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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 08:37

 Depuis un certain 17 avril 2002, je suis convaincu qu’il est possible de changer de société et de rompre avec le capitalisme dans un proche avenir ; si la gauche anticapitaliste parvient à s’unir. Au-delà de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour, ce jour là, la gauche anticapitaliste tous candidats confondus (LO, LCR, PCF, PT) avait fait 13.81%. A peine 3% en dessous du Front National (16.86%), moins de 3% en dessous du PS (16.18%). 3% et une candidature d’union, c’est tout ce qui a séparé le gauche anticapitaliste du deuxième tour d’une élection présidentielle. C’est à la fois beaucoup et peu, ça montre en tout cas que c’est envisageable dans un avenir proche si les conditions sont réunies.

 

 Le référendum sur le Traité de Constitution Européenne a montré que dans certaines circonstances, ces conditions peuvent être réunies. Sur un thème simple et aisément fédérateur, « oui » ou « non » sans argutie sur les détails d’un programme, la gauche anticapitaliste a sût s’unir et contribuer de manière prépondérante à ce qui fut sans conteste une victoire sur l’idéologie capitaliste.

 L’échec d’une candidature unique a montré dans quelles circonstances ces conditions sont pratiquement impossibles à réunir : la discussion sur un nom unique, la négation des organisations existantes et surtout le préalable d’un accord parfait sur un programme dans ses moindres détails. Il est alors trop facile de poser comme exigence indépassable des éléments qui sont pourtant mineur eu égard à l’enjeu. Franchement, à ceux qui ont refusé une candidature unique, valait-il mieux Ségolène Royal au second tour, ou bien un candidat antilibéral même avec qui on aurait eu des points de désaccord « indépassable » ?

 

 Aujourd’hui, les circonstances offrent à la gauche anticapitaliste une occasion d’agir de manière unie, un espoir de remporter une victoire électorale mais surtout idéologique, si elle sait la saisir : les élections européennes. Des premiers sondages (Paris Match, IFOP, 27-28 novembre 2008) créditent le PS et l’UMP de 22% des voix chacun, et la gauche anticapitaliste de 16% des voix (respectivement LO 4%, LCR 8%, PCF 4%) et 11% pour les verts dont José Bové.

 C’est dire que dans une démarche d’union, avec la dynamique que créerait une telle union, avec le renfort du Parti de Gauche et des sympathisants de José Bové, en faisant une bonne campagne, en six mois, l’objectif de passer de 16% d’intention de vote à 22% dans les urnes, l’objectif que la gauche anticapitaliste fasse un meilleur score que le PS, à jeu égal avec l’UMP est réalisable.

 En somme, si la gauche anticapitaliste s’unit, elle peut devenir au prochain scrutin la première force d’opposition du pays, devant la social-démocratie. Cet enjeu là, l’impact idéologique qu’aurait en France le fait que la gauche anticapitaliste ne soit plus une minorité mais la principale force d’opposition, plus forte et crédible qu’une social-démocratie représentée par un PS en décomposition, cela ne vaut-il pas le coup d’être tenté ?

 

 Je crois profondément que oui. Bien sûr, la gauche anticapitaliste est multiple, et du Parti de Gauche au Parti des Travailleurs en passant par le PCF, LO et le NPA, il y’a des différences. Néanmoins, ces différences sont elles plus importantes que ce qui nous unit : tourner la page du capitalisme ? Ces différences sont elles plus importantes que la possibilité d’envoyer un message fort à l’opinion : la majorité du peuple de gauche veut rompre/dépasser/tourner la page du capitalisme ? Je crois profondément que non.

 

 Mais pourquoi cette union serait-elle possible aujourd’hui, alors qu’elle ne l’était pas en 2007 ? Je crois que c’est possible, parce que les conditions sont différentes. Le mode de scrutin fait qu’il existe 8 circonscriptions françaises, 8 listes à présenter et donc 8 têtes de listes. La cristallisation sur le nom du candidat peut être évitée. Il y’aura 8 candidats têtes de listes, qui pourront représenter au plus haut niveau la diversité des parties prenantes à l’union. Aussi, il ne s’agira pas de s’aligner derrière un parti unique, mais de participer à 8 listes conduites au plus haut niveau par plusieurs partis. Personne ne demandera aux partis de s’effacer et de s’oublier eux-mêmes, seulement de travailler ensemble, main dans la main.

 Reste le programme. Si tous s’affichent anticapitaliste, il existe des différences entre le NPA et le PG par exemple, qui aujourd’hui pourrait conduire à un blocage s’il s’agit de faire un programme de gouvernement. Mais tel n’est pas l’enjeu de ses élections. L’enjeu de ses élections, c’est la ligne politique sur laquelle envoyée à Bruxelles des députés européens. Et là, un accord peut être trouvé sur la base du refus du traité de Lisbonne, du refus d’une Europe qui promeut la libéralisation et la marchandisation.

 

 Donc oui, je crois que l’union est possible. Et surtout, je crois qu’elle peut être victorieuse. Je rêve d’un soir de résultats électoraux où sur le petit écran, la plus haute barre indiquant les résultats du vote soit tout à gauche et rouge. C’est un rêve qui peut devenir réalité. La société n’en sera pas changée du jour au lendemain, bien sûr. Néanmoins, la gauche anticapitaliste première force politique de France, ça changerait radicalement le paysage politique, ça serait une victoire idéologique qui rendrait collectivement l’ensemble de nos idées crédibles dans leurs diversités, ça serait un pas très significatif vers un changement en profondeur de la société.

 

Et après, me diront certains ? A quoi sert une victoire sans lendemain, s’il n’y a pas d’accord à long terme de gouvernement ? Je réponds qu’il faut savoir donner du temps au temps. Construisons une première victoire, apprenons à travailler ensemble et à nous respecter. Si ça marche, il y’aura les régionales en 2010. De nouvelles questions se poseront : comment gouverner une région avec une philosophie anticapitaliste dans une société capitaliste, comment gérer les relations avec le PS... Mais si la gauche anticapitaliste est entre temps devenue plus forte en voix que le PS, la question se posera différemment d’aujourd’hui. Chercher à répondre à cette question avant de connaître le résultat des élections européennes, c’est poser la question dans les mauvais termes. Mieux vaut attendre...

 

Et si ça marche en 2010, il restera deux ans pour se poser la question de 2012, d’un programme de gouvernement et du nom du candidat. Mais entre temps, on aura eu 2 scrutins et peut être 2 victoires pour avoir appris à travailler ensemble, et les obstacles d’aujourd’hui n’existeront peut être plus. Bref, chaque chose en son temps, et aujourd’hui, ce sont les européennes.

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Published by Pingouin094 - dans Elections Européennes
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commentaires

Gilles 29/12/2008 09:47

Bonjour,J'ai mis en lumière nos échanges. Tu peux aller le constater sur mon site.Bonne fêtesCordialement