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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 21:58

 Cet article reprend le précédent, quelques arguments en moins au profit d'un peu plus de structure...

 

             Nicolas Sarkozy est-il une menace pour la démocratie, un homme dangereux  ? C’est ce que prétendent entre autre l’hebdomadaire Marianne, l’ex ministre à la promotion et à l’égalité des chances Azouz Begag qui l’a longtemps côtoyé au gouvernement. Mais au-delà des anecdotes plus ou moins vérifiables des uns et des autres, quelques éléments totalement factuels permettent de se faire une première idée : le programme de Nicolas Sarkozy, tel qu’on peut le télécharger sur le site Internet de l’UMP.

1°) Sarkozy reprend-il les thèmes du Front National  ?

            Dans le préambule de son programme, Nicolas Sarkozy y rappelle ses valeurs, « Les valeurs sont celles du travail, de l’autorité, (…) et de la grandeur de la France »,  suis-je le seul à y entendre comme un lointain échos de « Travail, Famille, Patrie » ?

            Dans son §4, Nicolas Sarkozy déclare « Je veux rappeler que le travail est une condition de la liberté » suis-je le seul à y entendre comme un lointain échos de l’inscription sur les portes d’entrée du camp de concentration d’Auschwitz, « Arbeït macht Freï » (Le travail rend libre).

             Les propos de Nicolas Sarkozy flirtent avec les slogans pétainistes pour ne pas dire nazis, suis-je le seul que cela effraie  ?

             Le reste du document contient également quelque petites perles, comme au §9 : « Je suis pour que les élèvent se lèvent quand les professeurs entrent dans les classes » ; « je souhaite que l’école devienne un lieu (…) sans casquette ». Nicolas Sarkozy rêve-t-il de revenir à l’école des années 60, aux uniformes et au maître tapant sur les doigts de ses élèves avec une réglette en fer  ?

 

 

 

 

 

2°) Sarkozy, le candidat de la rupture  ?

             Nicolas Sarkozy veut nous faire croire que son élection va changer nos vies, mais, chef de l’actuelle majorité parlementaire, n°2 du gouvernement jusqu’à une date récente, que ne l’a-t-il pas fait avant  ?

 On lit ainsi au §1 de son programme : « Rien ne se fera donc avec un État qui continue à fonctionner comme aujourd’hui ». Nicolas Sarkozy, qui fut dans les derniers gouvernements ministre de l’Intérieur, ministre des Finances, Ministre d’Etat et n°2 du gouvernement, et également chef du parti détenant la majorité absolue à l’assemblée nationale n’est en rien responsable des dysfonctionnements de l’état qu’il dénonce ?

 Et un peu plus loin dans le même §1 : « Il y’aura moins de lois, mais elles seront appliquées ». Qui a produit ce surplus de loi, si ce n’est l’Assemblée Nationale dominée par l’UMP dont Nicolas Sarkozy est le président  ? Qui a été responsable ces dernières années de l’application des lois si ce n’est le Ministre de l’Intérieur que fut Nicolas Sarkozy ?

 Et dans le §2: « La maîtrise de nos dépenses publiques est un impératif moral autant que financier. Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit ». Pourquoi Nicolas Sarkozy, Ministre du Budget en 2004 n’y a-t-il pas remédié ?

 

3°) Sarkozy, un candidat aux propos démagogique  ?

             Ce même programme de Nicolas Sarkozy enchaîne les propositions démagogiques et parfois contradictoires, dans le but de satisfaire le plus large éventail possible de l’électorat :

 On lit ainsi au §3 « L’étudiant qui travaille ne paiera pas d’impôts », puis au §11 : « Je veux transformer la condition étudiante, en faisant tout pour que l’argent ne soit jamais un obstacle à la poursuite des études, en permettant à nos jeunes d’êtres autonomes »  Si l’argent n’est pas un obstacle aux études, pourquoi inciter les jeunes à travailler pour financer leurs études ?

             La maxime « travailler plus pour gagner plus » ayant eu un succès certain, N. Sarkozy la décline à l’envie, faire travailler les étudiants, faire travailler les retraités. Mais il faut aussi flatter la jeunesse et sa vieille revendication d’une allocation d’autonomie, et tant pis si ça n’est pas cohérent.

             On lit encore au § 4 : « Un contrat de travail unique, plus souple pour les entreprises (…) plus sécurisant pour les salariés car il sera à durée indéterminée pour tous » Un contrat de travail qui permet de licencier plus aisément mais qui protège mieux contre les licenciements, n’ayons peur d’aucune contradiction ! Il faut bien satisfaire aux demandes répétées du MEDEF – généreux donateur - sans effrayer le travailleur – électeur.

 

 

 

4°) Sarkozy, un candidat rassembleur  ?

             Diviser pour mieux régner semble plutôt être la devise de Nicolas Sarkozy.

             Au §5 Ces mesures (concernant la sécurité sociale) seront financées grâce aux économies que j’obtiendrais en supprimant les régimes spéciaux de retraites. ». Tous les maux de la sécurité sociale ont un bouc émissaire : les privilégiés des régimes spéciaux !

             Mais c’est un mensonge. Quoi qu’on pense des régimes spéciaux de retraites, il est une vérité : ils ne sont pour rien dans le déficit de la sécurité sociale. Les régimes spéciaux sont financés par les charges sociales spécifiques des entreprises concernées et en aucun cas par les charges sociales payées par les autres salariés. Réformer les régimes spéciaux n’aura aucun impact sur l’équilibre financier de la sécurité sociale.

             Au §4 : « Il n’est pas acceptable que certains refusent de travailler alors qu’ils le pourraient. » Bien sûr, il y’a et il y’aura toujours des profiteurs, et il est si facile de reporter sur eux la colère. Mais dans une société de deux millions de chômeurs, est-ce vraiment là le cœur du problème, ou n’est-ce pas plutôt l’impossibilité pour ceux qui veulent travailler de trouver un travail  ?

 Pour toutes ces raisons, le 06 mai, votez contre Nicolas Sarkozy, pour Ségolène Royal

 

 

 

 

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commentaires

Olibrius Libre 01/05/2007 16:13

Rappelez-vous!!!"Si vous faites ce que je vous dis, alors , je vous conduirait à la victoire". Ca ne vous rappelle pas l'idéologie du "Führer" ou du "Duce"? Et que pensé du socialisme national? Des mots qui n'allait pas bien ensemble naguère.Enfin se baser sur la peur pour manipuler l'opinion ( Tous sauf Sarko). C'est de la propagande.Et pourquoi l'appelle-t-on Sarkozy et pas Nicolas comme on dit Sègolène? Ne serait-ce pas une manière déguisé d'insister sur ces origines étrangères.Je vous laisse à toutes ces questions pour qu'elles éclairent votre esprit.......

Pingouin094 01/05/2007 20:03

Ce blog serait de la "propagande" si je n'argumentais pas et m'adressais aux sentiments de mes lecteurs et non à leurs facultés intellectuelles Ce qui est l'exact opposé de ma démarche : j'ai lu le programme de Nicolas Sarkozy, je le cite et j'en fourni mon analyse au lecteur. Oui, cette analyse me fait peur, mais cette conclusion transforme-t-elle mon analyse en propagande ? Non, si elle est argumentée et construite.
Ta réponse par contre peut être critiquée. Tu m'accuses de n'employer que le nom "Sarkozy" et uniquement le prénom "Ségolène", relis mon blog, tu verras que ce n'est jamais le cas.  Militant communiste, je me sens insulté qu'on puisse ne serait-ce qu'imaginer que je puisse discriminer qui que ce soit en raison de ses origines.
 Maintenant, si Ségolène Royal avait effectivement employé l'expression "national socialisme" , ce serait évidemment extrêmement criticable. Mais ce n'est pas le cas à ma connaissance. Mais si j'ai tord, détrompe-moi...

rodydecoue 30/04/2007 13:48

Assez d\\\'accord sur l\\\'analyse. J\\\'ai regardé et écouté ce matin de discours de M. Sarkosy. Il n\\\'est certes pas un néo fasciste mais il en reprend la plupart des thèmes de Le Pen. Dans son discours d\\\'hier, j\\\'avais presque le sentiment de réentendre certains discours pétainistes d\\\'avant guère.
Sarkosy est un individu simplement dangeureux (il ne faut pas le daiboliser) pour les millions de salariés français car il va continuer et amplifier la politique qu\\\'il menée déjà depuis 5 ans qu\\\'il est au gouvernement comme s' il avait été absent durant cette longue période.
A l\\\'entendre parler du pouvoir d\\\'achat ou s\\\'apitoyer sur le sort des travailleurs qu\\\'il semble aujourd\\\'hui découvrir car il a besoin des voix des salariés, comme il l\\\'a fait hier, à de multiples reprises, cache mal son véritable objectif qui est de précariser un peu plus l\\\'ensemble de la société française au profit des capitalistes, de la banque...Il faut absolument lire son programme.
Je ne sais pas encore si je voterai Mme Royale car à la démagogie de l\\\'un répond la démagogie de l\\\'autre.Je n\\\'ai pas confiance dans son discours à géométrie variable et dans son programme qui (au niveau économique est loin d\\\'être de progrès).

Guillaume 26/04/2007 22:49

Bonjour,
Je viens de lire votre message sur mon blog et je venais pour vous remercier. Mais là, je suis déçu! Pourtant votre message opposait de vrais arguments, tirés notamment du programme de NS.
Je trouve dommage et tendancieux de faire ce rapprochement avec le programme de NS et la maxime sur le front du camp de la mort...Pourquoi rabaissez le débat de cette manière..?
Ca me déçoit. Cette diabolisation n'est pas de mise et ne repose sur rien. Cela me déçoit.

Pingouin094 27/04/2007 17:19

Je ne dis pas et ne prétendrais jamais que Nicolas Sarkozy puisse être comparable à Hitler.
Néanmoins, que le programme de Nicolas Sarkozy paraphrase certaines maxismes associées historiquement à des régimes totalitaires est un fait objectif. Je ne peux que constater que certaines des valeurs pronées par Nicolas Sarkozy ont des raisonances historiques plus que dérangeantes.
Quelle conclusion faut-il en tirer ? On entre là dans le subjectif. Je ne prétend pas que Nicolas Sarkozy soit antisémite et les phrases que je cite n'y font aucunement référence.  Néanmoins, ces phrases s'approchent de manières troublantes de valeurs prônées autrefois par des régimes fascisants et cela m'apparait un élément tendant à démontrer que Nicolas Sarkozy cherche à capter la part de l'électorat français attiré par ces idées.
Je n'en dit et ne prétend pas en dire plus.