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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 18:02

            Je me suis longtemps demandé pourquoi, après avoir passé la loi sur le « service minimum » dans les transports, le gouvernement n’avait pas attendu qu’elle soit applicable (au 1er janvier 2008) pour réformer les régimes spéciaux ; réforme qui ne pouvait que générer une grève massive dans les transports.

            La réponse est venue le 18 octobre : d’après tous les commentateurs, pas un seul train supplémentaire n’aurait circulé ce jour là  si la loi avait été applicable. Une foi passé l’annonce médiatique, la loi sur le service minimum n’est que du vent. Réformer les régimes spéciaux avant la mise en œuvre de cette loi évite que cela ne soit trop flagrant.

 

            La présidence Sarkozy fonctionne par effet d’annonce. Il y’a donc eu celui sur le service minimum, mais on peut aussi parler du « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » (qui sera en réalité plus proche d’un sur trois). S’il faut réduire le nombre de fonctionnaire, c’est donc qu’il y’a trop d’heures travaillées par les fonctionnaires, et que cela coûte trop cher à l’état.

            Pourtant, lors de son allocution du 29 novembre, le président a annoncé que les salariés pourraient monétariser leurs RTT, y compris les fonctionnaires. C'est-à-dire que ceux-ci travailleront plus et que cela coûtera plus cher à l’état, c'est-à-dire l’effet exactement inverse de celui-ci recherché par la réduction du nombre de fonctionnaires.

            Les effets d’annonces s’empilent et parfois se percutent.

 

            Les négociations sont encore en cours concernant « l’accompagnement » de la réforme des régimes spéciaux de retraites à la SNCF. Officiellement , le gouvernement ne cède en rien sur ses trois piliers (augmentation de l’âge de la retraite, mise en place de la décote, indexation des pensions sur l’indice des prix) et le représentant de l’état aux négociations tripartites n’a fait aucune concession.

            Néanmoins, la direction de la SNCF a, sous diverses formes, proposé des augmentations de salaires. A l’heure actuelle, on peut présager que ces augmentations de salaires viendront annuler ou peu s’en faut, les effets de la réforme pour les cheminots, qui pourront donc continuer de partir à la retraite à 55 ans, au pire à 57 ans et demi avec une retraite pratiquement égale à celle qu’ils auraient eu avant la réforme.

            Mais officiellement, l’état n’a rien cédé, les apparences sont sauves.

 

            Mais au-delà des apparences, cette politique peu parfois coûter cher à l’état et à la société. Pour calmer la grogne étudiante et financer les universités, Nicolas Sarkozy a donc annoncé le jeudi 29 novembre la cession d’une nouvelle partie du capital d’EDF. Annonce que la ministre de l’économie a apprise à la télévision ! Vendredi matin, rien n’était donc prêt pour mettre en œuvre cette cession du capital d’EDF. Le marché réagit mal et l’action EDF plonge de 3%, la capitalisation de l’entreprise perd 4,7 milliards d’euros (source : Canard Enchaîné du 5 décembre). Suite à cette baisse, lorsque les actions sont enfin mise en vente le lundi matin, le bénéfice qu’en a tire l’état n’est que de 3.7 milliards d’euros au lieu de 5 milliards, faute d’acheteurs. Ce jour là, la politique de l’effet d’annonce du président Sarkozy a coûté très directement au contribuable plus d’un milliard d’euros…

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Published by Pingouin094 - dans Billet d'humeur
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