Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 23:32

Ainsi donc, notre nouveau président assumera le mandat que lui aurait donné le peuple. Elu a plus de 53% des voix, plus de 50% même en tenant comtpe des votes blancs et nuls, avec une participation record, la légitimé de notre nouveau président semble indéniable.

Pourtant, rappelons qu'au premier tour, seulement 31% des électeurs ont porté leur premier choix sur Nicolas Sarkozy. La majorité dont peut se prévaloir Nicolas Sarkozy inclue également nombre d'électeurs dont le premier choix était le programme de Le Pen, De Villiers, Bayrou. Il existe même des électeurs ayant vôté au premier tour pour les partis de la gauche anticapitaliste qui ont préferé vôté au second tour pour Nicolas Sarkozy plutôt que pour Ségolène Royal.

Dès lors, de quel mandat Nicolas Sarkozy peut-il se prévaloir ? Le mandat du peuple est-il seulement le programme de M. Sarkozy, ou bien faut-il y ajouter quelques chapitres de celui de M. Le Pen, ou bien de celui de M. Bayrou ?

 Et que serait ce mandat si , comme c'est le cas aux législatives et comme le proposait François Bayrou, le code électoral autorisait tous les candidats faisant plus de, par exemple 12.5%, à se maintenir au second tour ? F. Bayrou ne ce serait vraissemblablement pas désisté, et si N. Sarkozy aurait vraissemblablement été élu avec une majorité relative et non absolue des électeurs.

 Les élus du peuple, à l'assemblée nationale, seront eux aussi porteur d'un mandat. En vertu du code électoral actuel, il y'a fort à parier que l'UMP y sera majoritaire et appliquera le mandat du président. Mais si la proportionnelle était appliquée à l'assemblée nationale, sur la base des résultats du premier tour, on pourrait penser qu'il en irait tout autrement.

Ces deux propositions, plus de deux candidats au deuxième tour, proportionnelle intégrale à l'assemblée nationale, ne sont ni plus, ni moins démocratique que notre code électoral actuel. Pourtant, elles changeraient totalement la nature du "mandat" du président de la république et pourraient remettre en question sa légitimité.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Skel 15/05/2007 12:02

Si je suis totalement favorable à une assemblée élue à la proportionelle, ta première proposition, à savoir l'élection présidentielle à triangulaire, ne me convainc guère.Cela aurait pour principale conséquence de pénaliser les idées partagées par plusieurs candidats. Si deux candidats de droite se trouvaient face à un candidat de gauche, ce dernier pourrait gagner même si plus de la moitié des français ne voulait pas de lui au pouvoir.L'élection présidentielle devrait à mon sens plutôt chercher à amener à la tête du pays un homme de consensus, le "moins pire" pour tous. Sinon les "perdants" auront toujours le sentiment que leurs dirigeants leurs sont imposés.La non proportionnalité aux législative a dévié l'élection présidentielle de son but premier : élire un président. Cette election est utilisée (au premier tour) pour connaitre l'importance accordée par les français à telles ou telles idées.C'est pour cela que je soutiens ta deuxième proposition : c'est la seule solution pour que tous les français puissent être représentés dans les institutions de ce pays.

Pingouin094 15/05/2007 19:55

Dans l'absolu, tu as raison. Des triangulaires pour la présidentielle fausseraient l'élection présidentielle. Cet exemple visait uniquement à relativiser la "majorité absolue" dont peut se prévaloir notre nouveau président de la république, majorité absolue certes, mais composite.
La proportionel à l'assemblée nationale est à mon avis une réforme indispensable en France. A ce titre, l'exemple allemand est à mon avis extrêmement instructif. Sans rentrer dans les détails que ne ne maitrise d'ailleurs pas, chaque électeur allemand a deux votes pour les législatives. Le premier vote sert à déterminer à la proportionnel le nombre de députés de chaque partie à l'assemblée nationale, le second vote sert à désigner nominalement les députés élus sur la base de leur score locale sur leur circonscription.
 Par un savant calcul dont je ne maitrise pas les règles, les députés allemands parviennent à peu de choses prêt à être à la fois élus selon les résultats à la proportionnel de leur parti au niveau national et selon le score qu'ils obtiennent individuellement localement dans leur circonscription.
Pour conclure, je pense que la légitimité d'un présidentélu au suffrage universel à la majorité absolu lui donne une légitimité problématique en terme d'équilibre des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire, équilibre qui est la base de toute société de droit. Cette élection mériterait d'être réformé. Elle le mériterait d'autant plus que comme l'explique mon article, cette légitimité est néanmoins toute relative.