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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 15:00

« Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades;
Ohé les tueurs, à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé saboteur, attention à ton fardeau : dynamite ...
 »

 

             Est-ce le chant honni de quelques terroristes islamistes allant se donner en "martyr" au milieu d’un marché empli de civils irakiens  ? Non ! C’est, après la Marseillaise, l’un des chants majeur de l’histoire de France, le Chant des Partisans, le chant de la résistance lors de la deuxième guerre mondiale.

 

             S’il faut jeter la Marseillaise aux orties pour sa phrase « qu’un sang impur abreuve nos sillons » que les oreilles d’aujourd’hui entendent comme une phrase raciste, faudrait-il aussi retirer de nos manuels d’histoire le Chant des Partisans qui en ces temps d’après le 11 septembre pourrait être compris comme une éloge du terrorisme  ?

 

             Où peut-être, plutôt que de se laisser aller aux images faciles, qui ont toujours exacerbé le nationalisme et le populisme, ne faut-il pas un vrai effort d’explication et d’éducation  ?

 

             « Qu’un sang impur abreuve nos sillons », cette phrase était destinée à l’origine aux ennemis de la jeune république française, les nobles exilés et les monarchies voisines liguées pour étouffer la république française avant que l’idéal révolutionnaire ne se propagent à leurs propres nations. Cette phrase désignait des ennemis pour des raisons idéologiques et n’étaient à l’époque en aucun cas raciste.

            L’histoire de la France a été constituée de nombreux éléments violents qui l’ont façonné, les guerres révolutionnaires et la Marseillaise, la deuxième guerre mondiale et le Chant des Partisans. Nier ces chants, c’est nier l’histoire de la France.

 

             Mais par contre, peut-être peut-on aujourd’hui s’interroger non pas sur le sens d’une phrase de la Marseillaise, mais sur le sens même d’avoir pour hymne national un chant guerrier d’une guerre terminée depuis deux siècles.

            Si c’est pour dire que les idéaux de la révolution française sont toujours d’actualité, au premier plan d’entre eux l’universalité des droits de l’homme, alors oui cela fait sens. Mais ceux qui prônent l’usage de la Marseillaise devrait alors relire leur programme en détail, car peu lui correspondent.

Mais peut-être faut-il songer à un autre hymne national ; celui de l’union européenne est l’hymne à la joie de Bethoveen, un hymne de paix et d’amour qui a lui aussi son sens dans le monde d’aujourd’hui.

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commentaires

jeschov 23/06/2013 12:21


@ damon, cinaih, Al Kafirov. L'interprétation des paroles de la Marseillaise que vous présentez est malheureusement une réecriture de l'Histoire basée sur du vide.
Comme l'a indiqué pinguin094, on imagine mal en disant qu'ils vont se faire massacrer et que leur propre sang va couler à flot. Quand les révolutionnaires parlent de "sang impur" , c'est toujours
celui des aristocrates, des despotes étrangers, des soldats étrangers, etc..., pas celui du peuple francais. Un échantillon parmi des dizaines et des dizaines d'exemples qu'on trouve dans les
discours, lettres et journaux de l'époque :


"J'ai démontré la nécessité d'abattre quelques centaines de têtes criminelles pour conserver trois cent mille têtes innocentes, de verser quelques gouttes de sang impur pour éviter d'en verser de très-pur, c'est-à-dire d'écraser les principaux contre-révolutionnaires pour sauver la patrie". J.P. Marat,
novembre 1792


"Le sang impur des prêtres et des aristocrates abreuve les sillons et a coulé à grands flots sur les échafauds dans les cités. " Lettre de Cousin
à Robespiere, 16 janvier 1794


"C’est au Dieu des armées que nous adressons nos vœux ; notre désir est d’abreuver nos frontières du sang impur de l’hydre aristocrate qui les infecte ; la terreur est chez eux et la mort part de nos mains". Lettre de volontaires du 3e bataillon de
la Meurthe, lue au conseil municipal de Lunéville, 10 août 1792.


"Dans ce camp de Sainte-Menehould, les soldats de la liberté ont déployé d'autres vertus militaires, sans lesquelles le courage même peut être nuisible [...]. Cette partie de la République
française présente un sol aride, sans eaux et sans bois. Les Allemands s'en souviendront ; leur sang impur fécondera peut-être
une terre ingrate, qui en est abreuvée." Discours du général Dumouriez à la Convention, 12 octobre 1792


"Avons-nous abattu à nos pieds la ligue autrichienne? Nos frontières sont-elles humectées du sang impur de ses satellites?",
Louis-Marie Fréron, novembre 1790


"Matière à reflexion pour les jongleurs couronnés. Qu'un sang impur abreuve nos sillons" : Légende d'une aquatinte sur papier par
Louis Villeneuve, représentant la tête dégoulinante de sang de Louis XVI décapité, 1793


"Le peuple de France a détrempé de sang les fondements de la liberté; mais il a été juste dans le choix de ces victimes: ce sang était
impur, et la terreur que ces exécutions ont inspirée a prévenu une foule de meurtres." Dans "Anecdotes curieuses et plaisantes relatives à la révolution de France" publié en 1791.


"N'immolera-t-on pas à leurs mânes impatientes ces Calonne , ces Breteuil , ces Briennes, [aristocrates et ministres de Louis XVI], etc... dont le sang impur n'expiera jamais les larmes qu'ils nous ont fait verser [...] Jamais , nosseigneurs, votre regénération ne sera complète si vous ne purgez
la France de ces vampires affamés". Adresse aux Etats Généreaux de 1789. Cité dans "Histoire des Etats Genéraux, convoqués par Louix XVI le 27 avril 1789", Volume 7.


"Mais , peuple bon , essuie promptement le sang que tu as versé ; que tes yeux n'en soient plus souillés; tourne ta hache contre les soldats des despotes , et laisse au glaive de la loi à faire
couler le sang impur qui ne doit plus salir tes armes." Pétion, maire de Paris, après les massacres de septembre 1792.


"Vengeance est notre mot d'ordre que nous adoptons jusqu'à ce que les scélérats [les insurgés de Lyon] soient soumis et que leur sang impur ait lavé leur félonie." Boisset à des unités de la Convention à
Lyon, 1793


"Les restes du sang impur des rois doivent couler sur l'échafaud. La soeur de Capet [c'est à dire
Louis XVI] doit être jugéé par un tribunal révolutionnaire". Hébert, 13 novembre 1793.


"Que la tête de Louis XVI et de sa complice tombe en présence de sa famille, que nous obligerons à changer de nom, afin qu'il ne reste pas plus de traces de la dynastie
régnante jusqu'au 10 août, qu'il n'en reste de la royauté. Que cette exécution solennelle, urgente et nécessaire soit suivie de celle de tous les complices et agents du feu roi [...] Mais surtout
gardons-nous de suspendre plus longtemps ou d'arrêter le cours de la justice; c'est encore du sang à répandre, mais ce sang impur
ne tarderait pas à remettre la patrie en danger s'il circulait encore dans ses veines." Journal "Révolutions de Paris", 11 août 1792.


"Il est encore des têtes coupables qu'il est nécessaire de sacrifier à la souveraineté nationale. Mais, au nom de la liberté, mes chers concitoyens, ne souillez pas vos mains dans leur
sang impur : le glaive des lois doit seul frapper les coupables pour en faire un sacrifice digne de la liberté." Discours tenu au
Club des Jacobins, 16 septembre 1792.


"Les autres rois, se disait-on, ne nous en eussent pas moins fait la guerre ; mais nous n’en serons que plus disposés à les battre : le même sang impur [que celui de Louis XVI] coule dans leurs veines ; il faut en purger la terre." Journal "Révolutions de Paris", 1793


"Osez maintenant vous présenter sur nos frontieres, princes germains, monarques ibériens, souverains de l'Etrurie, et vous aussi puissances maritimes! [...] Craignez tout de gens qui ne tiennent
plus à l'existence, et qui ne vivent que pour vous effacer du nombre des vivants! Lâches , vous serez atteints par eux jusque dans votre quartier général, qui va cesser d'être un asile,
inviolable, jusqu'au fond de vos tentes-boudoirs, d'où vous ordonniez froidement la mêlée, et d'où vous assistiez, de loin, au massacre de vos soldats aux prises avec les nôtres! Craignez tout de
gens que les lauriers de la gloire et le myrte des plaisirs , que les bénédictions de la patrie et toutes les faveurs de la beauté attendent, s'ils rentrent chez eux, teints de votre
sang impur! Craignez tout de gens qui savent calculer. Et quel est le patriote dont l'aine ne s'exalteroit pas à cette idée :
quelques gouttes d'un sang corrompu , mêlé peut-être au mien , suffiront pour éteindre la torche de la guerre." Journal
"Révolutions de Paris", Octobre 1790


"Citoyens, l’anniversaire de la mort du tyran est un jour de gloire pour le peuple français, et un jour de deuil et de terreur pour les tyrans et leurs suppôts ; ce jour mémorable annonce le
réveil des peuples asservis. La massue révolutionnaire est prête à écraser ces monstres, et l’arbre glorieux de la liberté ne périra point quand leur sang impur en aura humecté et fortifié les racines." Extrait du discours de Vadier à la Convention, 21 janvier 1794


"Quel espoir peut rester à l'empereur et au roi d'Espagne depuis que la justice nationale a scellé la liberté française par le sang impur de ses tyrans?" Extrait du rapport de Billaud-Varennes, au nom du Comité de Salut
Public, 20 avril 1794

lurismo 14/07/2011 00:11



Un éloge, pas une… 



damon 09/02/2011 21:04



vous commettez une erreur courante: un sang impur fait référence en aucun cas à nos ennemis mais aux révolutionnaires sang impur par opposition aux nobles et au roi eux de sang pur 


prof d'histoire en retraite



Al Kafirov 08/02/2010 20:46


@cinaih, merci de rappeler le vrai sens du sang impur et de ne pas laisser s'étendre une contre vérité, qui est  même reprise aujourd'hui par Mr Besson, Ministre de l'identité nationale! Je
crois que cette précision est primordiale.
@pinguin094, il faut bien pourtant vous laissez convaincre... N'oubliez pas que les armées qui partent défendre la patrie en danger sont essentiellement composées de citoyens, contrairement à
l'armée régulière qui ne pouvait elle être composée que de nobles...De plus, les armées républicaines étaient loin d'être données gagnantes contre les Prusses. Les raisons de la victoire de Valmy
demeurant encore aujourd'hui mystèrieuses... Il s'agit donc bien d'une apologie du sacrifice pour la patrie, en témoigne les paroles de Gavroche  dans les Misérables de Victor hugo: "En avant
les hommes! qu’un sang impur inonde les sillons ! Je donne mes jours pour la patrie, je ne reverrai plus ma concubine, n-i-ni, fini, oui, Nini ! mais c’est égal, vive la joie !
Battons-nous, crebleu ! j’en ai assez du despotisme.". Ce qui, pour répondre au texte de Laurent, nous oblige à garder un chant guerrier comme hymne national, en hommage aux citoyens qui sont
partis défendre la République, notre patrie. Cette notion de sacrifice de sa vie pour de nobles idées est, je trouve, en tout primordiale.
Bien à vous.
Vive la République, et vive la France.


Cinaih 05/05/2009 11:26

Pourtant, je les imaginent assez bien, toutes les victoires de Bonaparte ont été obtenues grâce à cette force libératrice, jusqu'ici unique dans l'histoire européenne