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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 00:27

Le débat interne au Parti Socialiste sur l’organisation de « primaires élargies à gauche» a occupé le devant de la scène politico-médiatique de ces dernières semaines et notamment de l’université d’été du PS à La Rochelle.

 

Pourtant, à 6 mois des élections régionales, mais surtout au moment d’une rentrée sociale qui se fait sous le signe d’une crise économique, de licenciements massifs, mais aussi de réformes très profondes et extrêmement néfastes (travail du dimanche, réforme de la justice, réforme des collectivités territoriales …)  la question du mode de désignation d’un candidat pour des élections qui auront lieu dans trois ans ne me semble pas être la priorité. Ce débat ne devrait pas avoir lieu.

 

 Pourtant, il a lieu. Est-ce la faute à une poignée de quadras socialistes dévorés par l’ambition au point d’en oublier toute vision politique ou même toute tactique électorale? Ou bien l’organisation de primaire sert-elle effectivement une stratégie et une orientation politique ?

 

Le PCF, comme le NPA ou le PG ont repoussé la proposition de primaires. Bien sûr, on peut voir dans ce refus une motivation de pure tactique électorale : dans la Vème République, le poids de l’élection présidentielle est si prépondérant qu’un parti politique qui ne participerait pas au 1er tour perdrait, ou peu s’en faut, toute visibilité politique et médiatique.

 

J’y vois pourtant une autre raison : La question des primaires « à gauche » soulevée par le PS focalise l’attention sur les personnes. Et ainsi, elles permettent d’éviter de poser une autre question : des primaires « à gauche », mais de quelle gauche parle-t-on ? Le PS a tracé sa frontière, elle irait du PCF au Modem, à l’exclusion de la gauche « radicale », NPA et LO. Mais cette frontière est-elle pertinente ? L’acceptons nous ? Cette frontière représente-elle vraiment « la gauche » ?

 

D’autres proposent une autre frontière : d’un côté, la social-démocratie incarnée par les Verts, le PS… et peut-être le Modem, de l’autre la gauche anticapitaliste qui veut rompre avec le modèle libéral, incarnée par le PG, le NPA, le PCF…

 

Quelle gauche peut porter un projet de société à même de susciter l’espoir du changement et permettre de battre la droite ? Et surtout, quelle gauche a un projet qui permettra réellement d’améliorer notre société ? Voilà un débat autrement plus important que le débat sur l’organisation de primaires pour désigner un candidat pour 2012.

 

 Et ce débat là ne peut pas avoir lieu par des concertations entre appareils, par des « ateliers » pour élaborer un programme, ou même par une primaire entre candidats portant l’un ou l’autre projet face aux militants et sympathisants de gauche.

 

Ce débat là est suffisamment grand et important pour avoir lieu devant tous les français, et surtout ce débat ne prend de sens que s’il se confronte à un autre projet, celui de la droite libérale. Ce débat là doit avoir lieu, vous l’aurez compris, au premier tour d’une élection nationale, et  doit être tranché dans les urnes.

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Published by Laurent MELY - dans Réaction à l'actualité
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