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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 18:00

Qui connais bien la Bolivie ? Pourtant, dans ce petit pays au cœur de l’Amérique Latine se joue des événements politiques d’une ampleur historique pour le pays et riches d’enseignement pour l’europe.

Ce pays peuplé à 60% d’indiens, coutumiers des coups d’états et des dictatures, dirigé par la droite depuis plusieurs décennies, a élu en 2006 le premier président indien, Evo Moralès. A l’échelle de la Bolivie, il s’agit d’un événement aussi important que l’élection de Barack Obama aux USA.

Car la Bolivie souffre de deux maux, le racisme de la minorité dirigeante blanche, descendante des anciens colons espagnols contre la majorité indienne, et les extrêmes inégalités de richesses entre les riches propriétaires des Latifundia des fertiles plaines de Santa-Cruz – de la minorité blanche-, et les petits fermiers –indiens- qui s’accrochent aux plateaux arides de la Cordillère des Andes. En Bolivie comme ailleurs, racisme et inégalité sociales sont indisosciables.

L’élection d’Evo Moralès fut un symbole de dignité retrouvé pour les indiens, comme le fut celle de Barack Obama pour les afro-américains. Mais comme Barack Obama, Evo Moralès ne s’est pas fait élire en premier lieu pour la couleur de sa peau, mais bien pour son programme politique. Autour de sa personne, il a su fédérer plusieurs partis politiques, mais aussi le « mouvement social » : associations et syndicats. Il a surtout su fédérer sur un programme de « progrès social » : égalité entre tous, redistribution des richesses…

Comme aux USA, on est droit de se demander si le président a réellement les moyens de transformer le pays à la hauteur de ses ambitions. Il y’a eu quelques mesures phares : la « Renta Dignitad », assurant un revenu minimum à tous les retraités, les programmes d’alphabétisation, etc… Mais la réalité de la mondialisation impose ses contraintes, la crise économique touche aussi la Bolivie, la résistance des milieux financiers et industriels est forte… et la victoire des indiens prend parfois des allures « revancharde » contestables, comme le projet de rétablir la justice coutumière dans les communautés indigènes.

Mais faut-il s’arrêter à ce qu’Evo Morales ne pourra pas tenir toutes ses promesses, à ce que certaines de celles-ci soient contestables tout rejeter en bloc ?

De Moralès à Obama, des personnes charismatiques ont émergé au moment où on avait besoin d’elles, pour susciter un espoir de progrès social. Moralès ou Obama peuvent-ils répondre à l’immense espoir qu’ils ont soulevé ? Sans doute pas à eux seul. Mais une fois levé, l’espoir est une force immense, qui peut débordé même ceux qui l’ont soulevé.

J’étais à La Paz, le 20 octobre, lorsqu’a eu lieu la manifestation du « mouvement social » pour exiger de l’Assemblée Nationale une nouvelle constitution, antilibérale et redonnant leurs droits aux indigènes. Cette manifestation était historique pour la Bolivie, un millions de manifestants pour un pays de 9 millions !

Une chose m’a frappé en voyant arrivé les cortèges de mineurs et de paysons, au terme d’une marche de plusieurs jours dans l’altiplano bolivien à prêt de 4000m d’altitude : leur détermination. Ceux-là n’étaient pas venu pour faire un petit tour, se disperser à la fin de la manifestation et écouter à la radio du lendemain matin les résultats des négociations avant de retourner au travail.

En les voyant, il m’a été évident qu’ils ne repartiraient pas avant d’avoir eu gain de cause, même s’il leur fallait pour cela camper dans les rues de La Paz.

 

C’est là que j’ai pu mesurer la force de l’espoir que Moralès a suscité chez les boliviens. Une force que j’ai pu –en partie – retrouver dans les manifestations de joies de l’élection d’Obama. L’espoir suscité par ces deux hommes Moralès en Bolivie ou Obama aux USA est une force indépendante de celui qui les a initié..

Le programme d’Obama est à bien des égards contestable, mais la force que peut donner cet espoir au syndicalisme et au mouvement social américain, et les répercussions que cela peut avoir sur le monde entier, bien malin qui peut le prédire…

 De Moralès à Obama, l’espoir d’un progrès social est en train de revenir de l’autre côté de l’atlantique. J’espère qu’il traversera jusqu’à nous

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Published by Pingouin094 - dans Billet d'humeur
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