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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 21:27

Aujourd'hui où le Président de la République a souhaité que soit lue la lettre de Guy Môquet, je souhaite remettre sur le devant de mon blog, cet article publiqué sur ce même blog lorsque l'idée de faire lire cette lettre est apparue dans l'actualité, il y'a plusieurs mois.

Travail d’écriture. Imaginez la lettre que pourrait écrire aujourd’hui Guy Môquet : 

 

 

 Chers enfants de France,

 

J’avais seulement 17 ans quand Vichy m’a livré aux balles allemandes. Et j’espérais alors que ma mort serve à quelque chose.

À quelque chose, pas à quelqu’un.Pas à un homme qui envoie la police arrêter des enfants dans les écoles. Qui invoque Jaurès, défenseur des mineurs grévistes de Carmaux, et veut étouffer le droit de grève. Qui invoque Blum, l’homme des quarante heures et des congés payés, et rêve de rallonger la durée du travail.

Cet homme veut qu’on aime la France et qualifie de « racaille » une partie de ses enfants. Il se dit du côté des petites gens, de ceux qui paient leur ticket de transport, et dès qu’il est élu, se fait offrir des voyages en jet. Ses discours dégoulinent d’émotion et d’amour, mais il se nourrit des haines et de la politique des boucs émissaires. Il se prétend homme d’ordre, et c’est depuis cinq ans l’homme des désordres, de la brutalité et du cynisme.

Aujourd’hui c’est à mon nom qu’il s’en prend. Un nom que je vous ai laissé comme symbole de dignité, de courage et de résistance. Voilà que cet homme, qui n’a jusqu’ici incarné à mes yeux que le déshonneur de la France, voudrait se refaire une réputation en détournant, kärcherisant l’histoire et le sens de mes combats. Croit-il pouvoir impunément annexer à son compte les morts ? Croit-il pouvoir impunément, après mon élimination physique, liquider à son tour ce que fait vivre ma mémoire 

Qu’il se camoufle derrière les grands mots, se drape de grandes valeurs, fasse sien le sacrifice et le courage des autres. Dans le fond, les Tartuffe n’ont qu’une morale, celle de leurs appétits.

Il ne nous appartient pas de les faire taire, mais il dépend de nous, de vous, enfants de France, d’ouvrir vos yeux et ceux de vos proches. De faire que l’on ne m’assassine pas une seconde fois.

Ensemble, soyez fort, ne craignez rien. Courage !

Votre Guy Môquet qui est des vôtres et vous aime.

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commentaires

yass 23/11/2007 17:08

Etant un jeune homme de gauche et étudiant en 2e année d'Histoire , je tiens à te remercier pour cet article original de ce qu'aurait pensé Guy Moquet et de l'operation de com ' qu'a oser faire sarkosy en son nom . C'est une honte qu'on homme , ultra-liberale , fervent " agent " du capitaliste mondiale puisse utiliser à son effigie un jeune homme de 17 ans qui croyait en son ideal , socialiste . Tout cela pour émouvoir , une dicature de l'émotion qui a conduit cette homme dangeureux au sommet du pouvoir .
Esperons que ce cauchemar qui va durer encore 4 année et demi puisse vite passer le plus vite possible et qu'un choix de société alternatif à l'ultraliberalisme puisse se dessiner afin d'instaurer une justice et des lois sociales dans ce pays , qui en manque grandement.
yass

Alexandre 25/10/2007 22:31

En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60

Pingouin094 27/10/2007 10:15

L'article que tu cites dit qu'il n'y a dans la lettre de Guy Môcquet aucun appel à la résistance.
 C'est vrai, mais cet appel, on le retrouve dans le poème qu'il a composé en l'honneur des trois communistes du "commando de Nantes" qui assassinèrent l'officier Karl Hotz (Cf. article Le poème de Guy Môcquet http://pensees-politiques.over-blog.net/article-7201627.html ) dans l'un des premiers actes connus de résistance (réalisé par des communistes, soit dit en passant).
 On le retrouve aussi sous une certaine forme dans le tract que Guy Môcquet diffusait lorsqu'il a été arrêté, tract qui dénonçait la collusion d'intérêt entre la grande bourgeoisie vichyste et l'occupant nazi (des magnats de l'industrie (...) ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère), ce qui n'est pas exactement une ode au pacte germano-soviétique.
Il serait plus judicieux alors de se demander non pas si Guy Môcquet était un résistant, il l'était autant que peu l'être un jeune homme de 17 ans en octobre 1940 ou la résistance en tant que tel n'existait pas, mais pourquoi le président de la république n'a pas jugé bon de faire lire son poème....
Quant à savoir pourquoi Guy Môcquet est devenu l'icone qu'il est aujourd'hui, c'est bien sûr en réponse aux circonstances de sa mort. L'assassinat barbare d'un jeune adolescent fut à l'époque un acte qui a profondément marqué l'opinion publique et a joué un rôle non négligeable pour faire prendre conscience à la population de la nécessiter de résister à l'occupant et non de l'accepter et de s'allier avec lui comme le professait alors la propagande vichyste.
 Et on peut parler de "sacrfice" pour la mort de Guy Môcquet pour plusieurs raison : l refusa d'échanger sa place avec un autre communiste au motif de son âge ("je suis communiste comme toi" aurait-il dit, puis "je laisserais mon souvenir dans l'histoire car je suis le plus jeune des condamnés"). Guy Môcquet aurait avec ses camarades refusé une tentative d'évasion à haut risque, son aîné Charles Michels ayant dit "c'est ainsi et ainsi seulement que notre mort servira à quelque chose". Guy Môquet et ses camarades avaient conscience du sens de leur mort et l'ont accepté ainsi, on peut donc dire qu'ils se sont sacrifiés pour la France.