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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 22:09

            Pour beaucoup, voter Ségolène Royal au premier tour ne sera pas un choix de cœur, mais un choix de raison : il faut « voter utile » pour éviter un nouveau 21 avril. Quant à moi, je ne pense pas que voter Ségolène Royal soit un « vote utile », que ce soit la façon la plus utile de combattre le Front National sur le long terme.

 

             Si le vote Front National a eu un tel succès en 2002, je crois qu’on le doit moins à un engouement populaire pour les thèses discriminatoires du Front National qu’à un rejet du « bipartisme » incarné en son temps par le duel annoncé Chirac – Jospin.       Au lendemain du 21 avril, chacun avait juré qu’il « avait compris la leçon », du 21 avril : les médias qui avaient surjoués dans le registre émotionnel et imposés le thème de la sécurité ; les hommes politiques qui n’avaient pas sût être à l’écoute du malaise du pays. Chacun avait retenu la leçon, allait traiter l’information différemment, faire de la politique autrement. Il n’y aura plus jamais de Front National au second tour, nous avait-on promis.

 

             Le référendum sur la Constitution Européenne a été un premier test de ces bonnes résolutions. La plupart des médias ont pris parti pour le « Oui » et de l’aveu même de Stéphane Pauli, à l’époque présentateur du 7-9 de France Inter et aujourd’hui directeur de la communication de cette même radio, il ne lui était pas venu à l’esprit d’organiser réellement un débat contradictoire tellement le « Oui » lui semblait la seule réponse possible *! Les hommes politiques tenant du oui, de droite comme de gauche, ont répondu aux inquiétudes face au libéralisme et aux régressions sociales du Traité en faisant référence aux grands principes de paix qui ont prévalu à la fondation de l’union européenne. Et par là, n’ont pas sût écouter et répondre aux questions que se posaient les citoyens. On a alors pu constater comment hommes politiques et médias avaient retenu la leçon du 21 avril, et le vote Le Pen a fait un bond dans les sondages !

 

             Et alors que la campagne présidentielle démarre, on peut constater que rien n’a vraiment changé : les médias font la part belle au duel Sarkozy – Royal, délaissant les autres candidats, les autres propositions politiques. Ils préfèrent rendrent compte des petites phrases assassines ou des bourdes des uns ou des autres que d’entrer dans le fond du débat et dans l’analyse des projets.

Quand à Ségolène Royal, fait-elle de la politique autrement ? Elle le prétend, mais dans les faits ? Elle veut faire une campagne participative, dit-elle, à l’écoute des gens. Mais on est en droit de s’inquiéter de la qualité de son écoute, alors qu’elle ne prête même pas attention à ceux de son parti ! Les ex candidats à la candidature Fabius et DSK ont été mis sur la touche, les propositions du secrétaire général du PS sont ignorées et le programme du PS lui-même est mis aux oubliettes.

 

             Les mêmes causes produisent les mêmes effets et la peur d’un Jean Marie Le Pen au second tour ressurgie. Et certains sont tentés de voter « utile » pour Ségolène Royal au premier tour pour éviter un nouveau 21 avril.

            Oui mais, voter Ségolène Royal changera-t-il la donne ? Voter Ségolène Royal, c’est renforcer dans leurs convictions tous ceux, médias et politiques, qui n’ont rien changé à leurs façons de faire depuis le 21 avril 2002. Voter Ségolène Royal, c’est continuer dans la même direction qui interdira peut-être provisoirement Le Pen de deuxième tour en 2007 mais amènera à se poser de nouveau la question d’un Le Pen (Jean Marie ou Marine) au deuxième tour en 2012.

 

             Pour «voter utile » en 2007 et briser le cercle vicieux qui renforce le FN à chaque élection, il faut briser le bipartisme PS – UMP et ne pas voter Ségolène Royal au premier tour.

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commentaires

jojo 30/01/2007 20:42

Hello,moi j'ai une autre hypothèse de travail : celle de refaire le coup du 5 mai 2002 avec Ségolène au lieu de Chirac : on étouffe le candidat du PS avec un afflux de voix de gauche (ce qui, de plus, évite de se compter et de se rendre compte que chacun tout seul est ridicule) et on fait passer Ségolène dès le premier tour.Et on se bat comme des grands avec un vrai débat aux législatives pour que la majorité ne soit pas socialiste mais à gauche.Dans les mandats Chirac, il y a 5 bonnes années (même si la gestion politique en a été mauvaise et si certaines choses sont discutables) : les années Jospin. L'enjeu véritable ne porte donc pas sur la future élue à la Présidence, mais sur la réussite à gauche de la prochaine législature.On ne me fera pas croire à l'hypothèse d'un second tour Sarkozy VS / un candidat de gauche hors Ségolène (ou alors, comment y croire ?) et l'hypothèse d'un face à face Ségolène / Le Pen me paraît beaucoup trop dangereuse. Je ne fais pas confiance aux électeurs de droite.Alors, pourquoi pas Ségolène ?

Pingouin094 04/02/2007 10:15

Je ne partage pas ton avis sur les "bonnes années Jospin". Je fais plutôt parti de ceux qui ont considéré comme un échec la tentative "d'ancrée à gauche" le gouvernement Jospin et qui s'et soldée par la plus grande défaite électorale, tant du PCF (pour la première fois de son histoire en dessous de 5% de votes) et pour le PS (absent au deuxième tour).
Alors, recommencer avec Ségolène Royal, moi je dis "non".