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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 10:37

 Lors de son Conseil National (CN) du 24 et 25 octobre, le PCF a rendu public son offre nationale, qui selon les statuts du PCF sera votée par les adhérents les 19, 20 et 21 novembre, région par région. En effet, les statuts du PCF donnent à chaque région le libre choix de sa stratégie régionale et de l’établissement de ses listes. Il ne peut donc pas être exclu que des régions fassent le choix d’une stratégie autre que l’offre nationale.

 

Néanmoins, cette offre sera la base de réflexion des conférences régionales et mérite d’être étudiée de prêt :

La situation politique

Le PCF fait bien sûr un constat très amère et très dur des conséquences de la crise économique et de la politique gouvernementale « politique injuste et égoïste au service de la seule classe dominante, des privilèges de l’argent, et des logiques de rentabilités ».

 

Le PCF veut croire que « cette politique est maintenant régulièrement et massivement contestée », vision optimiste à mes yeux. Malgré l’indéniable succès de la votation citoyenne pour la défense de La Poste, le souffle des grandes manifestations du 1er trimestre 2009 est retombé. Combien y’avait-il de manifestants le 22 octobre pour la journée nationale de défense de l’Industrie ? « Une attente et une disponibilité nouvelles mûrissent dans le pays ». J’ai peur que le PCF ne pratique la méthode Coué.

 

Le PCF porte par contre un regard dur sur l’état actuel des forces de gauche « le risque est grand qu’elles se dispersent, se divisent » : « alliances au centre, primaires ouvertes (…) instrumentalisation de la question écologique à des fins de recomposition(…) ». Le PCF rejette ainsi dos à dos les Verts, le PS et le NPA « Le PS parle de rassemblement à gauche mais n’opère pas de clarification forte sur son projet et entretien le flou sur des alliances de second tour avec le Modem. Les Verts parlent eux aussi de rassemblement à gauche mais les listes Europe Ecologie poursuivent la construction de rassemblements hétéroclites aux contours et aux objectifs politiques très ambigus. Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche. » Si j’approuve la perception du PCF sur le PS et les Verts, je suis moins en accord concernant le NPA. (Cf. la suite du document et la question de la participation aux exécutifs)

 

Enfin, le PCF déclare « coupure irrémédiable de la gauche en deux (…) les fausses pistes ne manquent pas ». Si, notamment à l’occasion des résultats des Européennes, le PCF a déjà exprimé qu’il ne se situait pas dans le camp de la social-démocratie, pour lui des ponts existent encore entre la gauche anticapitaliste et la gauche social-démocrate. Je ne suis bien évidemment pas en accord avec cette opinion, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire (Quelle suite à donner au Front de Gauche ?). Il s’agit aussi d’un point de divergence profond tant avec le NPA ( déclaration du comité exécutif du NPA « pour un rassemblement de la gauche radicale ») qu’avec le PG (« le PS annonce clairement qu'il n'entend pas aller plus loin que ce que le MODEM peut accepter. Cette confusion, dorénavant entretenue dans toutes les élections est un adversaire permanent de la mobilisation à gauche.
Dans ce contexte, notre responsabilité est de proposer un autre chemin, »  (
déclaration du Conseil National du Parti de Gauche)

 

Le projet

Le PCF propose des majorités régionales « résolument ancrées à gauche », pour « faire émerger des choix politiques alternatifs aux logiques capitalistes et aux modèles productivistes » et en définit un « triple enjeu »

 

Les orientations politiques : « Relais et amplificateurs de la politique de la droite » ou « pôles de résistance à cette politique (…) pôles d’initiatives, de luttes et de propositions ». A cet égard, sans établir de réel programme, le PCF avance quelques pistes en rupture avec les logiques capitaliste « la sélectivité des crédits pour favoriser l’emploi, la formation, la recherche, le respect de l’environnement » ; « de nouveaux pouvoirs donnés aux salariés dans les régions et les entreprises pour décider et contrôler l’utilisation des fonds distribués » « la conquête de nouveaux pouvoirs pour les salariés et leurs organisations, pour les citoyens, dans les entreprises comme dans les territoires ».

 

L’enjeu démocratique :  Il s’agit de s’opposer à la « concentration et la confiscation des pouvoirs » notamment à l’occasion de la réforme des collectivité locale. « La campagne des élections régionales doivent permettre (…) de construire une large riposte, de revendiquer que les assemblées locales et les citoyens soient consultés sur un tel boulversement territorial. »

 

L’alternative politique à gauche : Le PCF souhaite des majorités « clairement ancrées à gauche ». Tout en nuançant « des bilans contrastés », le PCF assume sa participation aux exécutifs passés qui « ont permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées ». Pour le PCF « la gauche mobilisera si elle va au devant des électeurs avec un projet clair et combatif  (…) elle ira au contraire à l’échec si elle mise sur des calculs politiciens qui la conduisent à composer avec les idées libérales »

 

La stratégie

Le PCF « lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche représentatifs des courants politiques progressistes comme du mouvement syndical, social , associatif », large rassemblement qui n’exclue pas à priori les forces de la gauche radicale avec qui le PCF discute au sein du groupe de travail de la gauche radicale : NPA, Fédération, Alternatifs.

Ces listes par contre ouvrent « un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie », dans le but de « faire bouger le curseur à gauche ». Cela implique également des fusions « à l’exclusion du Modem ».

J’apporte ici un commentaire personnel « majorité ancré à gauche », « faire bouger le curseur à gauche », des phrases pratiquement identiques ont déjà été entendue… pour justifier la participation à la gauche plurielle. Chacun en fera le bilan, pour moi, plus que les 35 heures, c’est Jospin devant Villevorde « l’Etat ne peut pas tout » et Gayssot (ministre communiste, cheminot de son état) ratifiant à Bruxelles le paquet ferroviaire ouvrant la voie à l’ouverture à la concurrence du ferroviaire français. Autant dire que ce ne sont pas des références positives. Ces phrases justifient à mes yeux certaines réticences du NPA (« Le PCF se situe dans une perspective de reconduction d’une politique d’union de la gauche » déclaration du comité exécutif du NPA « pour un rassemblement de la gauche radicale »)

 

Le PCF propose « de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes (…) dans le respect de l’influence de chacune de ces listes », proposition identique dans le sens aux termes de « fusions techniques » et « fusions démocratiques » employés respectivement par le NPA et le PG.

Le PCF propose également « si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en œuvre, jusque dans les exécutifs régionaux ». Le PCF ouvre la possibilité à une participation conditionnelle du PCF aux exécutifs, conditions qui restent à déterminer. C’est la position du PG, pas tout à fait incompatible avec celle du NPA :   Certes, dans une récente déclaration, celui-ci dit : « il faut enregistrer qu’existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions » (déclaration du comité exécutif du NPA « pour un rassemblement de la gauche radicale »). Néanmoins, à l’issu des réunions unitaires de la gauche radicale, à l’initiative du NPA, il a été acté, notamment par le NPA concernant la participation aux exécutifs : « aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours » ».   Néanmoins, pour le NPA, les conditions posées sont : soit avoir une majorité régionale, soit le renoncement du PS au social-libéralisme ; conditions impossibles à réaliser qui reviennent pourtant à un « jamais ».


En conclusion

Avec son offre politique « le pire a été évité », le PCF n’a pas fait le choix de l’union de premier tour avec le PS, voir avec les Verts. Il a fait le choix de reconduire le Front de Gauche. Néanmoins, à mes yeux, le PCF reste au milieu du gué, pas tout à fait encore prêt à rompre tous les ponts avec le PS, pas encore tout à fait prêt à s’afficher dans le camp de la gauche anticapitaliste.

 

C’est ainsi que les termes « majorité ancré à gauche » et « curseur à gauche » qui flirtent avec la social-démocratie font jeu égal avec les termes « politiques alternatifs aux logiques capitalistes ».  C’est ainsi que le PCF tape un coup sur le PS, (« Le PS parle de rassemblement à gauche mais n’opère pas de clarification forte sur son projet et entretien le flou sur des alliances de second tour avec le Modem »)  un coup sur le NPA (« Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche. »)

 

Quant au NPA, il a commencé à évoluer sur le chemin de l’unité de la gauche radicale (« Il est temps de s’unir dans la durée et dans la clarté ». De se rassembler dans les luttes et dans les élections » (déclaration du comité exécutif du NPA « pour un rassemblement de la gauche radicale »)). D’ailleurs, il faut lui reconnaître être à l’origine du processus de discussion entre les différents partis de ce qu’il appelle la « gauche radicale » : NPA, PCF, PG, mais aussi Fédération, Alternatifs, M’Pep, GU, République & Socialisme… Mais lui aussi reste sur le bord du gué et ne tend la main qu’à moitié, puisqu’il n’a fait que des demi avancées concernant un point essentiel : aller aux élections dans le but de prendre des responsabilités et d’y faire la démonstration de la pertinence de son programme (« il faut enregistrer qu’existent deux gauches dotées de programmes contradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions » (déclaration du comité exécutif du NPA « pour un rassemblement de la gauche radicale »)) qui semble une fin de non-recevoir sauf à réaliser des conditions impossibles : renoncement du PS à son propre projet ou majorité de la gauche radicale en région.

S’agit-il d’une peur légitime de devoir assumer l’innassumable, comme le PCF l’a fait à tord lors de sa participation à la gauche plurielle, ou s’agit-il d’un faux prétexte pour justifier le cavalier seul comme aux européennes ?

 

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Published by Laurent MELY - dans Elections Régionales
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Colin 17/11/2009 12:02


Quels sont les résultats de cette consultation ?


Laurent MELY 17/11/2009 14:07


Avec 94% des voix, les délégués régionaux ont voté pour le principe d'un Front de Gauche Elargi. Les deux autres options posées (liste du PCF seul, ou liste d'union avec le PS) sont donc à priori
écartés. Néanmoins, le vote des délégués régionaux devra encore être ratifié par le vote des militants ce week-end.

Un Front de Gauche élargi au NPA ? La réponse n'est pas entre les mains du PCF, mais entre celles du NPA. Le Front de Gauche élargi est ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans la plateforme
qui a été débattu le 10 novembre lors de la réunion unitaire de la gauche anticapitaliste, et qui fut refusé par le NPA.

 Maintenant, il appartient au NPA de faire son choix. C'est à dire d'accepter d'aller sur des listes qui participeront à des executifs régionaux si les conditions en sont réunis (à savoir
reprise du programme, alliance excluant le Modem, rapport de force suffisant avec la sociale démocratie).
 Toute la question est qu'entend-t-on par "rapport de force" ? Avoir la majorité absolu pour la gauche anticapitaliste pour pouvoir imposer notre politique à nos partenaires
sociaux-démocrates, ou avoir un nombre suffisant d'élus pour ne pas se faire imposer leur politique ?
 C'est là le point qui bloque... Et à ce sujet là, la déclaration commune NPA94, PG94 reste ambigüe...


colin 14/11/2009 22:02




Communiqué PG-94/NPA-94


Face à la politique profondément anti-sociale du gouvernement Sarkozy et aux ralliements des directions du PS et des Verts au libéralisme, il est indispensable et urgent de proposer et mettre
en œuvre une alternative au capitalisme. Nous appelons donc à renforcer les mobilisations sociales et écologiques contre la politique du gouvernement : dans le contexte du sommet de
Copenhague, nous nous engageons pour l’appel « urgence climatique, justice sociale » ; contre le projet de privatisation de la poste, nous nous mobilisons pour imposer un
référendum et obtenir le maintien du service public postal ; contre le développement de la misère et la casse de l’emploi, nous construisons les marches régionales contre le chômage et la
précarité.


Nous affirmons qu’une autre politique est possible pour en finir avec le capitalisme mondialisé responsable des crises économique, sociale et écologique. L’échéance des prochaines élections
régionales est une première étape, qui pourra être franchie en regroupant les forces politiques de la gauche anti-libérale et anticapitaliste partageant ces objectifs.


Le NPA et le PG du Val de Marne sont favorables à un accord unitaire national, sur une plateforme partagée de mesures sociales et écologistes, pour des listes indépendantes du PS et d’Europe
Ecologie au 1er tour. Au 2ème tour, nous sommes d’accord pour battre la droite en proposant aux listes PS et Europe Ecologie qui excluent la présence du Modem, une fusion démocratique avec une
représentation proportionnelle de chacune des listes ; la participation aux exécutifs est conditionnée au rapport de force, aux principales mesures du programme que nous porterions
ensemble et aux alliances ce qui exclut de participer à des exécutifs prônant des politiques ou des gestions de type social-libéral. L’objectif de nos élus sera de mettre en œuvre, à l’échelle
de la région, les propositions issues du programme élaboré par les forces de la gauche antilibérale et anticapitaliste.


Nous insistons sur la nécessaire unité, dans les luttes et dans les urnes, pour combattre le gouvernement Sarkozy et construire une alternative au capitalisme et aux logiques productivistes.


Fait à Choisy le Roi le 4 novembre 2009


Nouveau Parti Anticapitaliste - 94


Parti de Gauche - 94




Laurent MELY 15/11/2009 10:19


Si le NPA de mon département rejoint les positions du Front de Gauche, je ne peux que m'en réjouir. Ce texte est totalement en accord avec l'offre du PCF et la position nationale du Front de
Gauche. Quand à la position du PCF en Ile de France, elle se décide en ce moment même (dimanche 15 novembre) mais je pense et j'espère qu'elle sera identique.

 J'espère donc que ce communiqué aura des conséquences heureuses pour la suite