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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 13:46


COmmunisteL’interview de F. Hollande dans The Guardian
est la goutte d’eau qui fait déborder un vase, déjà bien rempli.

Dans ce qui a provoqué la colère des communistes et du Front de gauche, il y’a en premier lieu la phrase« Today there are no Communists in France. Or not many ... ». Cette phrase a bien sûr heurté les 130 000 adhérents du PCF, ses 10 000 élus et les 10% d’électeurs qui ont voté Front de Gauche aux dernières élections cantonales (les sondages indiquant une tendance similaires pour l’élection présidentielle). On peut supposer que les électeurs et militants de Lutte Ouvrière, du NPA et de l’ensemble de la sphère anticapitaliste qui se réclament également du marxisme ont également dû se sentir visés.

Elle démontre l’immense mépris dans lequel F. Hollande tient la sensibilité communiste et anticapitaliste. Elle fait suite à bien d’autres démonstrations, comme le refus de F. Hollande de répondre à l’offre de débat de J.L Mélenchon ; les alliances avec les Verts Europe-Ecologie pour prendre des sièges au PCF aux dernières élections cantonales ; ou la phrase de Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile de France, considérant Jean-Luc Mélenchon « plus grave que Le Pen »,  sans avoir été désavoué ni par M. Aubry, ni par F. Hollande.

Difficile bien sûr d’aller voter au second tour pour – le cas échant – quelqu’un qui vous tient dans un tel mépris. Mais au fond, ce n’est pas le plus grave dans cette interview.

Le plus grave, c’est la volonté affichée de rassurer La City, les places financières, les marchés. Il a ainsi minoré ses propos du Bourget de janvier désignant la finance comme son principal adversaire. Selon l’interview du Guardian : “it was an example of the broad, anti-banker campaign-rhetoric of all French presidential candidates, including those on the right.” Effectivement, si F. Hollande se veut l’adversaire de la finance comme N. Sarkozy l’a moralisé, le Guardian a raison de dire : “the City of London it should not fear his drive for more regulation of the financial world.”

F. Hollande met même en avant une certaine vision de 15 ans de gouvernement socialiste en France : « we liberalised the economy and opened up the markets to finance and privatisations. There is no big fear. »

Pour être honnête avec l’interview, F. Hollande temporise quelque peu ce point de vue en critiquant la fin des années Blairs : « Then he (Blairt) succumbed to the dominant idea that the markets could regulate themselves and the notion that the markets and [economic] liberalism in themselves could be a factor for growth ... We saw the consequences.”

Mais d’une part, Nicolas Sarkozy a lui critiqué les excès du libéralisme, et là encore on en a vu les conséquences : aucun changement d’orientation politique. D’autre part, cette critique finale vient après une éloge de la troisième voie de Tony Blair (ni droite ni gauche) et des premières années de son gouvernement. Ce qui en atténue grandement la portée.

En somme, cet article du Guardian est un excellent résumé des positions centristes et non de gauche de F. Hollande qui font qu’il me sera impossible de voter pour lui. Mais si ce n’est qu’un résumé, je me dois de prendre le temps de rappeler à quelques grands traits d’autres prises de position inacceptables pour la vraie gauche :

  • La réforme des retraites : F. Hollande se propose de revenir à 60 ans uniquement pour les carrières longues, entérinant et avalisant de ce fait la réforme phare du quinquennat de Sarkozy pour tous les autres : prolongation de l’âge de la retraite et augmentation de la durée de cotisation.
  • Le nombre de fonctionnaire : F. Hollande propose de créer 60 000 postes dans l’éducation nationale… en les prélevant sur d’autres ministères. Ce qui revient en creux à avaliser et entériner pour tous les autres ministères le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux pendant tout le quinquennat de Sarkozy.  Tout juste concède-t-il que la droite est allée assez loin et qu’il faut s’arrêter là. Mais il ne dit pas que la droite est allée trop loin, sauf peut-être dans l’éducation nationale.
  • Enfin et toujours, F. Hollande a défendu une Europe où la concurrence est libre et non faussée, aux côtés de N. Sarkozy et jusque dans les colonnes de Paris Match avec la photo désormais célèbre. Et dans l’entretien au Guardian, il défend encore une fois l’idée de modifier les traités européens par la voie parlementaire et non pas par référendum… comme Sarkozy ! Il continue dans la même voie en soutenant le Pacte Européen de Stabilité Financière qui va imposer l’austérité à toute l’Europe !hollande-sarkozy-paris-match--1-.jpg
  • Rappelons également que les socialistes allemands, placés devant le choix de gouverner avec la CDU (droite) ou avec Die Linke (équivalent du Front de Gauche) ont préférés gouverner avec la droite. Et que, à la question « Si Mélenchon était devant vous à la présidentielle, appelleriez vous à voter pour lui ? » F. Hollande n’a jamais accepté de répondre.

Alors non, je ne voterais pas F. Hollande au 2d tour de l’élection présidentielle, si d’aventure il devait y figurer et pas Jean-Luc Mélenchon.

Certains me répondront que le programme de N. Sarkozy est pire. Assurément, sans doute, peut être, enfin, c’est à voir… F. Hollande soutient et a soutenu l’ensemble des plans d’austérités mis en œuvre par le gouvernement socialiste de Grèce ; de même, il soutient le pacte de stabilité financière. C'est-à-dire que si la conjoncture économique venait à se dégrader, F. Hollande appliquerait à la France les mêmes politiques d’austérités que les socialistes grecs ont appliqué à la Grèce. Et elles sont assurément pires que le programme actuel de l’UMP.

Et quand bien même le programme de  N. Sarkozy serait pire que celui de Hollande, pourquoi faut-il toujours choisir « le moins pire » ? Des millions d’électeurs s’abstiennent car ils ne croient plus en la politique, justement parce qu’il faut à chaque fois choisir « le moins pire ». Cette voie là est en train de tuer la gauche. Et il y’a un jour où il faut dire : « Stop, vous être en train de détruire l’idée même qu’un changement de société est possible. On ne vous accompagnera pas plus loin sur ce chemin mortifère »

Aujourd’hui, il n’y a plus de communistes en France… ou plus beaucoup.

C’était un exemple de la rhétorique anti-banquier de tous les candidats à l’élection présidentielle française, y compris à droite

La City de Londres ne doit pas craindre sa politique pour plus de régulation du monde financier.

Nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a pas à avoir peur

Ensuite, il (Blair) succomba à l’idée dominante que les marchés pouvaient se réguler eux-mêmes et que le marché et le libéralisme pouvait être en eux-mêmes un facteur de croissance… Nous avons vu les conséquences.

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Published by Pingouin094
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commentaires

guevaranita 23/02/2012 11:42


bonjour ,j'aime bien discuter avec vous, car dans le fond je sais que vous avez parfaitement raison............CERTES , je ne vois pas du tout Hollande à la tête d'une manif !!!!!!  Ségolène
,elle, a participé aux manifs sur les retraites, Et elle a pris des syndicaliste dans son conseil régional,dernièrement, elle a  fait voter 400 000 euros de subventions aux syndicats de
Charente -poitou...Elle n'a pas hésité à répondre à l'invitation ,et à aller à la fête de l'huma où  elle a  été fort bien accueillie,contrairement à Aubry qui a du sortir par la petite
porte .....Je  soutiens Hollande ,car je voudrais que Ségolène ait enfin le poste qu'elle mérite et qu'elle ait une grosse  influence sur Hollande ,pour le faire virer à
gauche....Je  suis fidèle à ma parole étant adhérente à Desirs d' avenir.....Mais il reste encore quelques semaines, et il n'y a que les "cons qui ne changent jamais d'avis ....J'admire
beaucoup les pays d' Amérique latine ...MORALES, CHAVEZ, FIDEL ....Et je suis Guévariste dans l'âme,mais que faire pour faire remonter Mélenchon dans les sondages ???? Un internaute demandait
une  émission au cours de laquelle Mélenchon et Hollande confronteraient leurs programmes...Je  crois que l'idée serait  géniale et profitable à Mélenchon.....BON ,une chose 
est  sûre , il faut chasser  Sarko et anéantir la Lepen..SUR ce point, nous sommes bien d'accord et c'est déjà beaucoup!!! à bientôt j'espère , et très amical
salut     guevaranita

guevaranita 21/02/2012 18:56


BONJOUR , votre raisonnement  tient  debout , mais le smic à 1700 euros est une proposition attirante certes mais impossible à appliquer ,du moins immédiatement ,les seules fois où il
ya eu une telle augmentation du Smic , c'était en 68 ,un mois de grève sur le tas !!!! vous vous imaginez que Mélenchon d'un coup de baguette magique va obliger les patrons à être si généreux
????? La retraite à 60 ans ,là ok ,c'est faisable et d'ailleurs Hollande qui a repris en partie le programme de Ségolène ,parle de trimestres de cotis et non de limite d'âge....Pour le reste
Mélenchon ce n'est pas le  CHE  et il aura du mal à organiser une révolution !!!!!! Plus de 35 ans de syndicalisme de base m'ont largement appris à cerner une situation  et là nous
n'avons pas le potentiel  pour faire gagner la GAUCHE sans Hollande, je le déplore d'ailleurs moi-même, car je crois l'avoir déjà dit ce n'est pas mon idéal politique.....MAIS est-ce du
défaitisme ??? je crois qu'il faut faire avec  !!!! mais bon ,le CHE a dit : soyons réalistes....exigeons l'impossible ....alors c'est peut-être vous qui avez raison  en
soutenant  Mélenchon , je vous souhaite bonne chance et je vous jure  que s'il était élu , j'en serais la première ravie  ....Mais ce n'est pas pour cela que les syndicats
n'auront plus aucun rôle à jouer dans un monde parfait !!!   Très amical salut   guevaranita

Pingouin094 22/02/2012 21:55



Premièrement, il me semble que nul n'a jamais dit au sein du Front de Gauche que les syndicats n'auraient plus aucun rôle à jouer. Le NPA joue parfois à se substituer aux syndicats. Le Front de
Gauche et son candidat Mélenchon ont toujours dit que c'étaient aux syndicats de mener la lutte sociale, et que le rôle des politiques étaient de suivre ( mais pas de rester à l'écart, parceque
le droit du travail, c'est quand même à l'assemblée nationale que ça se vote ).


A ce titre, le SMIC à 1700€, c'est le chiffre de la CGT, que le Front de Gauche a fait sienne. De même, l'écart maximum de 1 à 20 entre le plus petit et le plus grand salaire dans les
entreprises, c'est le chiffre de la Confédération Internationale des Syndicats.


Au contraire, le programme du Front de Gauche prévoit de renforcer les pouvoirs des syndicats.


Quant au modèle du Front de Gauche, ça reste les révolutions sud-américaines. Prenez Moralès. Il est arrivé au pouvoir, mais pour changer les choses, il s'est appuyé sur le mouvement social, sur
les grèves, les manifestations... C'est la même chose.


Maintenant, est-il plus facile de faire céder le patronat quand on a le gouvernement avec soi, ou bien de combattre à la fois le gouvernement et le patronat ?


Pour avoir vu Evo Moralès défiler en tête des manifestations bolivienne, je peux vous dire qu'un président de la république qui défile dans le cortège de tête, ça change la donne aussi de ce que
peut être la pression "de la rue".



guevaranita 20/02/2012 17:23


BONJOUR, je comprends tout à fait votre position  et je respecte  vos idées ..moi aussi, mon premier avis était qu'il fallait  voter Mélenchon...J' ai  même tenu le discours
pendant un mois environ...Mais étant syndicaliste de base ,j'ai un peu l'habitude de peser le pour et le contre et de regarder plus loin que les élections....OR ,il s'avère que Mélenchon , malgré
ses discours guerrier ,que j'aime beaucoup du reste, il est quand même fortement marqué par 30 ans de PS...Quand Jospin a fait des privatisations sous l'influence de DSK , il était au
gouvernement et n'a pas levé le petit doigt !!! j'ai un peu peur que son programme ne soit pas très différent de celui de Hollande à l'arrivée...en ce qui concerne la retraite à 60 ans ,ce sera
sous la poussée des travailleurs qu'elle sera rétablie ,comme nous avons fait sous giscard ,une immense manifestation  pour la retraite à 60 ans  qui comptait plus de 500 000
manifestants rien qu'à Paris.....il y a eu les élections et Mitterand a été obligé de l'accorder ...L'aurait-il fait sans le peuple dans la rue ?????? le vote n'est qu'un premier pallier....
fichons d'abord SARKO   dehors évitons  la Lepen ...Elisons un Président  de GAUCHE  ET puisqu'il est de gauche ,exigeons qu'il se comporte  en homme de Gauche ,par
des grèves et des manifs s'il le faut ......moi,j'ai choisi Hollande (par défaut) vous, c'est Mélenchon et bien croisons les doigts pour que l'un des deux soit au deuxième tour ...ET rappelons
nous que la division profite à l'ennemi de droite .......Amical  salut      guevaranita

Pingouin094 21/02/2012 17:53



Le programme de Mélenchon est écrit et il est ce qu'il est : retraite à 60 ans, SMIC à 1700€.


Maintenant, est-il plus facile d'aller manifster pour demander à quelqu'un l'application de son programme, ou pour demander à quelqu'un l'application du programme d'un autre ?


Si vous votez Hollande (d'autant plus au 1er tour), c'est que vous acceptez son programme. Ce n'est pas très honnête ensuite d'aller manifester pour un autre programme.


Ensuite, il y'a la construction du rapport de force, dans la rue... et dans les urnes. Tant que le vote de gauche est acquis à Hollande, il est libre de draguer le centre. Si on lui dit :" stop,
on ne peut pas courrir deux lièvres à la fois. Entre le centre et la gauche, il faut choisir", on construit un rapport de force.


Donc, si Mélenchon est devant Bayrou au soir du 1er tour et que Mélenchon dit : "Mes électeurs ont voté pour la retraite à 60 ans et le SMIC à 1700€ et voteront au 2ème tour pour un candidat qui
mettra ces marqueurs dans son programme, à vous ,M. Hollande de choisir si pour rassembler au 2ème tour, vous mettez un peu de mon programme, ou un peu de celui de Bayrou", là, on est dans la
construction du rapport de force.



guevaranita 19/02/2012 14:41


Cher ami , dans l'ensemble vous n'avez pas tort, quoique encore ça se discute ,mais je veux rectifier un point :la question a été posée à Hollande :"si Mélenchon est devant vous au premier tour
,est-ce que vous vous désisterez et Hollande a répondu OUI ,sans hésitation ,je l'ai entendu à la télé  lors d'une interwiev .D'autre part, soyez sûr que Mélenchon qui n'est pas borné
,ni  idiot se désistera pour Hollande au 2ème tour,ainsi des ministres communistes rentreront au gouvernement ,ce qu'il y a de mieux pour influencer sa politique ....à méditer  et ne
pas s'arrêter à une connerie mal interprétée par un journal qui n'est pas de gauche !!! Hollande ce n'est pas la panacée, mais c'est le seul qui peut faire gagner la gauche ,ensuite on verra ce
que nous avons à faire pour qu'il file droit .............Amical salut , guevaranita

Pingouin094 20/02/2012 16:50



Je prends bonne note du fait que F. Hollande a enfin répondu à la question. Ce n'était cependant toujours pas le cas il y'a un mois. Convenez que ça ait pu sembler long à
certains.


Maintenant, de quoi parlez vous quand vous parlez de "désistement" au 2ème tour ?


A l'élection présidentielle, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se maintenir au 2ème tour. Si Mélenchon arrive 5ème comme les sondages le prédisent, voir même s'il parvenait en 3ème
position devant Le Pen et Bayrou, la question ne se poserait pas. Il ne se désisterait pas, il serait éliminé.
La question d'un désistement ne se poserait que dans un seul cas, si au soir du 1er tour, F. Hollande arrivait en tête, et Mélenchon en 2ème, devant Sarkozy, Bayrou, Le Pen. Je veux bien être
très optimiste, mais pas à ce point. La question du désistement ne se posera donc pas.
Maintenant, si elle se posait ; oui bien sûr Mélenchon se désisterait. Et je serais d'accord. Car il ne s'agirait alors pas d'un ralliement aux idées de Hollande, mais d'un respect d'un principe
démocratique : ce n'est pas aux électeurs de droite de trancher le débat à gauche.
Si le 2ème tour venait à se jouer entre Mélenchon et Hollande, ce ne serait pas aux électeurs de Bayrou, Le Pen et Sarkozy de choisir entre eux deux. Donc oui, si Hollande venait à être en tête
dans ce cas de figure, par respect de la démocratie et des électeurs de gauche, Mélenchon se désisterait à raison. Comme ce fut le cas aux cantonales et ça sera le cas aux législatives entre
candidats Front de Gauche et PS. Les Verts EE sont les seuls à ne pas avoir respecter cette règle républicaine, à tord.


Maintenant, si la question est : Mélenchon appelera-t-il a voter Hollande au soir du 2ème tour. Il y'a répondu encore une fois dans l'émission c'est à vous sur France 5 (visible sur Dailymotion).
Et la réponse est :
"Je ne suis pas propriétaire des voix de ceux qui ont voté pour moi. Je n'ai pas d'ordre ni de consigne à leur donner. Mais il me semble que pour beaucoup, il ne sera pas très facile de voter
pour quelqu'un qui est contre la retraite à 60 ans, contre l'augmentation du SMIC...".
Pour preuve, mon blog. Mélenchon sait qu'il n'a pas de consigne à me donner pour le second tour, même si je voterais pour lui au 1er. Et heureusement, car si tel était le cas, je ne les
écouterais pas.