Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:37

 

Depuis le moi de mai 2011, le spectre du 21 avril 2002 revient en force dans la sphère médiatique. Se faisant les avocats du Parti Socialiste, on trouve de nombreux journalistes et intellectuels de gauche pour appeler les potentiels candidats de gauche à se retirer au profit du seul candidat socialiste. Les mêmes appelleront sans doute les électeurs à voter « utile » pour le candidat socialiste dès le 1er tour quand le moment sera venue. C’est une fausse bonne idée :

 2002 et la dispersion des voix.

 La multiplication des candidatures à gauche est accusée d’avoir fait perdre d’un cheveu la 2ème place du 1er tour des présidentielle à Lionel Jospin (16.18% pour Lionel Jospin, 16.86% pour Jean-Marie Lepen). Je m’inscris en faux :

 Il y’avait 8 candidats à gauche en 2002, 5 en 1995, 7 en 2007. La gauche a toujours été très divisée au 1er tour, guère plus en 2002 que lors des autres élections présidentielles. Mais surtout, il y’avait également 8 candidats à droite en 2002, contre 4 en 1995, 5 en 2007.

La droite était donc tout autant divisée en 2002 que la gauche, alors qu’elle est traditionnellement un tout petit peu moins divisée que la gauche lors des élections présidentielles.

 En 2002, avec autant de candidat à gauche et à droite, ce sont deux candidats de droite qui sont arrivés en tête. La somme des voix de gauche était de 42.89% au 1er tour, bien insuffisant pour gagner une élection présidentielle – quelqu’aurait été le score du 1er candidat à gauche.

 Ce n’est pas la dispersion des voix de gauche qui a entraîné le 21 avril 2002. Il me semble que c’est au contraire la déception du bilan des années de gouvernement Jospin, et peut-être une mauvaise campagne médiatique du candidat Jospin lui-même qui sont à l’origine du 21 avril.

 1981 et le programme commun

 Aujourd’hui, pour conjurer le 21 avril 2002, on nous propose un candidat unique à gauche et un programme commun, alors que avons fêter le mois dernier le 30ème anniversaire de l’élection de François Mitterand, le 10 mai 1981.

 Mais qu’était le programme commun ? C’était un espoir de changement radical de la société : retraite à 60 ans, 5 semaines de congés payés, réduction du temps de travail, abolition de la peine de mort.

 Le Parti Socialiste est-il en mesure aujourd’hui de proposer ou d’accepter un programme ayant un tel souffle, étant autant porteur d’espoir et de transformation de la société ? Non ! Le Parti Socialiste parle d’un programme « responsable », « réaliste », « de rigueur », bref de gérer la pénurie.

 Ce programme n’a rien à voir avec le souffle de 1981 et n’est pas de nature à rassembler la gauche derrière lui.

 Contre l’abstention, il faut plusieurs candidatures à gauche

 Par ailleurs, les dernières élections Européennes, Régionales, Cantonales, se sont caractérisées par un très fort tôt d’abstention. Qu’irait-on dire à ces électeurs : il faut voter pour un candidat unique à gauche dont le programme ne vous convient pas, dont le programme ne vous fait pas rêver, l’alternative étant Sarkozy ?

 

Est-ce vraiment ainsi qu’on va redonner aux abstentionnistes le goût de la politique, l’impression qu’ils peuvent influer sur les choix du pays ? Je ne le pense pas.

 

Alors oui, je crois sincèrement que la victoire de la gauche en 2012 et au-delà passe par une candidature de gauche, porteuse d’un espoir nouveau ; c'est-à-dire une candidature qui rompe avec le capitalisme, qui cherche une large dynamique d’union ; une candidature du Front de Gauche.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Laurent MELY - dans Billet d'humeur
commenter cet article

commentaires