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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 20:22

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », si on en reste à cette maxime, la liberté des cheminots de faire grève devrait s’arrêter là où commence la liberté des usagers d’utiliser les transports en commun pour se rendre au travail. A moins que la liberté des usagers de travailler ne doive s’arrêter là où commence la liberté des cheminots de faire grève ?

Et si au lieu de cette conception restrictive et individualiste de la liberté, on en adoptait une autre, plus solidaire, celle de penser que la liberté des uns peut renforcer la liberté des autres ?

Les cheminots défendent leur régime de retraite. C'est-à-dire d’abord et surtout l’idée qu’au début du XXIème siècle, dans l’un des pays les plus riche de la planète, on ne puisse pas prendre un droit acquis à quelqu’un sans – à minima – lui donner des compensations justes et légitimes en regard de ce qu’on lui retire.

 

 En défendant leur régime de retraite, indirectement, les cheminots défendent le droit de tous à revendiquer que le mot « réforme » ne soit pas synonyme de « régression » ou de « sacrifice », mais puisse rimer avec le mot « progrès » et que le XXIème siècle offre plus de droit sociaux, une meilleure qualité de vie à ceux qui y naîtront que n’en a offert le XXème siècle à ceux qui y sont nés, comme le XXème siècle à lui-même été un progrès par rapport au XIXème siècle.

 

 

Au-delà de leurs intérêts purement catégoriels, la lutte des cheminots est importante pour tous les travailleurs, car son résultat pèsera sur les négociations qui s’ouvriront en 2008 concernant l’allongement de la durée de cotisation du régime général. Et si le 20 novembre, la jonction se fait avec le mouvement des fonctionnaires, alors peut-être, il pourra être mis un coup d’arrêt aux politiques de destruction de tous les services publiques (Fret à la SNCF, mais aussi les fermetures de poste, d’hôpitaux ; de tribunaux…).

 

Le passé à montré que lorsque les salariés du privé rejoignent les mouvements de grève, qu’elles deviennent générales, les grèves peuvent même aller plus loin encore et être à l’origine de réformes progressistes comme ce fut le cas en 1936 et en 1968.

 

C’est pourquoi, la grève des cheminots (SNCF et RATP) et des électriciens gaziers (EDF, GDF et des entreprises locales de distributions), ainsi que de tous les salariés concernés par les régimes spéciaux doit continuer jusqu’à être victorieuse.

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Published by Pingouin094 - dans Régimes spéciaux
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commentaires

Pierre 21/11/2007 13:46

Concernant la troisième variable quant à l'assiette de cotisation, je peux comprendre que l'on produise plus de richesse. Seulement, quand vous dites que l'augmentation du PIB peut permettre à financer d'avantage de retraité, il y a une double erreur dans le raisonnement:-la cotisation des retraites est indexée sur le salaire, et non le PIB. Bien que l'on puisse penser qu\\\'une augmentation du PIB justifierait une augmentation des salaires, il faut avoir dans l'idée que la productivité augmente grâce aux nouveaux moyens de productions (technologies) et grâce au taux d'emploi...et que par consèquent augmentation du PIB ne rime pas avec augmentation de la pénibilité (conduire un train "semi-automatique" demande moins de stress qu'auparavant, porter des charges avec un machine ménage le dos, ect...). Il faut avoir dans l'esprit aussi que ce surplus de productivité baisse le coût de fonctionnement d'une entreprise qui vend son service, ce qui permet globalement à la population de jouir de ce service à un coût plus abordable, et donc d'améliorer notre niveau de vie, tout comme les autres contribuent à le faire pour vous, y compris dans le privé.Donc un fort PIB ne justifie pas une meilleure rémunération, ni meilleure cotisation pour les retraites puisqu'il contribue à l'élévation du niveau de vie.-produire de la richesse, ce n\\\'est pas uniquement produire de l\\\'argent, mais aussi des connaissances qui -paradoxalement- augmentent le coût de fonctionnement d\\\'une socièté, puisque d\\\'utilité publique. (ex: un nouvel examen de dépistage plus efficace dans le domaine de la santé, qui a un coût, mais qui permet d\\\'améliorer l\\\'espérance de vie). Toute ces choses faisant que le coût de la vie augmente puisqu\\\'on se paie les moyens de l\\\'améliorer au mieux.Je trouve seulement dommage que les grèves continuent encore à ce jour....Si on avait les moyens de payer toute les retraites des gens, ça se saurait et on ne rechignerait pas à augmenter les salaires, car c\\\'est la première chose qu\\\'aurait fait n\\\'importe quel politique qui en aurait les moyens (même les libéraux russes le font...pour vous dire...)J\\\'ajouterais une dernière remarque, les régimes spéciaux coûtent à l\\\'état 5 milliards d\\\'euros par ans (dont 2,5 pour la SNCF), sans compter le coût des avantages spécifique qui s\\\'élèvent à environs 2 milliards par ans. Le paquet fiscal, lui,  a coûté 15 milliards mais en une seule fois.Quand je lis que le fond des régimes spéciaux est excédentaire, je m\\\'étonne, car alors pourquoi l\\\'état financerait-il les retraites des agents de la SNCF hauteur de 60% contre 40% pour les régimes spéciaux?

Pingouin094 21/11/2007 22:36

Tu pars là encore d'un postulat qui n'est en rien indépassable : les cotisations retraites sont aujourd'hui indexés sur les salaires, mais on peut tout à fait en élargir l'assiette ; Pour ne prendre qu'un exemple, la Cour des Comptes, présidées par Philippe Séguin, c'est à dire pas spécialement un organisme "gauchiste", bien au contraire, a proposé de taxer les plus values sur les stocks options, ce qui rapporteraient 3 milliards, il avait été autrefois envisagé des taxes sur les robots (qui remplacent l'homme), mais on pourrait aussi tout simplement affecter à la sécurité sociale une partie de l'impôt sur les sociétés, voir de la TIPP, de la TVA etc... Donc, une augmentation de la richesse produite peut financer la sécurité sociale, il suffit de mettre en place le mécanisme adequat.
 Tu pars également du principe qu'une augmentation de la productivité se transforme automatiquement en baisse du coût du service offert par l'entreprise. Il me semble plus réaliste de penser qu'une très large part de cette augmentation de productivité se traduit en augmentation du cours en bourse et en dividende pour la plupart des grandes entreprises. Ce pourrait être en augmentation sur les salaires, si le politique en avait la volonté. Les accords de Grenelles, les vrais, ceux de mai 68 se sont conclus par une augmentation générale des salaires, sur décision politique du général de Gaulle qui a su l'imposer aux entreprises privées.
Pour ce qui est du financement des régimes spéciaux, je te renvois à mes articles sur le sujet, qui détaille précisement le financement du régime. Tu y liras notamment que le coût des avantages spécifiques du régime est intégralement pris en charge par la SNCF et en aucun cas par l'état, et que le déficit du régime est lié non pas aux avantages du régime, mais aux réductions de personnels de la SNCF depuis les années 50. Seule une augmentation massive des salariés pourra inverser la tendance, et en aucun cas une réforme de l'âge de la retraite Quant au paquet fiscal, je te conseille de mieux te renseigner sur le sujet. C'est bien 15 milliards PAR AN que cela coûtera à l'état... La comparaison a donc tout lieu d'être.

francky 17/11/2007 17:57

Je réagirai une derniere fois sur tes propos, car on aura du mal à tomber d\\\'accord je crois.  Ok, les luttes successives ont permis de faire qu\\\'en France, on soit un pays évolué, et ou les conditions sont, en général, correctesMais la productivité n\\\'arrange rien au probleme: je suis ingé dans une boite de télécom francaise, je n\\\'ai pas à me plaindre j\\\'avoue, mais meme si la productivité augmente à ce qu\\\'on dit, le boulot part de plus en plus vers la Chine et autres pays (et meme certains pays d'Europe centrale sont maintenant considérés à haut cout ......). Donc la productivité augmente, ca veut dire le meme boulot fait par moins de personnes, et comme le boulot ne se decrete pas, je te laisse deviner la suite. De plus cette concurrence fait baisser les prix en général.La progression du PIB ne change rien non plus, car elle n'augmente pas non plus le nombre de personnes capables de payer les retraites.Ce que je veux aussi dire est que je prefererais qu'on fasse progresser les catégories qui en ont vraiment besoin, et là je pense que tu seras d'accord. Car quand on parle notamment de pénibilité du boulot, faudra m'expliquer comment un certain nombre (ok, ce n'est qu'une minorité, mais quand meme) de conducteurs TGV, à 50 ans, partent à l'étranger pour continuer à bosser, en cumulant donc avec leur retraite. Si c'était vraiment pénible, ils seraient tranquilles chez euxEt puis en t'écoutant , pourquoi  faire passer la retraite pour tout le monde à 37,5 ans, pourquoi pas aller directement  à 30 ans tant qu'on y est! Sur ce je souhaite que vos enfants ou vous-meme profitiez d'une retraite correcte, mais ca, j'y crois de moins en moins.Sur ce, bonne soirée

Pingouin094 18/11/2007 10:33

On n'est pas d'accord car tu ne considères que deux variables pour financer les retraites : le nombre d'annuité de cotisation et le nombre de cotisant, auquel cas effectivement productivité et PIB n'ont aucun rôle.
Maintenant, si on rajoute une troisième variable, l'assiette de cotisation (c'est à dire le taux de cotisation, mais également ce qui est imposé, à savoir les salaires mais on pourrait aussi imposer les bénéfices des stocks options, taxer les transactions financières, l'impôt sur les sociétés etc...), le PIB et la productivité ont un rôle.
L'augmentation du PIB et de la productivité par individu signifie globablement qu'un individu unique produit aujourd'hui plus de richesse qu'hier. Le travail d'un individu aujourd'hui peut donc contribuer plus qu'hier à financer les retraites. Produisant plus de richesses, une seule personne aujourd'hui peut payer les retraites de plus de personnes, ou du même nombre de personnes pendant plus longtemps qu'hier.
Ce mécanisme fonctionne bien sûr mieux dans une société de plein emploi. Mais il en va de même de l'allongement de la durée de cotisation : dans une société de fort chomage, ou le nombre d'emplois est stable, voir même diminue, repousser l'âge de la retraite amène à bloquer l'entrée sur le marché du travail des plus jeunes. Ces plus jeunes ne peuvent alors pas contribuer à cotiser pour le régime de retraite, et l'allongement de l'âge de la retraite n'a rien fait gagner.
Concernant les cheminots qui sont partis travailler à l'étranger, il s'agit d'un nombre extrêmement réduit et qui sont partis FORMER des agents étrangers. Leur emploi de formateur était extrêmement  bien rémunéré certes, mais je pense que leur emploi était aussi aménage : je doute que leurs formations avaient lieu la nuit et le week-end.
Pour finir : l'augmentation de la productivité devrait logiquement amener, chaque homme produisant en moins de temps aujourd'hui la même chose que ce qu'il produisait hier, à une réduction globale du temps de travail, que ce soit sous la forme d'une réduction hebdomadaire du temps de travail, ou bien un raccourcicement de la durée de cotisation donnant droit à la retraite. Je ne connais pas l'optimum bien sûr, mais il me semble que la question devrait au moins se poser.

francky 17/11/2007 11:11

J'imerais bien que la réponse soit aussi simple, mais je ny crois pas un seul instant. Je ne crois en effet pas trop que les avantages ficaux de Sarko apporte grand chose, mais meme si on en prenait 1/3, il faudrait recommencer dans 5 ans, et certainement en pire, car je repete, il y a un critere démographique implacable, on vit de plus en plus longtemps, et en plus, il y a de moins en moins d'enfants, faudra m'expliquer comment on fait. Personne dans le monde civilisé n'a trouvé, donc si vous arrivez, chapeau On peut toujours dire on prend aux riches, mais meme si je repete je condamne les sommes enormes gagnées par les grands patrons, faut pas réver, si l'imposition continuait à augmenter , je vois pas l'interet de créer une entreprise en Frnce. Quand un patron crèe une boite, c'est généralement principalement pour avoir une vie agréble, et mieux gagner sa vie, c'est peut-etre condamnable, mais c'est partout comme ca dans le monde.

Pingouin094 17/11/2007 16:15

Il y'a d'autres critères tout aussi implacable que la progression de l'espérance de vie : la progression du PIB et de la productivité.
Notre pays est infiniment plus riche aujourd'hui qu'il y'a cinquante ans. Mais surtout, chaque heure de travail d'un homme d'aujourd'hui est infiniment plus productive qu'il y'a cinquante ans. Voilà ce qui peut et doit compenser l'allongement de la durée de vie : l'augmentation de la richesse nationale et de la productivité.
Pour finir, une petite pique en reprenant tes paroles : "un patron créé une boite, c'est généralement pour avoir une vie agréable et mieux gagner sa vie, c'est peut être condamnable, mais c'est partout comme ça dans le monde.' Moi je te répond :"un ouvrier fait grève, c'est généralement pour avoir des conditions de travail plus agréable et mieux gagner sa vie." Dois je continuer par "c'est peut être condamnable, mais c'est partout comme ça dans le monde ?" Te contenterais tu de cette réponse en disant "ah bon d'accord, dans ce cas, je n'ai plus rien à dire ?

francky 16/11/2007 21:43

Bonjour,Quand vous parlez d'individualisme, je suis un peu choqué: je n'ai pas vu beaucoup d'entre-vous dèfendre les interets du privé quand on on est passé aux 40 ns de cotisation.... D'autre part, individualisme de votre part par rapport par rapport aux générations futures. Le monde bouge, donc il faut de plus en plus s'y adapter sous risque de disparaitre. Si on parle de ces avantages, donc ok, revenons aux conditions: on pousse les gens à bosser à 18 ans, et on les liquide à 70 ans max.L'argent ne tombe pas des arbres, ca se saurait, mais svp, ne limitons pas aux patrons du cac40, dont le ca est completement condamnable, car beaucoup d'autres patrons triment pour arriver à ce qu'ils font. Et encore une fois gros indivualisme du pays tout entier: Tous les pays du monde vont dans la direction  d'un allongement de l'age de la retraite, mais nous petits francais, nous sommes si forts que nous nous permettons de dire que notre modele est le meilleur?Sur ce je vous souhaite sincerement une bonne soirée.

Pingouin094 17/11/2007 10:11

Ma remarque sur l'individualisme portait sur la phrase "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres". Je trouve cette pensée individualiste, puisqu'elle sous entend que la liberté de l'un ne peut qu'être en opposition à la liberté de l'autre, sans jamais penser que la liberté de l'un peut enrichir celle de l'autre.
Pour en revenir aux cheminots, le mot d'ordre de la grève actuel est bien "retour au 37.5 annuité pour tous, public-privé", de même qu'en 1995, et en 2003. Les cheminots n'ont hélas pas obtenu satisfaction sur ce point, mais on ne peut pas leur reprocher quoi que ce soit en 1995, 21 jours de grève, c'est beaucoup. Peu de salariés du privé en ont fait autant. Je voudrais également rappeler que la loi interdit les grèves de solidarité, et qu'en théorie, les cheminots ne devraient avoir le droit de faire grève que pour leur propre régime. Ils prennent déjà beaucoup de liberté avec cette loi, comme lorsqu'ils firent grève en 2005 "en même temps" quel a mobilisation étudiante contre le CPE.
Le monde bouge, je suis d'accord. Et c'est bien parceque je pense aux générations futurs que je veux lutter aujourd'hui. Je ne crois pas que la France d'aujourd'hui, dont le PIB augmente chaque année, soit plus pauvre que la France d'hier. Ce qui a changé, c'est la répartition des richesses et l'accroissement des inégalités. Alors, je ne veux pas que mes enfants aient une couverture sociale inférieure à celle de mes parents, je ne veux pas qu'ils partent à la retraite à un âge plus avancé que mes parents. Je souhaite pour mes enfants le progrès, qu'ils connaissent un monde meilleur que celui que je connais et c'est pourquoi je crois indispensable de s'opposer à la destruction de nos acquis sociaux.
Quant aux moyens, d'autres articles de mon blog en parle. Je ne citerais qu'un chiffre:  le paquet fiscal de sarkozy a coûté 15 milliards, le déficit de la caisse de retraite du régime général est de 5 milliards. On affecte 1/3 des crédits du paquet fiscal au déficit du régime de retraite et le débat est clos.
Des moyens, il y'en a. Il suffit de faire les choix politiques.