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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 23:05

Le droit de travailler durant un arrêt maladie ou un congé maternité, le droit de travailler jusqu’à 67 ans, le droit de travailler le dimanche… Jusqu’où ira l’UMP dans les nouveaux « droits » qu’elle veut donner aux salariés ? La commission européenne voulait donner le droit aux salariés de travailler 65 heures par semaine avant que le parlement européen ne s’y oppose, et British Airways a aussi donné le « droit » à ses salariés de travailler bénévolement. Dans le monde libéral idéal, les nouveaux « droits » des salariés ne semblent pas avoir de limite.

 

Mais le « droit » du renard libre à entrer librement dans le poulailler libre est-il vraiment un droit ? Le mot « droit » signifie-t-il la liberté de tout faire, sans la moindre règle ? Où bien le mot « droit » ne signifie-t-il pas justement l’établissement de règles pour s’assurer que l’intérêt de chacun est respecté ?

 

Qu’est ce qui est un « droit » ? Doit-on avoir le droit de travailler le dimanche, ou bien au contraire doit-on avoir droit au repos dominical ? Doit-on avoir le droit de travailler durant un arrêt maladie, ou doit-on avoir droit à un arrêt maladie ? Doit-on avoir le droit de travailler jusqu’à 67 ans, ou doit-on avoir droit à la retraite ?

 

Les récentes propositions de l’UMP opèrent sans le dire un profond bouleversement dans le monde juridique. Celui-ci distingue en effet les droits fondamentaux, « droits à » des droits subjectifs, « droit de ». Le droit de travailler le dimanche opposé au droit au repos dominical donne ainsi une prééminence au « droit de » sur le « droit à », c'est-à-dire une prééminence de la liberté individuelle de chacun sur le droit fondamental de tous.

 

C’est, à mot couvert, une remise en cause extrêmement profonde de notre système juridique et donc des fondements de notre société. Aujourd’hui, le droit a pour but d’assurer l’égalité entre tous. Le droit ne veut pas dire permettre à chacun de faire ce qu’il veut ; ce qui en français à un nom : l’anarchie. Un droit qui assure une égalité nécessite de donner des droits aux plus faibles, pour les protéger des plus forts. Dans le monde du travail, l’employeur et l’employé ne sont pas dans un rapport d’égal à égal. Par définition, l’employeur à un lien hiérarchique avec son salarié, ce qui les rends inégaux l’un face à l’autre. Le droit du travail a pour but de rétablir une égalité en donnant des droits spécifiques au salarié qui viennent compenser sa subordination à son employeur.

 

Dans son discours devant le Parlement réunis en Congrès à Versailles, Nicolas Sarkozy s’est référe au programme du Conseil National de la Résistance. Il me parait opportun de terminer en en rappelant quelques extraits. Ainsi le CNR avait pour priorité « le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail », à mettre en face du droit de travailler le dimanche, « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail » à mettre en face du droit de travailler durant un arrêt maladie pour gagner plus, « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours » à mettre en face du droit de travailler jusqu’à 67 ans. Voilà ce qu’était le pacte social qui a refondé la France au lendemain de la deuxième guerre mondial, et voilà ce que l’UMP veut en faire…

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Published by Laurent MELY - dans Billet d'humeur
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