Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 08:37

http://www.lavoixdunord.fr/stories/image460x00/mediastore/VoixEco/phototheque/Transport_et_Logistique/seafrance-manif-brunet10011.jpg

Pour sauver SeaFrance, la CFDT proposait que les salariés reprennent la société en SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production). Problème, les salariés n’ont pas les fonds pour racheter leur entreprise.

 Que proposait le gouvernement ? De faire pression sur la société-mère, la SNCF pour qu’elle verse des indemnités supra-légale à une hauteur telle que les salariés puissent racheter leur entreprise. Ce qui a échoué:

  • Malgré les pressions du gouvernement, la SNCF a proposé de verser des indemnités supra-légales à une hauteur insuffisante pour permettre la reprise de SeaFrance par ses salariés. Elle a privilégié le reclassement des salariés au sein du groupe SNCF.
  • D’autre part, même si cette solution avait été viable pour SeaFrance, elle n’aurait pas été exportable à une société privée. On a vu le peu de capacité de l’Etat à faire pression sur la SNCF dont il est pourtant l’unique actionnaire. Qu’aurait-il pu faire si la société mère de SeaFrance avait été une société privée ou s’il n’y avait pas eu de société mère ? La réponse de l’Etat était circonstancielle, la réponse à chaud à un fait divers et pas une réponse politique sur la manière de gérer un tel type de crise.

Que proposait la CFDT ? Que l’Etat prête à un taux privilégié aux salariés de SeaFrance les fonds nécessaire au rachat de l’entreprise. Ceux-ci auraient ensuite remboursé, sur la base des bénéfices de la société.

Il se trouve que c’est très exactement le programme du Front de Gauche. Il ne s’agit pas d’une réponse à un fait divers, mais bien d’une orientation politique de fond :

  • En cas de liquidation judiciaire d’une entreprise, délocalisation… un droit de préemption pour la reprise par les salariés en SCOP, prioritairement à toute reprise par des actionnaires / entreprises privées.
  • La mise en place d’un organisme public de crédit basé sur la caisse des dépôts et la banque postale, permettant la mise en œuvre de prêt à taux réduit pour les projets socialement utiles, tel que les reprises en SCOP.

Le Front de Gauche au pouvoir, le projet de rachat de SeaFrance par les salariés aurait obtenu l’appui de l’état et les financements nécessaires !

Pour finir, je dirais que le modèle des Scop fonctionne en France. On compte 2 000 Scop, pour 40 000 salariés. Les plus emblématiques sont la société Chèque Déjeuner et la société Acome (1 200 salariés, fabricant de câble et matériel électrique, notamment dans l’automobile). Ce modèle est à développer.

Ajoutons, que ce type de proposition est de nature à lutter contre les plans sociaux, contre les délocalisations, bien mieux qu’une « TVA sociale » qui n’en a que le nom.

Partager cet article

Repost 0

commentaires