions rebelles mais qui ne résistent pas à un jour
de soleil ou un jour de grève quand les gens partent en vacances. Réfléchissons Tous au moyen d'atteindre et de toucher "les autres", entre nous ça va, on peut toujours se comprendre et
s'arranger, mais pour la majorité des gens, ils prennent Mélenchon pour un fort en gueule sympa et le pc pour un parti obsolète. C'est ça la réalité. C'est pas la mienne, mais il faut bien
comprendre cette réalité de la société. Les 3/4 de la population sont "moyennisés", ils croient fairepartie de lapetite élite et n'ont pas compris que personne ne sera épargné sauf les ultra
riches, ceux qui détiennent le capital culturel et économique. Le formatage idéologique est très prégnant et ça fait  20 ans  que ça dure. Pire encore, même si localement on est à
gauche, c'est purement par intérêt, pour leur école, leur cantine, mais ce n'est pas une compréhension globale. Les gens croient au système, veulent bien le "rectifier", mais ne comprennent pas
qu'il faut tout remettre à plat. ça leur fait peur. Ils n'ont pas pigé que l'on vivait une vraie guerre de classes et comme l'a dit le milliardaire Warren buffet "lutte des classes ? mais non,
c'est pire, c'est une guerre de classe et c'est nous qui l'avons gagnée". A nous de reformater tout ça et j'ai bien peur que la crise actuelle et l'effondrement ne ramène au pouvoir des gens
nauséabonds, en faveur de l'ordre etc...voyez comme tout se radicalise. Moi, j'étais écolo, je me croyais modérée. Maintenant, je suis au PG et je milite avec vous sur le terrain. Imaginez-vous
que la même chose se produit, mais dans l'autre sens : vers les solutions radicales simplistes telles que le FN qui permet de se défouler sur les plus vulnérables! Donc ; il nous faut gagner les
esprits avant que les gens comprennent le monde différetmment. Et si on veut les gagner à notre cause, il faut faire attention aux méthodes et au langage qu'on utilise, ainsi qu'à notre union.
Encore 5 ans de droite et la république française sera morte.  J'espère de tout coeur qu'on va gagner très vite, parce que jamais je n'ai eu aussi peur de ce qui risque de se passer en
Europe. J'étais désolée aujourd'hui du si peu de monde aux manifs. La peur sent mauvais, même si je la comprends et je vois des gens tomber tous les jours....Montebourg est un apparachik et il
s'accrochera au ps. POurtant, l'avenir est au front de gauche. Mais arrivera t on à s'entendre, à rester unis jusqu'au bout? Nous sommes le seul pays où on n'a pas été foutus d'avoir des
"indignés"...Cela devrait nous interroger tous.



Laurent MELY 12/10/2011 20:22



C'est bien parcequ'on a pas réussit à avoir des "indignés" chez nous alors qu'il y'en aurait toutes les raisons que j'appelle à raison garder quant au score de Montebourg.


Certes, il a mis dans le débat des thèmes qui sont proches des notres, même si nous allons plus loin que lui. Il parle de démondialisation et de capitalisme coopératif, nous parlons de
décapitalisation pour reprendre les mots de Pierre Laurent dans son dernier livre.


Mais en mettant ces thèmes dans le débat, il n'a pas réussit à rallier à lui un nombre important de militants du PS. Il faudrait affiner les résultats au delà de ce que je peux faire, en tenant
compte des ex militants du PS faisant partie des 18.5% ayant voté Hamon et n'ayant pas voté Montebourg parcequ'ils sont désormais au PG, comme il faut tenir compte des sympathisants PCF qui ont
voté Montebourg pour peser sur le choix du PS. Bref, le calcul réel est impossible à faire.


On verra comment Martine Aubry et François Hollande répondent à la lettre de Montebourg, pour voir à quel point il peut peser pour infléchir à gauche le PS. A mon avis, ce sera assez peu, mais
nous aurons la réponse dans quelques jours maintenant.